Montres connectées : la grosse blague

Autonomie ridicule, problèmes récurrents de connexion, notifications hasardeuses, applications inutiles, trop grande dépendance au téléphone… Et si on sifflait la fin de la récré pour les montres connectées en repartant d’une feuille blanche ?

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Il y a eu les smartphones, il y a eu les tablettes. Et au fur et à mesure que l’innovation se tarissait sur les terminaux mobiles, semblait se dessiner une nouvelle frontière, un nouvel Eldorado : celui, très prometteur, des « wearables » (ce mot atroce et imprononçable), et plus particulièrement des montres connectées.

Prometteur ? En réalité, avec quelques années d’expérience, d’utilisation et de recul, l’Eldorado ressemble davantage à une sorte de marigot vaseux, qui semble dangereusement en cours d’assèchement.

Avec un peu plus de 5 millions de montres connectées vendues au total dans le monde en 2015 (dont 72% de parts de marché pour la montre Apple) le marché représente à peine plus que ce que les principaux fabricants de smartphones écoulent en une semaine. Mais Apple, qui mène la danse, n’a pour autant pas de raisons de danser sur la table quand on voit la chute de ses ventes d’Apple Watch en 2016 (-55%). Pour vous donner un ordre d’idée, rappelons que durant la même période, soit l’année 2015, il s’est vendu plus de 1,4 milliard de smartphones [1].

Vous voyez un peu les proportions du fameux marché si prometteur des montres connectées ?

Peanuts, c’est ça.

Est-ce la faute du public, qui semble se foutre des montres connectées comme de l’an quarante, est-ce la faute aux constructeurs, qui ont mal ciblé et adressé le marché, ou est-ce tout simplement la faute au marché, qui n’existe pas ?

Toujours est-il que, alors que la course effrénée à l’innovation n’a jamais fait de pause au cours des dix années dans le secteur des smartphones, et dans le numérique de façon générale, les montres connectées évoluent à un rythme de limace asthmatique. Quoi de réellement nouveau en effet depuis la présentation de la première Montre LG « Watch Phone » il y a… 7 ans ? Rien, ou en tout cas pas grand chose. Pire, la technologie a même régressé depuis puisque, outre sa puce 3G qui permettait déjà de téléphoner, et son player mp3, cette LG était dotée d’un capteur qui permettait de faire des photos et des vidéos, et même des appels en visio ! Idem pour cette géniale Simvalley, qui pour le coup était tout simplement un smartphone Android avec toutes ses fonctions sans restriction, en modèle réduit, et que j’ai longtemps portée à mon poignet, avant que sa batterie ne me lâche récemment.

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La première LG Watch, en 2009, déjà la 3G et la photo dans une montre

Alors, les montres connectées, flop ou flop ? Voyons voir et essayons d’analyser tranquillement les raisons de ce désintérêt du public (je ne parle pas de désamour car pour qu’il y ait désamour il faudrait qu’il y ait eu amour, et cela n’a visiblement jamais été le cas).

Avertissement : ceci n’est pas un troll mais un état des lieux qui se veut argumenté par un amateur un peu déçu de l’évolution du marché, qui en est cependant à sa quatrième montre connectée.

Chacun son OS et une compatibilité très limitée

C’est une règle immuable qui se retourne généralement à terme contre les industriels, mais ils sont têtus : chaque fois que débarque une nouvelle technologie prometteuse, les fabricants et éditeurs se débrouillent pour développer leur système chacun de leur côté et surtout de faire en sorte que rien ne soit compatible. Ainsi une Apple Watch ne fonctionne qu’avec un autre appareil Apple, et une montre Android Wear ne fonctionne qu’avec un appareil Android. Bien sûr dans sa grande bonté Google a sorti il y a un an une version iOS d’Android Wear, mais elle est tellement allégée et limitée que l’on dirait qu’elle a seulement été conçue pour générer de la frustration et forcer ma main aux possesseurs d’iPhone pour qu’ils passent à Android. Comme une sorte de bande-annonce en fait qui vous dirait « Tu as aimé le teaser, tu aimeras le film, mais pour cela il va falloir d’abord lâcher ton iPhone et acheter un smartphone Android petit Padawan ».

Et puis il y a Tizen de Samsung ou encore l’OS Pebble. Bref, un marché finalement assez éclaté qui ne favorise pas forcément l’engouement du public. Et je ne vous parle pas de Windows Phone pour lequel à peu près n’existe ou n’est compatible.

Des mises à jour à la tête du client

Si Apple n’est pas concerné du fait que la firme californienne gère une gamme étroite et maitrise le matériel et le logiciel, il n’en va pas de même pour Android, qui nous ressort régulièrement le même gag : certaines versions ou mises à jour ne sont pas compatibles avec tous les devices. En langage de montre connectée cela signifie par exemple que si vous êtes l’heureux possesseur d’une Moto 360 achetée quelques centaines d’euros il y a quelques semaines, celle-ci ne sera pas éligible à la mise à jour Android Wear 2.0 qui arrive… dans quelques semaines. C’est ballot hein. Pourquoi ? Parce-que Google a complètement revu l’interface utilisateur de son OS pour les montres connectées et que celle-ci passe désormais par l’utilisation de plusieurs boutons. Or la Moto 360 n’en n’a qu’un. Circulez, ou remettez 500 balles pour acheter une montre compatible.

android-wear-2Android Wear 2.0 en vue, mais pas disponible sur toutes les montres…

Pour la petite histoire, lorsque Android Wear pour iOS est sorti en août 2015, il était censé ne pas être compatible non plus avec la Moto 360. Mais il ne faut pas toujours écouter ce qu’on nous raconte : en fait les deux étaient parfaitement compatibles et j’ai utilisé ma Moto 360 quotidiennement avec mon iPhone sans aucun souci pendant près d’une année.

Des montres connectées qui ne le sont pas vraiment

Aux balbutiements du marché, on se demandait à quoi pouvait correspondre le concept de montre connectée, ou intelligente, ou les deux. Du coup les principaux fabricants ont apporté leur réponse : c’est un écran déporté de votre smartphone, point-barre. Sans smartphone, vous pouvez acheter la montre « connectée » la plus chère du marché, elle ne fonctionnera pas. Pire : vous ne pourrez même pas lancer sa première initialisation. Avouez que c’est un peu dommage quand même. Un peu comme si au début les smartphones n’avaient fonctionné qu’en étant reliés à votre ordinateur portable. Bon d’accord il y a eu le BeBop, mais nous allons éviter de réveiller les souvenirs douloureux de la haute ingénierie à la française, ce ne serait pas très gentil.

Donc les montres connectées telles que la plupart existent aujourd’hui – à quelques exceptions près comme la LG Urbane 2nd Edition 3G ou la Samsung Gear S3 qui devrait arriver en novembre prochain – ne sont finalement connectées qu’au smartphone, et ne font que répéter ce que fait ou dit ce dernier. Avantage ? On cherche encore. Ah si, ça évite de sortir son smartphone sans arrêt quand on veut juste jeter un Å“il en loucedé sur un nouveau mail, SMS ou message Facebook. La belle affaire : tout le monde a toujours son smartphone sous a main, à portée de regard, et d’un autre côté tout le monde n’est pas accro aux notifications. Certains y sont même assez allergiques et ont finit par toutes les désactiver. C’est mon cas. Donc justifier l’achat d’une smartwatch juste pour cet usage n’est certainement pas l’argument massue qui va faire se lever les foules.

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Quelques « faces » Android Wear sur la LG Urbane 2nd Edition

Je pense vraiment que le public est davantage demandeur d’une montre réellement connectée, donc dotée de la 4G, du WiFi et du BlueTooth, et d’un GPS au minimum, car dans ce cas de figure la montre permet réellement de se passer du téléphone pour des séquences particulières, je pense évidemment au sport ou aux activités de plein air qui nécessitent d’être juste joignable et d’utiliser une navigation GPS sans nécessairement devoir emporter son smartphone.

Un fonctionnement encore erratique

Les systèmes d’exploitation pour montres connectés peuvent paraitre quelque peu ésotériques pour le novice. Quand on est habitué à celle des smartphones, l’ergonomie est déroutante au premier contact, et il faut un temps d’adaptation. Ne blâmons pas les ingénieurs et spécialistes en interface utilisateur qui ont mis au point Watch OS, Android Wear ou encore Pebble OS : faire rentrer autant d’informations de la façon la plus pratique possible dans une surface visuelle aussi ténue, qui plus est de forme circulaire la plupart du temps est certainement un défi qui s’apparente davantage au premier pas sur la Lune qu’à la simple conception d’un jeu d’icônes. Une fois qu’on a pris le coup cela devient facile, même si le comportement de certaines « cartes » sur Android Wear peut encore rester un épais mystère pour de nombreux utilisateurs.

Cela étant, le fonctionnement de certaines montres connectées reste encore sujet à de nombreux ratés assez agaçants, plus particulièrement sur Android. Sur ma LG Urbane 2 par exemple, le GPS ne fonctionne pas, ou mal, et semble n’en faire qu’à sa tête selon les applications utilisées. De plus selon le contexte il est pratiquement impossible de savoir si c’est vraiment le GPS de la montre qui tourne ou si c’est celui du smartphone auquel elle est connectée.

Autre dysfonctionnement : la commande vocale sur Android Wear, ou en tout cas sur la Urbane. Même punition que le GPS : elle fonctionne quand elle veut, c’est à dire très rarement, et en fonction des applications. Il m’arrive de pouvoir répondre en mode vocal à une série de SMS sans problème, puis que le système cesse de fonctionner sans raison apparente, sans changement de couverture réseau. Idem pour la recherche Google ou les fonctions Google Now (devenu Google Assistant), difficile de vraiment compter dessus.

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Parle à ma montre, mon tél est malade

Quant à la connexion entre le smartphone et la montre, elle reste elle aussi parfois très hasardeuse. Qui n’a pas ragé le matin en essayant de re-connecter sa montre à son téléphone et en voyant revenir inlassablement un message d’échec ? Personnellement depuis la dernière mise à jour Android et Android Wear j’ai lâché l’affaire puisque ma Urbane 2 et mon smartphone Android (un truc low-cost que j’utilise juste pour les tests et me tenir à niveau) refusent définitivement de se connecter (alors qu’ils se reconnaissent).

Enfin, la gestion des notifications, dont la logique m’échappe encore, est une vraie plaie. Si vous activez votre montre disons à 10h du matin après une recharge, quand elle va se connecter, vous allez recevoir en rafale toutes les notifications que vous avez déjà reçues et supprimées deux heures avant sur votre smartphone. Quand il s’agit de notifications d’email, vous recevrez donc de nouveau des notifications pour des emails que vous avez déjà lus, répondus, et archivés ou supprimés deux heures auparavant. Vous voyez un peu le bazar et même les malentendus que cela peut susciter ? Pourquoi cela ? Parce-que les notifications sont poussées sur la montre de façon « aveugle », et qu’il n’existe pour le moment pas d’interaction qui supprimerait automatiquement une notification de la montre quand vous avez agi sur le smartphone et supprimé un message. Cerise sur le gâteau : les notifications reviennent plusieurs fois et parfois sans logique apparente, même après les avoir supprimées. Un point sur lequel les développeurs devraient se pencher sérieusement car au quotidien cela peut vite devenir un enfer.

Une autonomie largement insuffisante

L’un des principaux griefs des utilisateurs (ou de ceux qui voudraient le devenir mais hésitent encore) de montres connectées est l’autonomie insuffisante. Qu’en est-il réellement ? En usage « normal », c’est à dire écran réglé avec extinction totale lors de la mise en veille, qui est immédiate sur une montre et non pas temporisée comme sur un smartphone, les principales montres du marché peuvent tenir une grosse journée, voire quasiment deux jours pour les meilleures. Cela peut paraitre suffisant sachant que l’on peut aisément brancher sa montre comme son smartphone tous les soirs pour la recharger.

Mais étonnamment, les amateurs de montres sont beaucoup plus exigeants sur ce point et ont du mal à envisager que l’on doive recharger tous les soirs. Il semblerait qu’une bonne semaine d’autonomie soit un minimum acceptable. Or nous en sommes très loin, car si vous faites un usage un tant soit peu intensif de votre montre, et que, outrage suprême, il vous prend l’envie que son beau cadran soit affiché en permanence avec une luminosité digne de son design, alors l’autonomie va littéralement s’effondrer. Dans ces conditions, ma pauvre Urbane 3G rend les armes en à peine une petite demi-journée. A l’heure du déjeuner, voire même avant, hop, ciao la montre et RIP la batterie.

Pas assez d’applications

Apple l’a promis, Android aussi : avec la nouvelle version de leur OS respectif les montres vont enfin s’affranchir de leur dépendance au téléphone et pourra alors se développer un écosystème d’applications qui leur sera propre. Espérons que cela ne reste pas un vÅ“u pieu, car pour que cette prédiction se réalise encore faudrait-il que les montres disponibles sur leur marché aient leur propre connectivité hors smartphone, donc en 3G ou 4G idéalement, ou au pire en WiFi. C’est loin d’être le cas aujourd’hui. Car en effet l’un des problèmes patents de Watch OS ou Android Wear est le manque d’applications dédiées, qui contribueraient peut-être à faire décoller le marché. Pour l’instant c’est morne plaine, avec seulement quelques apps qui ne sont que des dérivés déportés des apps du smartphone, et pléthore de cadrans, dont le choix oscille entre le très beau et le très horrible.

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Un besoin qui n’existe simplement pas ?

En matière de marketing, on sait très bien créer des besoins qui n’existent pas pour ensuite vendre très les produits et services qui répondent à ces besoins. Il semblerait que pour les montres connectées, cela se passe un peu différemment, et que malgré les efforts et les moyens déployés, le public fasse de la résistance. La grosse erreur des constructeurs a probablement été de penser que la smartwatch serait le nouveau smartphone. Le smartphone correspondait vraiment à un besoin et a généré une révolution sociétale car il ne remplaçait pas un seul objet mais des dizaines d’appareils indispensables à notre quotidien en agrégeant de nombreux usages. La montre est un objet personnel qui relève bien davantage de l’accessoire de mode et de distinction que de l’outil pratique. En outre elle ne remplace rien, et ne peut pas se substituer à d’autres fonctions que le smartphone ne remplit pas déjà. Le seul cas d’usage plausible est donc celui de situations où le smartphone devient encombrant ou pourrait subir des dommages. Donc, comme je le disais plus haut, principalement dans les activités sportives.

Autre problème, d’ordre esthétique : les amateurs de montres classiques n’aiment pas les montres connectées, car, outre le fait que rien ne saurait remplacer pour eux une belle mécanique d’horlogerie, ils détestent l’idée d’un cadran noir qui ne s’affiche qu’à certains mouvements du bras (en gros quand vous faites le geste de regarder l’heure) et s’éteint après deux secondes. Pour eux, une montre c’est aussi et surtout un cadran, et afficher un vulgaire écran noir à son poignet est une insulte au bon goût. Ce qui revient aux problèmes d’autonomie évoqués précédemment.

Un bouche à oreille qui ne fonctionne pas

Quelque-chose qui m’a particulièrement marqué, et qui à mon avis est l’une des clés du marché morose des montres connectées : l’effet Wow est presque inexistant, et surtout le bouche à oreille ne fonctionne pas. Je me souviens des réactions quasiment hystériques quand je montrais le premier iPhone à mon entourage, en août 2007, avec un modèle rapporté des US, quatre mois avant sa sortie officielle en France. Les gens se battaient littéralement pour juste l’avoir en main et jouer avec, et nous aurions pu à l’époque signer des piles de bons de commande à la chaine. Avec les montres connectées, et même avec l’Apple Watch, rien de tout cela. Au mieux une curiosité polie, mais le plus souvent une indifférence qui se conclut par un « Ã  quoi ça sert ? » qui n’appelle généralement même pas de réponse. D’ailleurs quand j’ose une réponse, elle est du genre : à rien.

Cette absence d’engouement est symptomatique d’un soufflé qui est retombé très vite et se traduit dans les chiffres : au lancement de l’Apple Watch, les ventes ont décollé très fort mais c’était un démarrage en trompe-l’œil puisque celles-ci se sont très rapidement effondrées (-55% entre le deuxième trimestre 2015 et le deuxième trimestre 2016).

Peu d’annonces et des lancements ratés

Tous les observateurs présents au dernier IFA de Berlin début septembre ont fait la même remarque : seulement deux annonces de nouvelles montres connectées lors de cette édition, la nouvelle Asus ZenWatch 3 et la Samsung Gear S3. Avouez que ça fait peu pour un salon high-tech aussi important, qui de surcroit se tenait juste quelques semaines avant l’arrivée d’Android Wear 2.0. Une absence d’actualité qui ferait laisserait presque croire que la plateforme n’intéresse plus personne, et que les constructeurs s’en détournent. Ou qu’ils s’en foutent royalement.

Ajoutez à cela des lancements totalement ratés comme celui, annoncé puis ajourné puis enfin concrétisé sans communication et dans l’indifférence générale de la Urbane 2, et vous avez tous les ingrédients d’un marché qui s’effrite tranquillement.

Alors, quel avenir et quels usages pour les montres connectées ?

Je vais éviter de jouer les oracles, et je vais seulement répéter ce que j’ai évoqué précédemment : l’avenir de la montre connectée va se jouer sur des secteurs où le smartphone ne peut pas aller, ou mal. Ce sera sur des fonction ultra-personnelles de type fitness d’une part, avec probablement toutes les données de santé fournies par des capteurs, et d’autre part sur les usages sportifs pour ceux qui souhaitent obtenir un maximum d’infos sur leurs performances mais également rester connectés pendant leur randonnée en VTT ou leur footing sans s’encombrer de leur smartphone. La fonction alerte secours de la Samsung Gear S3 est également un bon exemple de la pertinence d’une montre connectée sans smartphone.

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D’autre part les constructeurs devront orienter leurs efforts sur l’autonomie, qui dans le cas des montres a deux fonctions : pratique et esthétique. Le jour où l’on pourra afficher en permanence un superbe cadran qui émule véritablement un vrai cadran de montre mécanique (avec notamment un effet d’ombré et de parallaxe sur les mouvements) pendant au moins deux jours, la donne changera probablement.

Enfin l’avenir est peut-être à l’hybride, à savoir des montres mécaniques offrant des fonctionnalités connectées. On pense en premier à la gamme Withings évidemment, mais d’autres constructeurs y viennent, comme Garmin, qui présentait une superbe série Vivomove lors du dernier IFA.

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La gamme Vivomove de Garmin, écran classique mais connectivité limitée

Pour conclure, je vais vous parler de mon usage personnel, et la façon dont il a évolué. Comme je vous l’ai indiqué précédemment, ma Urbane 3G ne se connecte plus à mon smartphone Android. Je l’ai donc dissociée, et je l’ai associée à mon iPhone, ce qui marche très bien. Problème : depuis les dernières mises à jour l’association avec iOS vide la batterie de façon catastrophique. Ou alors c’est la batterie de ma montre qui est morte, ce qui serait étrange pour un appareil acheté en avril dernier. Bref, c’est devenu inutilisable en mode connectée car la montre ne tient même pas une matinée…

J’en ai donc tiré parti pour modifier mon usage de ma montre : je ne l’utilise plus en mode connecté, merci de ne pas vous moquer. En fait comme de toute façon je n’utilise pas les notifications, le fait que la montre soit connectée ne m’apportait pas grand chose, à part avoir la météo et d’autres babioles (fort pratiques j’en conviens). Du coup j’utilise la connectivité de la montre « on demand », seulement en backup quand j’en ai besoin, c’est-à-dire finalement assez rarement : pour passer un texto vite fait, un coup de fil si mon iPhone n’a plus de batterie (ce qui arrive de plus en plus fréquemment aussi), bref pour des usages ponctuels et ciblés, pas pour le tout venant. Du coup j’en tire un avantage fort sympathique que j’évoquais plus haut : je peux maintenant utiliser la montre avec cadran allumé en permanence, et elle tient 39 heures non-stop en moyenne sur mes derniers tests, ce qui veut dire trois bonnes journées si je l’éteins la nuit. Mine de rien ça change la perception de l’objet, qui devient désirable car actif visuellement en permanence.

Évidemment cet usage un peu particulier ne m’empêche aucunement de tirer partie de l’intégralité des fonctions connectées, mais quand je le décide. C’est peut-être aussi une façon d’appréhender la question : un wearable n’a pas forcément vocation a être connecté en permanence, mais seulement dans les cas où il doit se substituer au smartphone pour des fonctions que le smartphone ne peut pas assurer, c’est à dire en réalité pas si souvent que cela.

Maintenant je finirai par un souhait personnel : avec ses quatre jours annoncés d’autonomie[2] écran allumé en permanence et sa puce 4G, je ne vous cache pas que la Samsung Gear S3 correspond assez bien au portrait-robot idéal qui ressort de ce long article, et que cette dernière me fait sérieusement de l’œil. Je vais attendre patiemment et avec beaucoup de curiosité d’installer la mise à jour Android Wear 2.0 quand elle sera disponible normalement en octobre prochain, et si je ne suis toujours pas satisfait, je me débarrasserai probablement de ma Urbane pour passer à la Gear.

Finalement, le problème des montres connectées est peut-être ailleurs : en tant qu’instrument éternel traversant les âges et les modes, en tant qu’accessoire distinctif ou de luxe et mécanique de précision, en tant que bijou, si tout simplement la montre était le seul objet impossible à uberdigitaliser ?

[1] Sources :

[2] ce qui signifiera probablement au mieux 2 petites journées dans la réalité, nous sommes bien d’accord…

12 commentaires

  1. C’est marrant je pense exactement l’opposé.

    Une smartwatch pour moi ne doit justement pas être trop smart. Pourquoi avoir wifi, 4G, appareil photo ou autres quand mon téléphone qui tiens dans ma poche aura la même chose mais en mieux ?

    Justement elle ne doit être pour moi qu’une déportation de l’écran du smartphone et réduire c’est fonctionnalité au minimum.

    J’ai une pebble (la première sortie) et j’en suis très content.

    Je ne la recharge qu’une fois pas semaine.
    Elle se connecte automatiquement tout seule à mon téléphone dès qu’il est a porté sans aucun problème.
    (Elle ne m’affiche pas d’anciennes notifications)

    Seules quelques applications ont le droit d’envoyer des notifications sur mon téléphone.

    Je trouve ça super pratique surtout au boulot de ne pas avoir à sortir son téléphone pour lire un SMS ou lors de la réception du appel pouvoir le rejeter toujours sans sortir de la poche (ou se déplacer pour récupérer le tel qui traine sur le bureau) ou au contraire savoir que c’est important et s’excuser (genre ma femme qui m’appelle car elle a des problèmes dans les transport et que je dois aller récupérer les enfants).

    J’ai fêlé l’écran de mon téléphone
    Avant mon téléphone se mettait automatiquement en vibreur quand j’arrivais au travail maintenant il se met automatiquement en silencieux quand ma montre est connectée. Ma montre est toujours sur mon bras donc je sens toujours un vibreur qui ne résonne pas sur un bureau ou ne s’entend pas dans un sac…

    C’est aussi pratique en télécommande quand j’écoute de la musique même depuis que je suis passé sur un casque bluetooth dont les commandes sont plus complètes que sur les casques filaire, je trouve ça plus pratique et en plus j’ai l’affichage de la musique courante.

    Couplé avec des applications d’automatisation comme taskers ça peut avoir des application très puissantes…

    Puis il y toujours l’aspect capteur sommeil, activité ou autres qui marche plutôt pas mal même si étant peu sportif ce n’est pas mon utilisation première.

    Je pense que la smartwatch se veut justement trop smart et non pas le simple objet connecté qu’elle devrait être (mais on voit de plus en plus de montre qui vont justement dans ce sens autre que Pebble).

    Le problème est peut être aussi qu’il y a des attentes très différentes selon les utilisateurs et qu’elle ne sera donc peut être jamais un marché de masse…

    • Pour reprendre ce commentaire, je pense aussi que les smartwatch font bien de ne pas s’essayer sur le terrain des portables, pour la bonne et simple raison que les deux ont des fonctions différentes. En plus, impossible d’avoir la puissance et la versatilité d’un portable sur une montre, elle deviendrait forcément un monstre et même comme ça je me vois mal utiliser Firefox ou une messagerie avec un doigt…

      Je comprends la frustration de l’auteur de l’article, mais je ne partage pas son avis. Les Pebble actuelles sont ce qu’il y a de mieux dans ce domaine car elles complémentent le portable, sans prétendre le remplacer.

  2. Personnellement, ma Pebble Time me sert tous les jours, pour de vrai, pendant une bonne semaine avant d’avoir à la recharger. Les apps « utiles » n’abondent pas mais il y en a, rien qu’en sport ou en lecteur de notes il y a des dizaines d’options. Elle est un peu moche mais ça m’est égal. Je pense quand même que c’est une alternative intéressante sur tous les points cités dans l’article.

    Son principal point fort est l’affichage e-paper, clairement le seul avenir pour les montres connectées si elles veulent avant tout servir de montres, sans avoir à les secouer comme un idiot, appuyer sur un bouton avec l’autre main, etc.

  3. Si il y a bien un marque vaille la peine dans ce domaine, ce sont les Pebble.

    Elles ressemblent à de vraies montres, sont ATM 5, tiennent 10 jours, des applis à la pelle (vu que c’est libre) pour un prix dérisoire.

    Après, chacun ses gouts.
    Pour ma part, et après avoir essayé différentes marques, la Pebble Steel est celle qui réponds le mieux à mes besoins en termes de montre (connectée ou pas).

    • Eric

      Les Pebble ont certes beaucoup de qualités mais ça reste des montres de geek, pas du grand public, et je doute que vous fassiez aimer ça à de vrais amateurs de belles montres car c’est quand même super moche (montre ET interface). Après, en termes de fonctionnalités, ça peut se discuter.

      • Pebble a quand même fait un grand pas dans le sens de l’esthétisme avec les Pebble Round. Y compris à destination d’un public féminin.

  4. J’ai une Huawei depuis + qu’un an et j’en suis super content. Pourquoi avoir une semaine d’autonomie si je charge la montre de tout façon pendant la nuit? (La Huawei tient 2 jours en connecté). Il faut aimer « d’être informé » en permanence, sinon une montre connectée n’a aucune intérêt. Je pense qu’il y a un bon avenir pour ces « gadgets » et j’en vois de + en + autour de moi.

  5. Et il y a la montre connecté sportive (Garmin pour ne citer qu’eux) qui apporte le service des notifications et qui remplit la fonction sport et design très bien de manière autonome ! Plusieurs semaines d’autonomie si on n’active pas le GPS pour le sport… Et on a toutes les notifs, la commande de la musique et quelques autres trucs sympa comme la météo… Bref, il est urgent d’arrêter les OS lourd et le tactile et la batterie tiendra longtemps, très longtemps 😉

  6. C’est quoi cet article qui se moque des montres connectées ? Vous faites de l’actu ou du dénigrement ? Je ne pense pas que le rédacteur doit prendre position. Donnez de l’info, des chiffres et laissez-nous juge.

  7. Pour ma part j’ai la smartband 2 de Sony…
    Côté Connectivite rien à dire avec mon note 4, les notifications sont au top. Idem pour le coté fitnesse, l’activité est prise compte de manière assez efficace.
    La fonction trouvé le téléphone est super efficace. C’est d’ailleurs pour centra que je l’avais acheté.
    L’autonomie : près d’une semaine…

    Perso je ne lisais pas les messages dessus, car. Avec l’encre électronique c’est moyen et l’écran est inadapté.
    Par contre là où c’est intéressant c’est qu’on voit l’expéditeur et le début du message, donc, quand on travaille, on jete un coup d’oeil à la montre, si c’est important on regarde le téléphone sinon on reste concentré sur son travail et quand on travaille sur une échelle c’est très pratique…
    Idem pour les apel, on peu choisir de répondre ou non sans regarder le téléphone…

    La smartband 2 à un micro et des hauts parleurs, malheureusement, la montre soit disant étanche, n’a ps tenu de ce côté là…

    Et aujourd’hui c’est l’encre électronique qui me pose problème… L’affichage est figé, du coup, après un ans seulement d’utilisation je recherche mon bonheur dans le monde des montre connecté.

    Bref je reste sur ma fin, super montre qu’il est comme qui dirait, inabouti…

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Lire les articles précédents :
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La fin des smartphones BlackBerry pourrait être annoncée le 28 septembre

Il serait effectivement temps que BlackBerry arrête de faire des smartphones que personne n’achète.

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