Il y a quelques semaines, le magazine américain Billboard publiait une étude NielsenScan sur les ventes de musique aux USA. J’en parlais il y a peu et l’étude confirme donc la tendance observée. Les ventes d’albums continuent à perdre de la vitesse, rattrapées tant bien que mal par les ventes numériques. Merci iTunes, Amazon et

Il y a quelques semaines, le magazine américain Billboard publiait une étude NielsenScan sur les ventes de musique aux USA.
J’en parlais il y a peu et l’étude confirme donc la tendance observée.

Les ventes d’albums continuent à perdre de la vitesse, rattrapées tant bien que mal par les ventes numériques. Merci iTunes, Amazon et autres Spotify !

Les ventes numériques ont ainsi dépassé le milliard d’unités pour la première fois sur les neufs premiers mois de l’année 2012. Adele est d’ailleurs devenue la première artiste à dépasser le million de ventes sur iTunes.

 Les ventes de vinyles explosent : chiffres et explications... Cest lHebdo Musique & Web

Ainsi, aux Etats-Unis, les ventes de CDs ont chuté de 4,4%, passant de 151,6 millions d’unités vendues les 9 premiers mois de 2011 à 129,7 millions pour la période correspondante de l’année 2012.
Toutefois, les ventes d’albums digitales continuent de grimper, atteignant 85.5 millions d’unités vendues, soit 11,3 millions de plus que la période correspondante de 2011. Mais cette augmentation de 15,3% ne suffit pas à combler les pertes importantes liées à la lourde chute des ventes de CDs, puisqu’elle n’en compense pour le moment que la moitié environ.

Alors oui, le numérique nous sauve d’un déclin violent, mais ce n’est pas le seul support qui a la cote… Le vinyle fait sensation et renait de ses cendres depuis déjà quelques années.

Vous avez sûrement remarqué la place de plus en plus importante que prennent les 33 tours dans votre Fnac ? Difficile de parier cependant sur de tels chiffres !

Le vinyle devient ainsi le support musical dont les ventes ont le plus progressé aux Etats-Unis. Avec 16,3% d’augmentation, il fait un pied de nez au format numérique, et atteint les 3,2 millions d’unités vendues. La progression est là, mais bien sur, en terme de globalité, la vente de vinyles reste marginale. Elles ne représentent pour l’instant qu’1,5% des ventes d’albums aux USA.

 Les ventes de vinyles explosent : chiffres et explications... Cest lHebdo Musique & Web

Les ventes de vinyles aux Etats-Unis, par Digital Music News

Comment expliquer un tel phénomène ? Et bien plusieurs explications logiques me viennent à l’esprit…

Tout d’abord, l’objet en lui-même. Sortir son vinyle de Pink Floyd en soirée a quand même plus de gueule que de montrer sa clé USB remplie de morceaux mp3 à la qualité douteuse, compressés encore et encore.

L’objet relève d’ailleurs plus de l’oeuvre d’art que du simple objet. Le vinyle est très souvent pour l’artiste un moyen de révéler son univers, son image. Avec des illustrations travaillées, l’artiste nous fait voyager simplement à la vue de sa couverture. On est déjà dans de bonnes conditions pour entendre crépiter son tourne-disque.

Le CD est certes plus pratique, plus solide. Mais quel manque de charme ! Quitte à acheter un format physique, de nombreux amateurs de musique préfèrent acheter un objet qui vale le coup. Souvent trop cher pour ce qu’il est, le CD est désormais délaissé par un certain nombre de fans de bonnes vibrations.

Idem pour les musiciens. On assiste à un phénomène intéressant. Les jeunes groupes amateurs par exemple se tournent de plus en plus vers le format vinyle pour sortir leurs dernières compositions. Une sorte de sacralisation qu’ils auront d’ailleurs tendance à produire en quantité limitée. Le support bijou est né.

Autre tendance, celle de la fusion des supports. Ainsi, de plus en plus d’artistes proposent à la vente leur vinyle avec en bonus, leur album en libre téléchargement. De quoi écouter son album préféré sur son lecteur vinyle, mais aussi sur son mobile quand vous partez au boulot.

Les Frenchies exploitent judicieusement cette tendance. Que ce soit les versaillais de Phoenix ou encore le duo Justice qui est même allé jusqu’à offrir son album en version CD aux acheteurs de son vinyle « Cross » .

OK. Le vinyle c’est un objet unique. Mais quoi d’autre ?

Nos parents et grands-parents, soucieux de transmettre leur héritage, participent aussi sûrement à la renaissance du vinyle.

« Tiens, viens écouter ça. 1965. Les Rolling Stones sortaient « Satisfaction ». Ca c’est de la musique ! C’est quand même autre chose que ton Rihanna ou Colonel machin-truc ».

Ceci est un message venant du fond du coeur : merci ! Merci à vous, générations antérieures de nous apprendre ce qu’était une grille d’accords digne de ce nom. J’avoue qu’on commence à perdre de vue la Musique, en sens large comme détaillé du terme. Ce n’est pas avec ce qui passe en ce moment sur les ondes que ça va changer.

Et c’est ça le vinyle ! Découvrir des petites perles qui tournaient déjà en boucle dans les 70′s. Lever les bras sur un tube de Deep Purple. Se mordre les lèvres sur un riff de Jimi Hendrix, se trémousser sur une balade de Janis Joplin. Bref, découvrir la musique, c’est être curieux. Le vinyle permet ce retour aux sources qu’aucun autre support ne pourra faire de manière aussi authentique.

 Les ventes de vinyles explosent : chiffres et explications... Cest lHebdo Musique & Web

Le retour du vinyle c’est aussi avant tout un phénomène de mode. Avec la tendance vintage, rétro, voire hipster, les vinyles se marient parfaitement au mouvement contemporain. Les disquaires indépendants en ont donc profité pour créer, il y a deux ans, le « Disquaire Day », qui célèbre le vinyle par des rééditions ou autres éditions limitées. Et ils ont bien raison !

Enfin, amoureux de la musique, le vinyle c’est aussi l’assurance d’une superbe qualité sonore qu’aucun autre support ne peut imiter. Un son chaleureux, bercé de crépitements et d’imperfections qui nous font voyager dans le passé.

Voilà pourquoi le vinyle revient à la mode, et je dois avouer que j’en suis enchanté. Les fans prennent le soin d’écouter les arrangements, la production derrière le morceau. Chose complètement impossible avec un mp3 compressé en 128kbps, que l’on écoute dans ses écouteurs iPod en train de faire sa gym du vendredi soir.

Alors, tendons-nous vers un retour en force du physique grâce à la consommation croissante de vinyles ? Je n’irais peut-être pas jusque là. Notamment parce que l’on assiste au développement d’offres HD en ligne (Qobuz, Spotify). Les plateformes de streaming nous permettent d’écouter maintenant de la musique avec une belle qualité sonore, où que l’on soit.

En tous cas, sachez que vous n’aurez pas ma liberté de penser… qu’un bon vinyle qui tourne, c’est un peu plus de bonheur apporté au moment présent.

Et vous, êtes-vous plutôt numérique, vinyle ou CD ?