Pourquoi internet est moins américain depuis ce week-end

L’ICANN, l’organisation qui distribue les adresses et les numéros d’internet, n’est plus sous l’autorité du gouvernement américain.

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L’information est presque passée inaperçue. Pourtant, depuis ce week-end, internet est devenu moins américain. Et c’est presque une révolution pour le numérique.

En effet, l’ICANN, l’organisation qui se charge de l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet, est devenue une « entité internationale autorégulée et à but non lucratif ». Avant la transition qui a eu lieu le 1er octobre, cette organisation « responsable de la sécurité, la stabilité et la coordination mondiale du système d’identificateurs uniques de l’Internet » était sous le contrôle du département américain du Commerce.

Pour l’ICANN, le nouveau modèle de gouvernance « est le meilleure moyen d’assurer que l’internet de demain demeure libre, ouvert et accessible ». Mais concrètement, qu’est-ce-qui change ? Mathieu Weil, qui dirige l’Afnic (qui gère les noms de domaine de la France), résume la situation, cité par Le Monde : « Jusqu’à présent, quand nous prenions une décision concernant notre domaine .fr, nous avions besoin du tampon des Etats-Unis pour la valider. Pour nous, c’était une souffrance symbolique. »

D’ailleurs, il est à noter que l’ICANN n’était pas destinée à rester sous tutelle américaine. En effet, dès 1998, les Etats-Unis ont promis de lâcher son emprise. Et aujourd’hui, c’est enfin chose faite.

Après, il faut savoir qu’au niveau des utilisateurs, rien ne va vraiment changer, signale l’ICANN. Ceux qui s’inquiètent vraiment de ce changement de statut, ce sont les républicains américains, comme l’ancien candidat aux présidentielles Ted Cruz, qui voit dans l’ICANN « une structure de gouvernance byzantine conçue pour brouiller les lignes de responsabilités ». D’autres craignent que des gouvernements totalitaires profitent de la nouvelle gouvernance pour avoir plus d’emprise sur le net.

En France, Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat au Numérique, a également exprimé son inquiétude car pour elle, la nouvelle gouvernance pourrait avoir comme conséquence « de marginaliser les Etats dans les processus de décision ». En effet, la France voulait que l’ICANN devienne une agence des Nations Unies.

Mais l’esprit de cette nouvelle gouvernance, du moins telle qu’elle a été promise en 1998, est « qu’Internet pouvait et devrait être gouverné par tous ceux qui participent à sa croissance continue », comme l’explique Kent Walker, un vice-président de Google.

(Sources : 1 / 2 )


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