Se hisser à bord, sentir les éffluves de cuir fin, bien calé dans le confortable baquet Recaro à l’ergonomie légendaire et toujours parfaite, jeter un oeil sur les gros compteurs ronds au design éternel et pourtant tellement moderne, poser ses mains sur le volant habillé de métal, de cuir et de carbone.

Et mettre le contact, puis savourer le ronronnement du flat six, devenu discret et économe à force d’améliorations ?

Non : mettre le contact et… Rien.

Ils ont osé. Ils ont osé produire un prototype de Porsche 911 électrique. Ils ont osé couper les griffes du félin pour satisfaire à la mode et en faire une voiture politiquement correcte.

porsche electrique Porsche 911 électrique : alors là cest vraiment la crise !

Et le forfait viendrait même presque de l’intérieur, puisque c’est Ruf, préparateur historique de Porsche, spécialisé dans les versions de compétition ultra-performantes ou de modèles haut de gamme de la 911 qui s’y est collé, et propose cette 911 powered by EDF. Cela dit la performance mérite d’être soulignée et montre aussi peut-être la tendance : moteur de 204 cv (soit la puissance d’une 911 SC de 1980) alimenté par 96 batteries lithium ion, et le 0 à 100 km/h abattu quand même en moins de 7 secondes, pour une vitesse de pointe de 240 km/h.

Bien sûr il va falloir changer nos comportements, et l’émergence de nouvelles formes de motorisation nous poussera à le faire, que nous le voulions ou pas. Cependant je ne sais pas si les voitures 100% électriques représentent réellement l’avenir et si l’environnement y gagnera vraiment au change. Quid des coûts de production des ces véhicules, et surtout, qu’allons-nous faire de toutes ces batteries une fois qu’elle seront totalement périmées et hors d’usage ? Les enterrer dans notre jardin ? La Porsche 911 électrique par exemple, n’a plus de coffre car les deux réceptacles (avant et arrière) sont remplis par les batteries, et pourtant son autonomie n’est que de 260 kilomètres. Plutôt que laisser le marketing des constructeurs surfer sur la vague de prétendus véhicules non polluants (un non sens, toute énergie requise pour déplacer un objet d’un point A à un point B génère des nuisances pour l’environnement), ne ferait-on pas mieux de publier en toute transparence le bilan environnemental complet et objectif d’une voiture électrique ?

L’histoire montre qu’après une propagande délirante de certains lobbies, puis des pouvoirs publics pour promouvoir une forme d’énergie particulière, il y a ensuite la plupart du temps un reflux dicté par un retour à la raison. Ce fut le cas pour le fameux tout nucléaire, tant décrié par la suite. Nous assistons à la même tendance avec les éoliennes, qui commencent à voir se dresser contre elles de nombreuses associations… y compris écologistes. Gageons qu’il en sera de même dans quelques années, où la pollution induite générée par un parc de millions de voitures électriques risquerait bien de nous faire regretter le bon vieux temps du pétrole (même si il est clair que le passage à d’autres énergies n’est pas dicté que par des préoccupations écologiques mais par une future pénurie des énergies fossiles).

Mais une Porsche 911 électrique, vous vous rendez compte ? Autant vendre du Château-Pétrus 1967 en briques et le boire dans un gobelet plastique. Pouah !