Petite balade dans la richesse du web avec « Lost in the Data »

L’agence de communication BETC a lancé «LOST IN THE DATA», son premier webzine. Cette invention s’inscrit pleinement dans l’esprit du planning stratégique, qui a pour finalité de faire émerger des idées tout en croisant des phénomènes.

Les publicitaires d’aujourd’hui vivent un tournant décisif qui laissera sur le carreau les moins réceptifs, incapables de s’adapter à l’heure du numérique. Ces professionnels de la communication doivent désormais partir d’un comportement ou d’un embryon de comportement de l’internaute pour en soustraire une idée génératrice d’outils et d’animations. Ils ont donc tout intérêt à privilégier un peu plus l’usage et un peu moins le message.

Malgré ces constats, l’industrie de la communication semble encore dans le déni du changement, préférant continuer à privilégier un modèle dépassé. Heureusement, certainement structures sont à part, conscientes de l’opportunité présente. Il s’agit bien évidemment de jeunes agences interactives, de plus en plus nombreuses, mais aussi de structures historiques actuellement en pleine mutation. C’est notamment le cas de BETC,  fondée il y a un peu plus de 15 ans par Mercedes Erra, Rémi Babinet et Eric Tong Cuong.

Les derniers travaux de cette agence, pour des marques comme Evian, révèlent le changement d’état d’esprit du milieu, désireux de passer du statut de conseiller à celui d’inventeur. Sa filiale BETC Digital, est d’ailleurs l’architecte de la Smart Drop, ce petit périphérique connecté qui va vous permettre de commander votre eau directement depuis l’objet en quelques pressions de bouton. Cette invention s’inscrit pleinement dans l’air du temps et démontre la longueur d’avance des équipes de cette agence, aujourd’hui investies dans la troisième génération d’internet, celle des objets, petite soeur du web et des applications mobiles.

Selon Clarisse Lacarrau, directrice de BETC Start-up et du Planning Strat de BETC «L’agence a pour culture de toujours dépasser les limites de la publicité. Nous avons BETC music, BETC design, nous avons sorti le BETC paper et il y a 3 ans nous avons conçu un «soft» de fabrication industrielle de la pub, juste pour questionner l’industrie. »

Perdu dans les données de l’internet

Aujourd’hui c’est avec un tout autre projet que revient le planning stratégique de l’agence parisienne. Ainsi, 9 mois de travail auront été nécessaires à Clarisse Lacarrau et son équipe (les planeurs Maria Galleriu et Vianney Vaute) pour lancer fin 2012 le webzine «LOST IN THE DATA». Celui-ci a la particularité de cartographier les contenus du web – récents, obscurs ou oubliés – pour offrir une petite balade de qualité dans la richesse de contenu qui est produite quotidiennement.

Cette invention s’inscrit pleinement dans l’esprit du planning stratégique qui a pour finalité de faire émerger des idées tout en croisant des phénomènes (business, sociologiques, pop culturels, créatifs, techno) traités généralement en silo (et que le marketing a surtout tendance à isoler). Or, c’est en ayant une vue plus eco-systèmique/géographique que le planneur arrive à voir le point commun qui permet de changer de perception sur un sujet, une population, une marque. Clarisse nous raconte qu’« un matin, je me suis dit que ça serait super d’avoir un soft qui fonctionne comme notre cerveau et nous permette de cartographier notre chemin de pensée, de visualiser nos raisonnements. »

Le nom n’est pas anodin, il s’inspire du syndrome qui agite l’ensemble des agences et des professionnels du numérique, celui du FOMO (Fear Of Missing Out). De manière réductrice, ce fléau reflète notre crainte d’être passé à côté de quelque chose, que ce soit sur notre Timeline Facebook, notre fil d’actualité Twitter et j’en passe. Pour les victimes de ce syndrome, BETC à donc voulu rappeler que le net ne se résume pas seulement à de l’actualité, c’est aussi de la profondeur et de l’atemporalité.

Avant d’éditer le moindre contenu, tout a commencé par la conception d’un Soft, aujourd’hui déposé sous le nom de Bubblr.  Outre son utilisation pour le webzine, l’agence l’exploite également pour des présentations clients, au détriment d’outils classiques comme Keynote ou Prezi.

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Viennent ensuite les contenus. Après un premier numéro dédié aux icônes de notre temps, les «LOLcats», avec une petite encyclopédie des meilleurs propos et contenus, place à un nouvel épisode, lancé ce mois-ci et baptisé «The Street». Pourquoi un tel choix ? « Parce que ça nous a amusé de démontrer qu’avec un sujet bien réel et tangible, nous pouvions rassembler des sujets hypers variés du digital » explique Clarisse Lacarreau. Pour la suite, un dispositif sur les blondes et un autre sur les hackers sont en cours de préparation…

Faire partie de la pop culture, contribuer, offrir aux gens du temps, des histoires, de la social currency, sont autant de raisons qui ont poussé BETC à lancer cette encyclopédie. Il faut dire aussi qu’être un acteur du digital, ça n’est pas se contenter de faire du Facebook, c’est surtout parler ce nouveau langage. «Avec LOST IN THE DATA nous avons l’impression d’y être parvenu, en parlant un langage ecosystémique vs séquentiel… une chose créative parce que post-moderne qui ne cherche pas forcément à être le nouveau truc jamais vu » poursuit la publicitaire.

Au-delà de l’agence BETC et de son usage professionnel, ce webzine rappelle que la question de la data ou plutôt des datas n’est pas à prendre à la légère, puisqu’on ne peut plus faire comme si cela n’existait pas, c’est trop tard. Et pour les agences comme pour les clients ceux qui sauront en faire une exploitation respectueuse et créative seront les grands gagnants de demain.

Pour conclure je vous invite à découvrir le projet Mission Control de Gatorade, qui illustre parfaitement le potentiel offert par la data à nos marques.

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