Les vraies raisons de la croissance d’une startup BtoB : le cas Algolia

Comment cette startup française est passée de 0 à 1200 clients BtoB en moins de deux ans après avoir ouvert un bureau aux USA.

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Article rédigé par Thomas Maître, fondateur de Vizir.co.
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Voici un nouvel épisode de l’analyse de croissance des startups, la vraie. Ce mois-ci, j’ai décidé de m’attaquer à Algolia sur les conseils de la communauté startup en France. Peut-être comme vous, je ne connaissais pas grand-chose de l’histoire d’Algolia. J’ai donc pu parler à Nicolas Dessaigne pendant une bonne heure, pour essayer de comprendre comment il en était arrivé là aujourd’hui.

Algolia est un outil qui permet aux développeurs d’installer un module de recherche instantané dans leurs applications et sites web. C’est en quelque sorte un Google interne à votre site. Leurs clients sont donc des développeurs d’application web.

Des têtes bien faites

Algolia est née de la rencontre entre Nicolas Dessaigne et Julien Lemoine. Ces deux co-fondateurs se sont rencontrés et connus au travail. Nicolas est ingénieur, et continue ensuite pour obtenir un Ph.D (doctorat) en sciences de l’informatique. Julien, de son côté, est diplômé d’une école d’informatique (EPITA). Nicolas m’explique qu’au moment de choisir les rôles, Julien, bien meilleur en technique, a pris le rôle de CTO. C’est dire !

Une rencontre professionnelle

Nicolas et Julien se sont rencontrés chez Arisem, lors de son rachat par Thalès. Il travaillent quelques années ensemble et la connexion semble s’établir. Puis Julien quitte la société, part chez Exalead. Nicolas le rejoint quelques années plus tard. Ils travaillent ensemble seulement quelques mois. Peu importe, ils retrouvent les sensations de travailler ensemble. C’est en 2012 qu’ils valident ensemble qu’ils veulent créer une société ensemble. Et qu’ils souhaitent se lancer vite.

Le point de départ

C’est donc en fin 2012 que Nicolas et Julien se lancent. Pourquoi à ce moment-là ? Nicolas indique qu’il avait adoré son expérience chez Exalead, mais qu’il souhaitait créer sa boite et que le moment était venu. Julien lui, avait visiblement rempli l’ensemble de ses objectifs professionnels. Son nouveau challenge était cette société.

Ce qui est assez intéressant donc, c’est qu’on a affaire à deux profils relativement seniors (respectivement 36 et 31 ans), tous les deux papas, avec des prêts, etc… Le cas de figure est probablement le plus risqué qui soit.

C’est la raison pour laquelle, dès la création de la société, ils se laissent au moins 1 an pour sentir si leur travail vaut vraiment le coup ou pas. « Si on se donne moins d’un an, on ne se donne pas la chance de réussir » selon Nicolas.

Le premier produit

Ces deux développeurs cherchaient donc à créer un produit pour les développeurs. Leur première idée est de proposer aux développeurs d’applications mobiles un outil de recherche interne, capable de fonctionner hors ligne, avec les capacités limitées d’un smartphone. En seulement quelques mois, ils mettent au point un premier produit. C’est une super réussite technique. Mais c’est un flop commercial. Le marché des développeurs mobiles n’est pas prêt à payer pour cette technologie. Le fait d’être allé très vite en termes de développement de produit leur a permis de réagir très vite face au marché.

Le deuxième produit

De nombreux développeurs leurs demandent une version “online” de leur produit, c’est à dire capable de fonctionner sur une application web connectée à internet.

Pivot.

Et c’est en mars 2013 qu’Algolia sort sa version beta. Le feedback de la communauté semble incroyable. C’est à ce moment là qu’ils sentent que ça peut prendre. Ils valident le problem-market fit. Dès qu’ils sentent cela, ils se mettent rapidement à chercher des fonds pour accélérer la croissance. Et c’est notamment via l’un de leur premier beta testeur, qu’il réussiront à lever un montant total de 1.5M $ (un mix de business angels et de fonds d’investissements). Ils recrutent alors leurs deux premiers salariés.

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L’Amérique

Leurs clients sont avant tout des développeurs. Donc dès le début, Algolia touche un public international. En 2013, Algolia cherche à rejoindre Y Combinator (YC), l’accélérateur le plus important au monde. C’est un échec. C’est après leur première levée de fond de 1,5M$ mi 2013, lors d’un voyage aux États-Unis pour rencontrer des clients, qu’on leur conseille de retenter le coup. Ils s’exécutent, et font mouche début 2014.

Suite à cela, il déménagent la société aux Etats-Unis (requête du YC). Ce passage chez YC leur permet de lever de nouveaux fonds (1.3M $) auprès d’investisseurs américains de renom. Mais 2014 est surtout l’année de la croissance. Puisque de 17 clients payants fin 2013, ils passent à 400 fin 2014.

A fond

L’objectif d’Algolia est de devenir le leader sur son marché dans les prochaines années à venir. L’objectif est donc d’accélérer cette croissance. Pour s’en donner les moyens, Algolia lève 18M$ en 2015 et compte 35 salariés en fin d’année. Ce qui lui permet de passer de 400 utilisateurs payants à 1150 ! Une très belle croissance sur un tel marché. Algolia a probablement su également équilibrer ses ressources. L’équipe technique est maintenue à Paris. L’équipe de vente, résolument internationale, est partagée entre France et Californie.

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Conclusion

Algolia a donc eu une croissance relativement rapide. Cette croissance est avant tout due au profil des fondateurs Leurs études et leurs parcours sont impressionnants. Le choix de leur produit, dans un domaine qu’ils maîtrisent parfaitement, et leur expérience, leur a permis de construire un produit performant très vite, de le promouvoir à la cible souhaitée, et de pivoter au bon moment.

 >> Le site d’Algolia


2 commentaires

  1. Une belle illustration que les adages à deux francs lancés par des pseudos experts de l’entreprenariat n’engagent qu’eux… Ces deux créateurs ont quasiment le même profil et pourtant ils ont su construire quelque chose de génial. Ils ont ensuite recruté les bonnes personnes pour gérer ce qu’ils maitrisaient le moins. Et pas l’inverse.

    • Tout à fait. L’exemple est en tous cas très intéressant à étudier car le profil est assez particulier. C’est vraiment la maîtrise technique qui leur a permis de répondre à un besoin non couvert. Leur capacité à s’entourer (investisseurs de renom, YC, équipe…) leur ouvre la voie.

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