Pourquoi le modèle de l’Accélérateur fonctionne pour aider les start-ups ?

Découverte de l’Accélérateur, une structure d’accompagnement aussi discret qu’efficace pour aider les start-ups.

L’Accélérateur existe depuis aussi longtemps que Presse-Citron parle de start-ups (le rendez-vous Start-up de la Semaine date de Septembre 2011, l’Accélérateur de début 2012). Et pourtant, nous n’avions jamais eu l’occasion de les rencontrer et prendre le temps de connaître cet organisme déjà bien connu du milieu start-up.

Juan Hernandez, co-fondateur de l’Accélérateur, nous reçoit dans leurs locaux parisiens, entre la Bourse et de l’Opéra. Il a une idée bien précise concernant la raison de cette absence de contact en 2 ans : le manque de temps.

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La genèse de l’Accélérateur

Quelques semaines après l’annonce de l’ouverture de la structure, 150 start-ups avaient déjà candidaté. Le temps de les rencontrer, de sélectionner les start-ups de la première promo, que l’accompagnement des entrepreneurs commençait déjà. Les 3 co-fondateurs n’ont ainsi jamais pris le temps de rencontrer la presse de manière pro-active (jusqu’à maintenant), privilégiant la tâche la plus importante sur leur agenda depuis : accompagner les start-ups.

Cette activité qui occupe tout leur temps aujourd’hui n’est pourtant pas une découverte pour les 3 hommes. En effet, autant Juan Hernandez, que Michel de Guilhermier ou Jonathan Lascar passaient déjà énormément de temps à aider des entrepreneurs autour d’eux.

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Michel de Guilhermier, 52 ans, a fondé ou racheté une douzaine de boîtes, dont Photoways (aujourd’hui n°1 du développement photo sur internet) après un passé chez Bain & Cie ou Pepsi.

Juan Hernandez, 44 ans, a également fondé une douzaine de boîtes, après un démarrage chez Lagardère où il avait été voir Arnaud Lagardère pour lui proposer de démarrer les activités digitales début 1995 (devenu Lagardère Active et Club Internet).

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Jonathan Lascar, 30 ans, est passé par Accenture avant de créer plusieurs entreprises, dont un cabinet en conseils en levée de fonds.

Ils étaient tous 3 dans la transmission de leurs connaissances, animés par la passion de l’entrepreneuriat et prêts à aider bénévolement quand ils pouvaient.

Mais ils se sont retrouvés fin 2011 avec une disponibilité commune à un instant « t » et le questionnement suivant : « est-ce que l’on en ferait pas un métier ? »

Inspirés par le YCombinator aux Etats-Unis, les 3 hommes réfléchirent à comment adapter cette « formule » à la spécificité du marché et à la culture française. L’Accélérateur sera leur réponse à ce questionnement.

La suite, on la connaît. Un appel à projets, 150 candidatures, et ils se retrouvèrent très vite pris par le rythme intense de l’accompagnement.

Ils se sont alors mis à rencontrer des start-ups récemment créées, des entrepreneurs qui souhaitaient passer à l’acte, ainsi que des entreprises déjà lancées depuis plusieurs années mais face à un nouveau challenge de croissance.

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La réussite comme seule alternative

L’Accélérateur est une structure privée, qui a donc une vocation économique.

« Cela peut paraître être une évidence, mais c’est important pour comprendre le fonctionnement de l’Accélérateur, m’explique Juan Hernandez. Parce que quand nous aidions des start-ups de manière bénévole, nous avions évidemment envie de les voir réussir, mais si ce n’était pas le cas… cela ne changeait pas notre vie. Aujourd’hui, la réussite de l’Accélérateur est liée à la réussite de nos start-ups ».

En effet, le seul moyen de rémunération des 3 hommes, c’est de mettre un peu d’argent dans chacune des boîtes pour prendre des parts (en moyenne autour de 10%). L’Accélérateur est ainsi également un fond d’amorçage, capable de mettre les 100, 200 ou 300 premiers milliers d’euros pour permettre le début de l’activité. Ils s’assurent ensuite la rentabilité de ces investissements en réalisant un accompagnement intense et sur mesure pour chacune de ces boîtes. Pas de workshop chez l’Accélérateur, mais un du 1-to-1 sur la durée, persuadé qu’une accélération de 3 mois ne va pas suffire pour faire décoller une start-up.

Ils vont cependant fonctionner sous la forme de promotions dans le but de séquencer les appels à projets et événementialiser leur agenda avec un début, la sélection, un déroulé et une fin, le démo day. Cet événement final est décrit comme « le grand oral pour les start-ups », l’occasion de pitcher devant 150 investisseurs (aussi bien business angels que fonds).

Deux ans et demi après son lancement, l’Accélérateur annonce avoir accompagné 60 start-ups, avoir réalisé 51 prises de participation pour un porte-feuille de start-ups d’une valeur de 30 millions d’euros (simplement pour les 7 start-ups de la promotion 1).

Un rôle de « co-bâtisseur »

Pourquoi le modèle de l’Accélérateur fonctionne ? Il y a de nombreuses réponses à cette question. Cela pourrait être la vision long termiste de ses fondateurs, qui plantent des graines qui ne donneront des fruits que dans 5-6 ans… ce qui requiert évidemment d’avoir les moyens de tenir. Mais l’une des forces du modèle, sans équivoque, c’est le rôle privilégié de Michel, Juan et Jonathan dans ces boîtes.

Ils ne sont pas que conseillers, investisseurs ou mentors. Ils ont véritablement le rôle d’un fondateur supplémentaire. Ils investissent du temps, de l’argent, de l’énergie, pour aider la start-up à grandir.

Un sentiment de confiance émerge et les entrepreneurs sont alors prêts à confier leurs peurs, leurs doutes.

« Il est complexe d’expliquer à ses investisseurs que l’on est train de se viander, lance Juan. Nous, nous sommes du même côté de la table et ils savent qu’ils peuvent exposer leurs problèmes. Il y a un côté bienveillant dans la démarche. »


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