Portraits de technomades : Kalagan

Ils se surnomment « technomades » ou « digital nomades ». Une catégorie qui tire profit de l’avantage que procure internet pour être mobile. Je vous présente aujourd’hui Kalagan, voyageur et administrateur du blog www.kalagan.fr. Depuis bientôt un an, ce webmaster indépendant voyage en France, en Europe, en Afrique, et s’apprête à entamer son tour du monde tout en travaillant sur Internet.

Interview réalisée par Fabrice, du blog Instinct Voyageur[1]

Ils se surnomment « technomades » ou « digital nomades ». Une catégorie qui tire profit de l’avantage que procure internet pour être mobile. Je vous présente aujourd’hui Kalagan, voyageur et administrateur du blog www.kalagan.fr. Depuis bientôt un an, ce webmaster indépendant voyage en France, en Europe, en Afrique, et s’apprête à entamer son tour du monde tout en travaillant sur Internet.

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Sur une pirogue, dans la jungle camerounaise

Pourrais-tu te présenter ?

« Bien joué Kalagan !!! » me disait-on à la FAC lorsque je résolvais un problème informatique. Un surnom était né … Après un parcours Master II E-Services en faculté, une expérience dans une start-up, puis dans une grosse société d’informatique, je décidais de me mettre à mon compte et de travailler sur mes propres sites internet. Webmaster de formation, j’ai toujours eu un goût prononcé pour le voyage, pour la simplicité volontaire et les astuces de « vie pas chère ».

D’où t’est venue l’idée de devenir technomade ? Quelles ont été les différentes étapes ?

C’est en parcourant le Cameroun pendant 2 semaines que m’est venu l’idée de donner une place plus importante au voyage dans ma vie. Le dépaysement, le soleil, les paysages, les différences de culture et le coût de la vie m’ont tellement éloigné de la routine quotidienne qu’une envie m’est venue : voyager un peu partout dans le monde et travailler sur Internet. Je découvrais sans le savoir que j’aspirais à devenir un nomade digital. Quelques temps plus tard, je lisais sur blog de Corinne, Vie Nomade, qu’il existait des professionnels du web qui travaillaient sur Internet, tout en voyageant. Je me fixais alors un nouvel objectif de vie : devenir technomade.

Quels services internet utilises-tu le plus pour t’aider dans ce mode de vie ?

Je ne peux pas vous cacher que je suis un grand utilisateur des services de Google, à la fois pour leur efficacité, leur gratuité et pour l’accessibilité des données grâce à Internet. Aujourd’hui, je ne pourrais plus me passer de Gmail, de Google Docs, Google Agenda ou Google Chrome. Par ailleurs, j’utilise des services en ligne comme XMarks, pour synchroniser mes bookmarks, Dropbox pour sauvegarder mes données importantes ou bien Boursorama pour gérer mes comptes en ligne. J’utilise aussi une panoplie de sites internet pour préparer mes voyages, notamment pour le transport et l’hébergement : Matrix Airsafe Search, Kayak, Covoiturage.fr, Appartager.com, hihostels.com…

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Lac Bunyonyi, en Ouganda

Comment organises-tu tes journées ?

Une règle essentielle, sûrement valable pour tous les entrepreneurs, et encore plus pour les technomades : se lever de bonne heure ! Je travaille tous les matins de la semaine, au plus tard à partir de 8 heures (je m’exerce d’ailleurs à commencer plus tôt), et m’arrête en fin d’après-midi, pour mes activités personnelles. Bien sûr, en tant qu’indépendant, je suis très flexible et je peux me permettre de diminuer la cadence, de travailler de temps à autres le week-end ou de prendre un congé de quelques jours.

L’avantage d’être indépendant…Quelle part consacres-tu à la logistique du voyage ? Préparation etc…

Je me suis fixé une règle sur la durée de mes longs séjours : restez environ 3 mois au même endroit. Ainsi, je peux vraiment découvrir les régions que je visite, leurs « immanquables » et y nouer de vraies relations avec les personnes que j’y croise. Je ne passe évidemment pas autant de temps de préparation pour un voyage de quelques jours que pour un voyage de plusieurs semaines ou plusieurs mois. En général, rien ne vaut un bon guide du routard ou bien un petit futé.

Dans les pays où tu as voyagé, est-ce difficile de trouver une bonne connexion ?

Lorsque je me suis rendu dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, trouver une connexion internet aussi rapide qu’en France tenait de la mission impossible. Dans un cyber café de Gitega, seconde plus grande ville du Burundi,  j’avais calculé que la connexion était 2 fois moins rapide qu’en France en 1998. Je suis d’ailleurs à la recherche d’un outil ou service web qui renseigne de la qualité des connexions par ville ou par pays.

En effet, un tel outil serait utile ! Comment es-tu arrivé à travailler en Afrique dans de bonnes conditions ? Je connais l’Afrique de l’Ouest et ses connexions lentes….Il y a en effet des lieux, des pays où cela est bien plus difficile. Ce qui limite la liberté géographique des digital nomade tant vanté par certains.

Je considère mes voyages en Afrique plutôt comme des vacances. J’ai l’avantage d’avoir un associé en France qui peut gérer les cas de force majeur (plantage de serveurs, sites internet KO, proposition importante de partenariats, …). Cependant, pour mon éventuel prochain voyage d’un mois au Malawi, je pense travailler sur des sujets qui ne nécessitent pas constamment internet comme le développement web en local ou l’écriture d’un e-book.

Qu’emportes-tu avec toi comme matériel ?

Je m’exerce à être de plus en plus léger en biens et devrais bientôt passer sous la barre des 100 objets. Mes affaires se résument à un grand sac à dos de randonnée, et une grosse valise. Pour gérer mes activités sur Internet, je dispose d’un PC portable, d’une bonne souris sans fil Logitech, d’un tapis de souris pour la précision, d’un bloc-notes et d’un bon classeur ergonomique de comptable pour mettre certaines paperasses administratives.

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Les bagages d’un nomade digital

Quelles sont les plus grandes difficultés d’un digital nomade ?

La première difficulté évidemment est de pouvoir générer un revenu stable grâce à ses activités sur Internet. C’est un travail d’entrepreneur de longue haleine qui demande du temps et des efforts. Il faut aussi apprendre à passer beaucoup de temps seul devant son ordinateur et conserver sa motivation au quotidien. Les autres difficultés sociales liées à la nature même du nomadisme ne sont rien face à tous les avantages que ce mode de vie procure.

Croises-tu beaucoup de digital nomades comme toi sur la route ?

J’ai beaucoup d’amis qui partagent avec moi l’amour du voyage et de la simplicité volontaire, et quelques-uns qui se lancent dans ce mode de vie. Je n’en suis qu’au début de cette aventure. J’ai rencontré beaucoup de voyageurs, d’expatriés, de routards et de globe-trotters, mais les rencontres avec des technomades restent encore virtuelles. Une de mes prochaines destinations sera l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. Peut-être qu’on s’y rencontrera !

J’espère, tiens moi au courant ! Merci pour avoir donné de ton temps !

Retrouvez Kalagan sur son blog : www.kalagan.fr


[1]Fabrice a fait plusieurs voyages au long cours. Il est cette fois-ci en Amérique du Sud pour plus d’un an. Il raconte ses voyages sur son blog Instinct Voyageur. Un blog qui lui permet de financer sa passion. Vous y trouverez interviews, réflexions, conseils pratiques et bons plans. Il y offre aussi Le Manifeste du Voyageur, un ouvrage de réflexions sur les voyages et la vie nomade.

11 commentaires

  1. Marc

    J’adhère complétement à la philosophie de Kalagan! Travailler tout en étant libre de ses mouvements et aller ou bon nous semble sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit! :)

  2. C’est clair, vive l’internet, cette technologie de notre génération qui nous permet de bosser en toute liberté :)

    Sympa ce portrait

  3. Kalagan

    Merci Fabrice pour cet interview.

    C’est marrant que tu parles ici de minimalisme, je suis en train d’y consacrer un article. La photo que j’ai prise de toutes mes affaires m’a donné envie de les lister, pour défier ceux qui vivent avec moins de 100 objets :)

    Concernant les connexions internet, j’ai trouvé une première piste sur Presse-Citron :
    http://www.presse-citron.net/l.....s-le-monde

    @+

  4. Pingback: Portraits de technomades : Yann, blog-trotter en devenir

  5. merci pour ce retour d’expérience moi qui voyage beaucoup je me reconnais un peu la dedans. Durant mes voyages je bosse aussi, je n’ai pas les mêmes problèmes car je ne voyage pas autant dans l’année.
    Je vois que la légèreté est aussi un problème pour Kalagan. Apparemment ils voyage surtout dans des pays chauds donc au niveau des affaires c’est plus facile que dans des pays froids où il faut plus de matos.

  6. Je te suis tout a fait par rapport au minimalisme.
    Je sais pas si ca peut t’intéresser mais je fais parti des gens qui voyage avec un sac de 35L pour 1 mois. Si tu veux partager n’hésite pas.

  7. Kalagan

    @Mindeez
    Je viens de rajouter ton blog dans mes flux RSS.

    je viens de me taper une canicule de 45°C dan sle sud de la France, ça m’a donné envie de découvrir les pays nordiques.

    C’est pas encore au programme, mais des destinations comme le Groenland, ou les pays scandinaves me font donne bien envie.

  8. Pingback: Portraits de technomades | Instinct Voyageur

  9. Le nombre d’objets est importants, mais le poids (et parfois le volume) ets primordiale de mon point de vue.
    Le plus lourd est généralement le papier, il faut pouvoir travailler de façon dématérialisée avec les clients, ce qui peu être difficilement acceptable pour certains.

Lire les articles précédents :
Secrets de mobile, épisode 20 : Felix Marquardt, des Dîners de l’Atlantique

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