La justice américaine a donc réussi à réaliser l’impossible rêve de tous les producteurs d’Hollywood : fermer le site de partage de fichiers Megaupload et procéder à l’arrestation de ses dirigeants. La nouvelle a fait le tour du web hier soir et des médias ce matin, et vous êtes déjà tous au courant, bien sûr.

Mais sait-on vraiment qui est Megaupload et qui est derrière le site préféré des consommateurs de séries américaines (car c’est bien de cela qu’il s’agit, n’est-ce pas ?). Jusqu’hier, pour le commun des mortels internautes, ce n’était qu’un site parmi d’autres qui permettait donc, officiellement, de stocker et échanger des fichiers, mais, ne soyons pas hypocrites, surtout de regarder gratuitement films et séries récents sans se faire gauler par HADOPI. Le coup de filet d’hier soir apporte un éclairage différent sur l’activité du réseau Megaupload, et forcément, ça nous intéresse.

Afin d’en savoir un peu plus, je vous propose une sélection de liens et d’articles qui permettent de se faire un idée sur l’organisation qui gère la galaxie « Mega ».

Megaupload, qu’est-ce que c’est exactement ? Rien de tel qu’une petite définition Wikipedia pour commencer :

MegaUpload (MU) est un site web proposant un service d’hébergement de fichiers en un clic. Le site est basé à Hong Kong, et possède des serveurs aux États-Unis, aux Pays-Bas et au Canada1.

Il permet à un internaute de mettre en ligne n’importe quel type de fichier dans la limite de 1 Go pour les utilisateurs libres, et sans limite pour les utilisateurs premium. Le fichier est alors disponible à n’importe quel internaute au moyen d’un lien qui est attribué au fichier. Les utilisateurs non premium ne peuvent pas télécharger des fichiers de plus de 1 Go. Megaupload ne possède pas de système de recherche de fichier interne.

La fiche du fondateur et boss de Megaupload, Kim Schmitz, alias Kim Dotcom ou Kim Tim Jim Vestor : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kim_Schmitz

Qui est exactement Kim Schmitz ? (en anglais) : http://www.3news.co.nz/Just-who-is-Megauploads-Kim-Kimble-Schmitz/tabid/412/articleID/240017/Default.aspx

Megaupload : Kim Schmitz, l’Al Capone du Piratage. Lire l’article sur Fluctuat.

kim schmitz Megaupload, pour en savoir plus

Megaupload ce n’est pas que le site éponyme, mais un réseau de 18 domaines ayant tous pour point commun de commencer par « mega », comme par exemple Megastuff, Megaclicks, Megavideo ou encore Megaporn.

Une interview (vidéo) du représentant de Megaupload en France sur Dailymotion, Emmanuel Gadaix, via Sénat.

Ensuite, quelques chiffres, difficilement vérifiables, mais qui font consensus sur les sources les plus sérieuses. Megaupload, c’est :

  • un site créé en 2005 (la même année que Presse-citron, hahaha)
  • le 13ème site du monde en trafic, et le 22ème en France

D’après l’acte d ‘accusation du FBI (compilés par Numérama) :

  • 150 millions d’inscrits
  • 50 millions de visiteurs par jour
  • 175 millions de dollars de recettes encaissées depuis septembre 2005, dont 150 millions sur les seuls abonnements « premium », et 25 millions pour les recettes publicitaires
  • 110 millions de dollars versés entre 2006 et 2011 sur un compte PayPal, qui servait aussi de compte de paiement pour différents fournisseurs
  • 42 millions de dollars perçus par le seul Kim Dotcom, qui possède l’essentiel des parts des différentes structures
  • 25 péta-octets de données hébergées chez Carpathia Hosting, sur plus de 1000 serveurs dont 525 à Ashburn, en Virginie
  • Des serveurs en France via le fournisseur de transit Cogent
  • 630 serveurs hébergés par le néerlandais LeaseWeb
  • Une facture d’hébergement de serveurs et de bande passante de 65 millions de dollars depuis 2005
  • 30 employés répartis dans 9 pays
  • 64 comptes bancaires

Bref une entreprise très très rentable. D’ailleurs, les dirigeants de Megaupload menaient apparemment grand train puisque dans le trésor de (cyber)guerre saisi par le FBI il y a entre autres une grosse vingtaine de voitures de luxe, dont une Maserati, une Rolls-Royce coupé, une Lamborghini, et de nombreuses Mercedes-Benz. Lire la suite sur The Next Web

Comptes offshore, sociétés à Hong Kong ou à Auckland, porte-parole mystère et pactole considérable dans des paradis fiscaux… Dans la vraie vie, les patrons de MegaUpload échangent des montagnes de billets et changent d’identité. Lire l’excellente enquête d’OWNI.

Enfin, Le dossier accablant du procureur contre MegaUpload. Lire la suite sur Numérama.

Pas vraiment des enfants de chÅ“ur, donc, mais attendons d’en savoir un peu plus sur les suites judiciaires de cette affaire qui n’a pas fini d’enflammer le web, certains allant jusqu’à parler du déclenchement de la troisième guerre mondiale, celle de l’ère numérique…