Une affaire dont on a peu parlé ici secoue le petit monde de l’industrie du web et de la high-tech au coeur de la Silicon Valley : selon plusieurs blogs américains, une enquête du Département de la Justice de Californie aurait mis à jour une entente illicite entre des entreprises comme Adobe, Apple, Google, Intel, Intuit, Lucasfilm, ou encore Pixar.

Une affaire dont on a peu parlé ici secoue le petit monde de l’industrie du web et de la high-tech au coeur de la Silicon Valley : selon plusieurs blogs américains, une enquête du Département de la Justice de Californie aurait mis à jour une entente illicite entre des entreprises comme Adobe, Apple, Google, Intel, Intuit, Lucasfilm, ou encore Pixar.

employee Quand il sagit de faire baisser les salaires, les géants de la Silicon Valley savent sentendre

Une entente illicite ? Comme entre les opérateurs téléphoniques chez nous, pour maintenir un « tarif unique » si possible le plus élevé possible ? Non, non. Un autre genre d’entente illicite, à la mode Silicon Valley, soit une sorte de pacte de non-agression entre concurrents, qui selon l’enquête, serait fondée sur trois « engagements » :

1.  Ne pas débaucher un salarié d’une autre entreprise du pacte

2.  Si un salarié postule chez soi, prévenir l’entreprise chez qui il est actuellement en poste… mais sans le dire au salarié

3. Plafonner les salaires proposés au niveau du salaire actuel dans l’autre entreprise afin de stopper la surenchère

L’affaire n’est pas totalement nouvelle puisque le Département de la Justice américain enquête depuis 2010, et que les professionnels visés par cette « conspiration » avaient déjà entamé une action collective en justice au printemps 2011. Les entreprises concernées s’étaient engagées en septembre dernier à renoncer à ces méthodes en échange d’un abandon des éventuelles poursuites, sans jamais reconnaître explicitement y avoir recouru, ni le préjudice qu’elles pouvaient entraîner auprès des salariés.

S’entendre pour plafonner les salaires ? S’il n’y a probablement rien de répréhensible dans cette démarche tant qu’elle est tacite, c’est le fait qu’elle ait selon toute vraisemblance fait l’objet d’un gentleman agrement, et surtout à l’insu et dans le dos des salariés.

Inflation des salaires

Et d’ailleurs la plainte est toujours en cours, demandant des dommages et intérêts pour tous les salariés ayant travaillé chez une des sociétés concernées entre 2006 et 2010. Le dossier au civil sera examiné à partir du 26 janvier par un juge de San Jose.

Cette polémique n’est pas née par hasard : elle concerne principalement les ingénieurs et développeurs de la Silicon Valley, dont les salaires se sont envolés au cours des dernières années. Selon une étude de Dice rapportée par le Wall Street Journal, le salaire moyen pour un ingénieur informatique (un terme très large qui va du spécialiste en technologies de serveurs au développeur web en passant par le graphiste en jeux vidéo, entre autres) dans la région a dépassé les 100.000 dollars annuels (76.000 euros)[1]. Une inflation généralisée qui s’explique aussi par le coût de la vie et notamment des loyers dans la région.

[1] ce qui fait 6333 euros par mois. Si c’est du brut, et même si les charges sont moins élevées aux USA, vu comme ça les salaires ne sont pas aussi délirants que cela. Un ingénieur informatique ou développeur qualifié dans une belle boîte tech française peut prétendre à 60.000 euros annuels, comme l’indique par exemple cette étude sur les salaires des métiers du web en France publiée par FrenchWeb.

Sources :

Image : ‘Bill Gates‘ – Flickr CC

 Quand il sagit de faire baisser les salaires, les géants de la Silicon Valley savent sentendre
Fondateur et rédacteur en chef de Presse-citron, Éric est blogueur, éditeur de contenus numériques. Par ailleurs il conseille et accompagne occasionnellement quelques entreprises dans leur développement sur internet.