(billet rédigé par Deeder)

L’enseignement, c’est d’abord le partage des connaissances, la transmission de savoir de pair à pair, soit unilatéral dans le cas de cours magistraux, soit bilatéral dans de nombreux autres cas. Echanger un savoir et échanger des données, c’est, lorsque l’on y réfléchit, un peu la même chose. Essayez d’imposer un copyright sur vos idées, elles ne se répandront pas. Que faire alors ? Pensez libre !

tableau Libérons lenseignement !
Photo : Tableau de classe – François Jourde (avec son autorisation)

Vous avez dit « libre » ?

Le libre, tout le monde en a plus ou moins déjà entendu parler, notamment grâce au logiciel libre qui se matérialise sous les traits d’un Firefox ou d’un OpenOffice. Mais le quidam de service qui n’utilise pas ce logiciel pour son caractère libre, mais plutôt pour sa gratuité (courante mais pas obligatoire), ne sait pas à quoi réfère ce qualificatif obscure. Définissons le rapidement :

Un logiciel libre est caractérisé par 4 libertés fondamentales :

  • Liberté 0 : la liberté d’exécuter le programme (peu importe ce que l’on désire en faire)
  • Liberté 1 : la liberté d’étudier le fonctionnement du programme  (en consultant le code source)
  • Liberté 2 : la liberté de redistribuer des copies (gratuitement ou non, selon les licences) ;
  • Liberté 3 : la liberté d’améliorer le programme et de publier ses améliorations (grâce à la modification du code source)

Le déploiement du logiciel libre

Les avantages de ces logiciel sont nombreux et certains l’ont bien compris : faible coûts de mise en place, garantie de pérennité grâce à l’aspect social de ces logiciels qui fédèrent souvent une communauté plus ou moins étendue d’utilisateurs, évolutivité, modularité, etc. D’ailleurs, la fonction publique (notamment la gendarmerie ainsi que les administration) s’y met peu à peu depuis quelques années. On voit également de plus en plus souvent des établissements de l’Education Nationale déployer ce genre de solutions sur leurs postes.

Mais ce n’est pas suffisant et cette action devrait être complétée par le remplacement quasi-systématique des logiciels utilisés dans le secondaire et dans le supérieur par des équivalent libres. Au delà de permettre à l’étudiant d’installer à son tour et d’utiliser chez lui les mêmes logiciels que ceux qu’il utilise dans son lycée ou son université sans avoir à s’affranchir des frais engendrés par l’achat d’une licence généralement très onéreuse, l’usage d’une alternative libre permet à l’étudiant d’acquérir une plus grande dextérité avec l’outil informatique et de développer sa connaissance et sa maîtrise de tels logiciels. Cela permet également de ne pas avoir à se soucier des problèmes d’interopérabilité et de pouvoir terminer chez soi un travail commencé dans l’établissement scolaire.

Cependant le rôle de l’Education Nationale ne se borne pas à la popularisation des outils libres mais doit également s’étendre à l’initiation des élèves à une notion qui leur est inconnue. En plus de mieux connaître le logiciel qu’il utilise, l’élève ainsi sensibilisé aux droits et devoirs de l’utilisateur du logiciel libre peut les exercer en tout état de cause et pourquoi pas prendre part au phénomène communautaire qui sévit autour de son logiciel préféré selon ses compétences, aussi minimes soient elles, du développement à la simple rédaction de documentation.

Au delà du logiciel…

Le libre, ce n’est pas que du logiciel, loin de là ! C’est aussi de l’art avec, par exemple, de la musique libre (http://www.jamendo.com/fr/) ou encore des documents (photographies, images, vidéos, livres, etc) partagés avec une licence laissant certains droits supplémentaires à l’utilisateur, tels des droits de reproduction et de modification. Ainsi l’initiation au libre n’est autre qu’une nouvelle incitation au respect du copyright et des droits d’auteurs. En sensibilisant les élèves à ce mode de publication, ils sauront dépister les contenus libres et les contenus propriétaires et sauront donc mieux utiliser les sources nécessaires à leur exposé, mémoire ou que sais-je encore.

J’irais encore plus loin, en demandant aux professeurs une implication directe dans le domaine du libre en publiant leurs supports de cours sous licence libre, afin de permettre aux élèves de combler une lacune ou compléter un cours incomplet  ou encore de permettre à d’autres professeurs de comparer leur supports à d’autres existants de manière à fournir à leurs élèves un document de meilleure qualité et plus complet.

On peut facilement imaginer des services d’une « Education 2.0″, avec un annuaire regroupant tous les supports de cours mis à la disposition, ou encore avec la mise à disposition de livres éducatifs libres : des manuels scolaires à faible coût disponibles en téléchargement au format PDF à tout moment pour permettre à l’étourdi ayant oublié son manuel de faire ces exercices de maths pour le lendemain.

Conclusion

Bref, si l’Education Nationale a encore un grand bout de chemin à faire pour intégrer en son sein les progrès apportés par les nouvelles technologies, le libre pourrait permettre de faire un premier pas en avant. De l’installation de logiciels libres à la subvention de projets libres tout en passant par l’initiation à la culture tout aussi libre, les possibilités d’action sont tout aussi nombreuses que les avantages qui en découleraient. Avantages notamment économiques, mais également pratiques et bien entendu, culturels.

Monsieur Chatel, amis de l’Education Nationale, à bon entendeur, salut ! icon wink Libérons lenseignement !