Je suis un informaticien (comprendre utilisateur de l’informatique comme outil de production) moyen, très moyen. De ceux qui ont débuté sur Mac, puis appris le B-A BA du développement avec Windows et le web avec le bloc-notes et Dreamweaver, et des outils dits « grand public », et il est clair que et je ne passe pas

Je suis un informaticien (comprendre utilisateur de l’informatique comme outil de production) moyen, très moyen. De ceux qui ont débuté sur Mac, puis appris le B-A BA du développement avec Windows et le web avec le bloc-notes et Dreamweaver, et des outils dits « grand public », et il est clair que et je ne passe pas mes nuits à taper du code just for the fun of it.
Vous voyez le genre.
Bien sûr ceci m’incite à une certaine modestie et à une grande prudence dans mes opinions car l’informatique reste encore un grand mystère pour moi, même si c’est aussi devenu une passion.
A ce titre je crois ne faire partie d’aucune secte, et je m’en garde bien.
C’est pour ces raisons que je suis assez souvent effaré par l’attitude parfois hermétique, et pour tout dire assez prétentieuse arrogante des tenants de la Grande Confrérie du logiciel libre et de l’Open Source réunis.
Je n’ai rien contre tout cela (la question ne se pose pas en ces termes d’ailleurs : être contre quoi ?), je pense même que tout ce qui peut aiguillonner un peu les grands groupes et générer un peu de concurrence ne peut qu’être bénéfique à tous. J’utilise moi-même des scripts Open source et libres (Dotclear pour ce blog et Mambo Joomla pour le reste) et je bénis tous les matins en me levant les esprits éclairés qui ont pondu ces merveilles gratuites (mais bon sang de quoi ils vivent ? Je ne comprendrai jamais ce bénévolat).
On sait que dans le milieu la communauté, Microsoft n’a pas bonne presse et je m’en fous. Mais ce que j’ai quand même du mal à comprendre c’est cet acharnement haineux qui se déchaîne au moindre fait et geste du géant de Redmond. Je pense que cette attitude ne sert pas ceux qui défendent l’alternative Open Source, en les faisant passer au mieux pour des fanatiques, au pire pour des imbéciles vaniteux. Cette lettre adressée par un certain Eric S. Raymond (très connu sur son palier) en est l’un des derniers exemples. Les termes employés à l’encontre de Microsoft y sont d’une rare violence (« Le jour, dont j’espère qu’il n’est pas trop lointain, où je pisserai sur la tombe de Microsoft… »). Et vous savez ce qui motive cette saillie haineuse ? Tout simplement une proposition d’embauche de la part de Microsoft, voui voui… Qu’est-ce qui justifie une telle hargne ? Le plus affligeant dans l’affaire c’est la vitesse avec laquelle les zélateurs du S. Raymond ont repris le truc sans aucune distance, sans aucun esprit critique, comme des bons petits soldats bien disciplinés, faisant du gars le nouveau héros de la rébellion anti-Microsoft. Le Ché Guevarra de la ligne de commande. Quel courage ! Pourtant, si j’étais à la place du génie qui a pondu ça, je serais plutôt satisfait de l’existence de Microsoft, puisque sans Windows je n’aurais jamais pu exercer mes talents et devenir une starlette de chez Linux.
C’est marrant cette propension naturelle de l’humain à se créer ses chapelles là où elles n’existent pas et n’ont pas raison d’être. Eriger un système d’exploitation informatique en idéologie et s’étriper pour quelques lignes de code, faut vraiment n’avoir que ça à foutre !
Mais bon en même temps ça a toujours existé, dans tous les domaines. Ca me rappelle les guéguerres de motards : quand je roulais en Honda, ça sentait le lynchage dès que je dépassais frôlais une Yamaha…
En tout cas ce n’est pas comme cela que Linux va sortir de son ornière de système pour geeks acnéiques post-pubères. Mais après tout le veulent-ils vraiment ?

PS : je préviens tout de suite comme ça ce sera fait : je n’ai d’action chez personne.

EDIT du 14/09 : à la lumière des commentaires déposés au sujet de cette note (merci, ils sont instructifs et modérés), j’en ai appris beaucoup plus, notamment sur le personnage cité (Eric S. Raymond), et je me demande si effectivement je n’aurais pas dû plutôt intituler le billet « Le Le Pen Rambo de la ligne de commande »…

 Le Che Guevarra de la ligne de commande
Fondateur et rédacteur en chef de Presse-citron, Éric est blogueur, éditeur de contenus numériques. Par ailleurs il conseille et accompagne occasionnellement quelques entreprises dans leur développement sur internet.