Alors que Pandora pensait avoir trouvé le bon plan pour minimiser les commissions versées aux artistes, une société qui collecte ces mêmes commissions pour les distribuer a décidé de porter plainte.

L’histoire commence il y a une semaine. Pandora, le fameux service de streaming musical sur le Web, annonce le rachat d’une petite station de radio locale située dans le Dakota du Sud. Celle-ci se nomme KXMZ. L’objectif de cette transaction est double : bénéficier des mêmes avantages que iHeartRadio, son principal concurrent, et faire des économies au niveau des commissions reversées aux ayants-droit.

En fait, en achetant KXMZ, Pandora gagne ainsi les conditions préférentielles accordées aux stations de radio classiques qui sont refusées à celles qui ne diffusent que sur Internet. iHeartRadio bénéficiait déjà de tous les avantages offerts car son propriétaire possède un grand nombre de stations dans le pays (une centaine). Ainsi Pandora s’aligne sur iHeartRadio et profite des mêmes conditions.

Mais il y a, bien évidemment, aussi une question de rentabilité. Parmi les avantages on trouve une baisse des commissions à reverser. Quand on sait que celles-ci représentent 60% du chiffre d’affaires produit par le service, on peut comprendre pourquoi il cherche à le faire diminuer. Bien que son chiffre d’affaires ait augmenté de 56% en 2012, ses pertes ont elles doublées pour atteindre 38 millions de dollars.

Pandora Pandora attaquée en justice par un représentant de lindustrie du disque

Cette démarche, bien que déjà utilisée par iHeartRadio, n’a pas plu à une société qui se charge de collecter les commissions et de les reverser aux artistes qui a décidé de porter l’affaire en justice. BMI, c’est son nom, a jugé cet arrangement inadmissible alors que de nombreux professionnels du secteur se battent depuis quelques temps pour voir leurs commissions augmenter sur ce genre de sites. Surtout que le streaming devient un moyen d’écouter de la musique de plus en plus populaire au détriment des ventes de produits physiques et numériques.

BMI a donc porté plainte contre Pandora en demandant l’annulation pure et simple de la demande effectuée par la Web radio. Cette action en justice intervient pile au moment où les deux acteurs sont en négociation pour trouver un nouvel accord de diffusion. BMI souhaiterait que les artistes touchent plus d’argent car le streaming musical devient de plus en plus populaire mais Pandora semble peu encline à accepter.

Le service musical en ligne (et les autres font pareil) n’hésite d’ailleurs pas à traiter directement avec les majors afin négocier avec elles et de tirer des avantages qui seraient utiles pour les deux acteurs. En faisant ainsi, Pandora coupe l’herbe sous le pied de BMI et n’a pas à s’embarrasser avec ses requêtes ‘trop coûteuses’. Cependant la Web radio doit tout de même finir par trouver des accords sans quoi elle risque de se retrouver privée de grandes stars présentes dans les catalogues des majors. Si certains de ces artistes ultra-connus venaient à manquer, ce serait autant de bonnes raisons pour les internautes de quitter le navire Pandora.