Autoriser ou mettre en place un service permettant d’utiliser son téléphone mobile en avion n’est peut-être pas une très bonne idée. En voici les principales raisons.

Les compagnies aériennes se mettent lentement mais sûrement aux services web et numériques pour les passagers et sont de plus en plus nombreuses à proposer un accès à internet dans les avions, principalement sur des vols longs courriers. Même Air France* s’y collerait, c’est dire.

J’ai eu l’occasion de tester cela sur des vols intérieurs aux USA où selon la ligne, la période, et la compagnie on peut même bénéficier d’un accès gratuit moyennant un écran publicitaire proposé par un sponsor. J’ai aussi testé un accès gratuit exclusif à Twitter lors d’un vol court, pour une opération promotionnelle. Pour ce que j’ai pu en tester, cela fonctionne très bien, et le débit est même étonnamment très bon, même s’il y a généralement des restrictions : pas de téléphonie IP, pas de streaming, ou limité.

telephone en avion Pitié, non, pas de téléphone dans les avions !

Internet en avion, c’est bien, car cela ne crée théoriquement pas de nuisance (sauf bien sûr si votre voisin décide de regarder l’intégrale de Luka Rocco Moignonta volume à fond). Mieux, pour ceux qui ont du mal à dormir c’est même une opportunité de continuer à bosser tranquille.

Cela étant, même accro au web, j’ai adopté une philosophie (un peu contrainte par les éléments extérieurs) qui consiste à apprécier d’être complètement déconnecté lorsque je suis en train ou en avion, les deux derniers ilots de paix dans une vie en permanence online. Ce qui permet, au choix, de se reposer réellement, de lire, y compris sur du vrai papier (mais aussi sur son eBook ou sa tablette), de regarder un film ou un podcast, d’écouter (vraiment) de la musique, ou de travailler en profondeur et réellement concentré sur un dossier, ce qui en temps normal est de plus en plus rare ou difficile. Du coup, notamment en TGV, je fais comme en avion : je mets tous mes appareils en mode avion de la première à la dernière seconde de trajet, ce qui au passage économise quelques heures de batterie.

Inernet, d’accord, mais quid du téléphone ? Alors là je dis halte ! Que les compagnies aériennes rendent les appels possibles à 11.000 mètres d’altitude n’est pas seulement une mauvaise idée, c’est la pire nouvelle qui puisse arriver ! Et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, évidemment, la première nuisance qui vient à l’esprit est celle que nous connaissons déjà avec le train, à savoir le relou de service qui raconte sa vie pendant deux heures sur le siège à côté sans même prendre la peine de baisser d’un ton, et encore moins bien sûr de se lever pour déblatérer sur l’une des plateformes réservées à cet effet. L’autre nuisance, liée à la première, sont les sonneries, voire vibreurs, qui retentissent sans arrêt, et de préférence quand vous essayez le petit somme réparateur après vous être levé à quatre heures trente du matin pour prendre le premier tégévé car une grosse journée se profile.

Mais il y a bien plus sournois : dans l’ambiance confinée et parfois – pour certains – un peu paranoïaque d’un long courrier, l’abus de téléphone par certains personnages mal élevés pourrait rapidement tourner à la bataille rangée entre voyageurs, voire avec le personnel de bord, qui sera certainement ravi d’être investi d’une mission supplémentaire de police visant à demander aux bavards de la fermer entre le décollage et l’atterrissage, ou pendant la nuit. Donc une source de conflit supplémentaire qui risquerait bien de venir à bout des nerfs des passagers les plus zen.

Sans parler bien sûr des éventuels comploteurs ou présumés tels : rien de moins rassurant pour les phobiques de l’avion que de voir un type à l’air louche parler discrètement dans son combiné pendant que vous êtes au-dessus de l’Atlantique, alors que si ça se trouve le gars prévient juste sa femme qu’il n’a pas pu mettre le lave-linge en route parce-qu’il n’y avait plus assez de lessive.

Bref, pour toutes ces raisons, et certainement d’autres encore, le téléphone en avion est une très mauvaise idée, et je ne suis vraiment pas pressé de voir cette option débarquer dans le cockpit.

Sauf évidemment pour prévenir ses proches qu’on arrivera très en retard en raison d’un détournement ou d’un crash imminent, mais là, pas besoin d’autorisation ni d’abonnement spécifique.

(*) source

 Pitié, non, pas de téléphone dans les avions !
Fondateur et rédacteur en chef de Presse-citron, Éric est blogueur, éditeur de contenus numériques. Par ailleurs il conseille et accompagne occasionnellement quelques entreprises dans leur développement sur internet.