Londres : terre d’accueil des start-ups

Visite guidée par l’ambassade britannique pour réaliser un tour d’horizon de l’un des écosystèmes start-up les plus vibrants au monde.

« Si vous voulez lever des fonds, prenez l’Eurostar ou l’avion ». Cette phrase, prononcée par Jean-David Chamboredon (CEO du fonds français ISAI) était un acte délibéré de provocation.

Jean Dussetour, Président Directeur Général de la start-up Headoo, l’a pourtant pris au pied de la lettre en partant le lendemain pour Londres.
Et alors que Jean écumait les fonds français depuis de longs mois à la recherche de 300.000 euros, une après-midi londonienne fut suffisante pour rassembler cette somme.
Récit d’un monde entrepreneurial où tout est plus facile.

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Attractivité des investissements start-up : une leçon donnée à la France

Pour un paysage de l’entrepreneuriat en bonne santé, il faut une législation qui soit favorable aux investissements. Si la France n’est pas le pire pays où lever des fonds pour sa start-up, elle n’est clairement pas la destination rêvée non plus. Et alors que nos Mark Zuckerberg en herbe s’imaginent déjà partir pour la Silicon Valley, le Royaume-Uni espère s’installer durablement comme une terre d’attractivité pour les projets innovants de l’ensemble de l’Europe.

Et pour cause, des 4 milliards de livres investis par les business angels européens, 1 milliard provient du Royaume-Uni. Mieux encore, 83% de ce milliard va directement aux investissements dits de « seed » (capital amorçage) ou de early stage. Précisément le type d’investissement qui est encore trop faible dans notre hexagone.

Il faut dire que les investisseurs britanniques peuvent déduire de leurs impôts jusqu’à 50% de leurs investissements vers le seed, une nouvelle mesure qui aurait motivé plus de 58% des business angels à investir davantage sur l’année 2013. De plus, dans le cas où la société rencontrerait l’échec durant ses débuts, l’investisseur pourra récupérer jusqu’à 40% de son investissement grâce à une autre mesure destinée à favoriser la prise de risque.

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Level 39 : représentatif d’un état d’esprit & d’une volonté d’innovation

Il y a encore peu de temps, lorsqu’une start-up s’aventurait dans le quartier de Canary Wharf, c’était dans l’optique de rencontrer ses investisseurs… mais certainement pas pour y trouver des bureaux.

Etat de fait qui a changé depuis que Level 39, plus grand accélérateur et incubateur européen, s’est installé en plein coeur de ce quartier d’affaires.

Innovant jusqu’à son mode de fonctionnement, les start-ups ne payent pas pour participer à l’accélérateur et n’abandonnent aucune part de la société. Plusieurs grands groupes sponsorisent ces coûts pour des start-ups qui n’ont plus qu’à payer pour la location de leur bureau. Ce dernier coût commence à partir de 600£/an, une broutille (environ 60€/mois) pour avoir accès à l’un des meilleurs réseaux spécialisés dans la finance, le retail et les « future cities« .

Plus de 650 start-up ont postulé et ce ne sont que 80 chanceux qui ont été sélectionnés. Comment choisissent-ils les sociétés ?

Pour Eric Van der Kleij, manager du programme d’accélération du Level 39, « nous ne nous demandons pas si vous êtes une bonne société pour nous mais : pouvons-nous véritablement vous aider ? »

L’esprit cartésien, typiquement français, poussera plusieurs personnes dans la salle à se poser la question suivante : « Quel est le piège ? Comment Level 39 fait de l’argent ? »

« Ils veulent que les start-ups soient successful ». Ces premiers mots de réponse donnés par Jean-Luc Nicoue, entrepreneur français basé à Londres, fait se soulever des sourcils circonspects. Il poursuit :

« Le business de Level39, c’est la location de bureaux. Si elles réussissent, elles grandissent et on besoin de plus d’espace de bureaux ».

Dans un même temps Level 39 ambitionne d’aider les sociétés qui mettront en place le futur de la banque et de la ville connectée de demain. Car le dernier projet du Canary Wharf Group derrière cet incubateur va encore plus loin : ils veulent construire une nouvelle ville qui sera un laboratoire grandeur réelle pour les technologies de villes intelligentes où les start-ups pourront gagner des contrats afin d’expérimenter leurs solutions.

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Paris Vs. Londres : un combat déséquilibré

Poursuivons notre tour de l’écosystème britannique depuis le Rainmaking Loft, un espace de coworking de 3000m2 en plein coeur de Londres. Là, nous rencontrons 5 start-ups dirigées par des français qui ont tous pris la décision de lancer leur business depuis Londres.

S’il faut donner 3 raisons essentielles pour lesquelles ils ont fait ce choix :

  • La simplicité de l’administratif : 15£ et une heure de temps, c’est ce qu’il a fallu à l’équipe de SunEos pour créer la société.
  • La disponibilité des capitaux : les différentes lois en vigueur rendent l’investissement beaucoup moins risqué pour le Business Angels (cf début d’article)
  • Un pied à l’international : si de nombreuses start-ups souhaitent se lancer depuis la Silicon Valley, il sera plus simple et tout aussi efficace de commencer son internationalisation depuis l’Angleterre.

rainmakingloft

Valoriser l’immigration pour créer des emplois

Pour son implantation, Jean est passé par l’agence gouvernementale britannique nommée UK Trade & Investment. La mission de cet organisme est d’aider les entreprises étrangères à s’implanter au Royaume-Uni. Jean a ainsi été très aidé par UKTI pour attaquer le marché anglais.

Cela va de l’aide à la rédaction des statuts de la société,  des contrats de travail, le contact avec un cabinet d’avocats anglais, une banque, une équipe fiscale, les lieux où implanter ses bureaux, etc.

« Tout a été très facile à partir du moment où j’ai été mis en contact avec des gens habitués à travailler avec des entrepreneurs, qui posaient donc les bonnes questions ».


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