Montreux Jazz Festival : une journée particulière
Par Eric,
13 juillet 2007 à 17:50 :: Divers
et faites-le connaître
Non je ne suis pas une nouvelle fois invité à un concert, mais c’est une note de Pierre Chappaz qui me rappelle que se déroule en ce moment le Festival de Jazz de Montreux.
Un truc chargé de souvenirs pour moi, et plus particulièrement de cette fois très particulière où trois de mes amis et moi-même avions été invités au festival par son organisateur et grand manitou, mister Claude Nobs en personne.
Je vous dis tout de suite que ça ne date pas d’hier et que même si nous traînions un peu nos Doc Marteens dans le milieu de la musique, nous n’avions pas de connexions particulières avec le show-biz.
Il se trouve qu’un de mes potes était roadie occasionnel, et qu’il avait officié pour son plus grand bonheur lors d’un concert de Van Halen à Lyon. Les Van Halen étant des grandes gueules Métal sur scène mais des gens plutôt charmants dans le privé, ceux-ci avaient invité le staff du concert au restaurant après le show, et c’est comme ça que mon camarade se retrouvait au Bistrot de Lyon à la même table que notre Dieu vivant à tous Eddie Van Halen (les plus guitaristes d’entre vous comprendront très bien de quoi je parle et pourquoi mon pote ne s’est plus jamais lavé les mains depuis 20 ans).

Il se trouve aussi que le Tour manager des Van Halen pour leur tournée européenne n’était autre que le susnommé le Claude Nobs. Ou en tout cas il accompagnait les fauves partout pour leur première tournée en Europe. Un Van Halen, ça s’apprivoise pas facilement, seul un garçon affable et expérimenté comme Claude Nobs était à la hauteur de la tâche. Ce gars est de cette race unique des hommes qui ont la confiance absolue et immédiate des superstars.
Un personnage, le Claude, un des piliers de la légende du rock des seventies, le genre de mec qui dînait le soir à Londres avec Led Zeppelin et le lendemain à New York avec Aretha Franklin, une sorte de Jean-Claude Camus puissance 10, version worldwide.
Un intime de tout ce que le gratin mondial comptait de jazz et rock stars.
Des gens comme ça doivent se compter sur les doigts d’une main à l’échelle de la planète.
Mon copain roadie sympathisa donc avec toute l’équipe, et voilà comment du coup il se retrouva avec trois entrées VIP full backstage au Festival de Montreux le week-end suivant, offertes par Claude Nobs.
Et nous voilà partis à 4 dans une caisse pourrie et pleine de bière tiède pour Montreux avec un copain plus agé qui conduisait (mal) car on était trop jeunes pour avoir le permis, contents mais pas trop parce-que le jazz, ce truc de vieux, c’était pas trop notre tasse de thé, tu vois ?
Sauf qu’une fois arrivés sur place ce fut Hollywood pendant deux jours. A vrai dire on n’y croyait pas trop à l’histoire de notre pote.
On a vite changé d’avis.
Non seulement Claude Nobs nous accueillit avec une gentillesse incroyable pour une personne de son rang, mais il s’occupa de nous toute la soirée, avec comme point d’orgue une invitation dans la loge privée d’Ella Fitzgerald qui allait se produire quelques minutes plus tard. Ella, une grande dame toute petite et timide, avec qui nous partagions tranquilles quelques coupes de champagne comme larrons en foire.
Bien que gamin et pas très au fait de la carrière d’Ella, je me pinçais pour essayer d’y croire…
Nous finissions la soirée au Festival puis fûmes logés chez Claude Nobs pour la nuit, dans une sorte de Manoir sur les superbes hauteurs de Montreux.
Et là une autre vision nous attendait, le lendemain matin : Claude nous montra par la fenêtre de la cuisine une maison presque mitoyenne de la sienne : celle de… David Bowie, qui effectivement possédait un pied-à-terre à Montreux à cette époque (je ne sais pas si c’est toujours le cas).
Il appela directement Bowie pour nous proposer d’aller le saluer mais malheureusement celui-ci n’était pas là ce jour-là.
Non mais t’imagines un peu : "t’as fait quoi hier ? Bof, rien de spécial, juste un brunch chez David Bowie…"
On est rentrés le dimanche soir dans la 4L pourrie la tête pleine d’étoiles.
Un vrai souvenir de midinette, entre brouillard adolescent et images intactes (Ella dans sa robe lamée or si je me souviens bien).
Nous avons vécu ça comme un rêve, à tel point qu’aujourd’hui je me demande encore si je n’ai pas rêvé, et j’aimerais bien savoir si Claude Nobs se souvient de cet épisode (probablement pas, il a dû en voir tellement dans sa vie).
Avant c’était dans la musique que ce genre de rencontres improbables étaient possibles.
Maintenant c’est grâce au web.
Ca n’a pas changé tant que ça, finalement.



Commentaires
1. Le 13 juillet 2007 à 18:37, par Lucas :: site
2. Le 13 juillet 2007 à 18:39, par mels :: site
3. Le 13 juillet 2007 à 18:39, par Eric :: site
4. Le 13 juillet 2007 à 19:08, par Lucas :: site
5. Le 13 juillet 2007 à 20:56, par babadoux :: site
6. Le 14 juillet 2007 à 14:06, par Arkan :: site
7. Le 14 juillet 2007 à 16:03, par Maître Capello :: site
8. Le 14 juillet 2007 à 22:09, par laurent :: site
9. Le 16 juillet 2007 à 18:06, par Matos :: site
10. Le 16 juillet 2007 à 23:17, par Unplugged Café :: site
11. Le 17 juillet 2007 à 14:19, par Narsil :: site
12. Le 17 juillet 2007 à 14:25, par Eric :: site
13. Le 18 juillet 2007 à 16:34, par Narsil :: site
14. Le 18 juillet 2007 à 16:40, par Eric :: site
15. Le 15 août 2007 à 11:46, par Daniel Darcy :: site
Ajouter un commentaire