Depuis l’arrivée de l’internet haut débit dans nos foyers et nos entreprises, la masse de données produites ne cesse d’augmenter. Chaque jour, plus de 100 milliards d’e-mails sont envoyés à travers le monde, quelques 3 milliards de contenus (photos, jeux, vidéos, textes, etc.) sont partagés sur Facebook et 140 millions de tweets postés sur Twitter.Cette

Depuis l’arrivée de l’internet haut débit dans nos foyers et nos entreprises, la masse de données produites ne cesse d’augmenter. Chaque jour, plus de 100 milliards d’e-mails sont envoyés à travers le monde, quelques 3 milliards de contenus (photos, jeux, vidéos, textes, etc.) sont partagés sur Facebook et 140 millions de tweets postés sur Twitter.Cette accélération est le résultat d’un changement profond dans nos habitudes de consommation et de communication.

Principal acteur de cette mutation sociale, Facebook est parvenu depuis quelques années déjà, à réinventer notre façon d’entretenir nos relations et donc de communiquer. Twitter quant à lui, est allez plus loin en révolutionnant notre manière de consommer la Télévision, ce qui permet à cette dernière de battre des records d’audience, alors qu’on l’annonçait mourante. Le site de microblogging qui a rapidement pris ses marques auprès de blogueurs, publicitaires, journalistes et des artistes, est donc aujourd’hui investi par le grand public. A l’heure du multitasking, cet outil est passé du bureau de quelques adeptes au salon de nombreux téléspectateurs. Une aubaine pour les majors de la Télévision, alors que les constructeurs ne parviennent pas à imposer leurs smart TV.

En France, on compte 10 millions de twittos, parmi lesquels 40% diffusent des messages concernant le sujet d’émissions télévisées. Par exemple, 307 000 utilisateurs ont tweeté sur Secret Story cet été. L’émission a par ailleurs drainé a elle seule plus de 13% de tweets sur la TV depuis le début de l’année (30 millions de tweets, dont 4.1 pour le hashtag #SS). Le premier épisode de «Qui Veut Epouser Mon Fils» a quant à lui généré un peu plus de 6 000 tweets en 2010, celui de la dernière saison, 250 000 tweets, soit une hausse 3000%. Force est de constaté que les conversations sur Twitter ne cesse d’augmenter et que l’effet viral porté par celui-ci est devenu indispensable pour la survie de certains programmes.

SOCIAL TV PRESSE CITRON Quand la twittosphère redore le blason de la télévision

Le constat est le même outre-Atlantique, puisque 1/4 des jeunes entre 15 et 25 ans allument leur télévision après avoir découvert un message sur les réseaux sociaux. « Les chaines vous diront que Twitter a besoin d’elles, mais je pense qu’elles ont plus besoin de Twitter qu’elles ne le pensent » assure Thomas Landspurg, fondateur de TVtweet.

La naissance d’un nouvel écosystème

Jamais nous n’avons laissé autant de traces de nos modes de consommation et plus largement de nos modes de vie. Mais, pour que la multiplication d’informations ne tue pas l’information, ce fabuleux gisement doit être géré à l’aide d’outils de business intelligence, qui permettent aux Chaînes de dégager des tendances et de réaliser des prédictions.

Ce n’est pas une nouveauté, car des acteurs comme Médiamétrie mesure déjà les audiences depuis des années. Cependant les avancées technologiques du domaine de la Big Data (le traitement d’un nombre important de données) nous permettent désormais d’exploiter bien plus de données qu’avant. La différence majeure avec la mesure d’audience classique qui se fait sur un panel de spectateurs, vient du fait que les nouveaux outils se basent sur l’activité réelle. D’où une plus grande précision. L’exploitation de Twitter (principalement) offre donc un gisement inépuisable d’informations sur les comportements des utilisateurs, ce qui ouvre la porte à de nombreuses utilisations pour les médias et les annonceurs.

Les solutions d’analytics destinées à mesurer le succès des programmes TV au travers des médias sociaux commencent naturellement à trouver leur place. Les principaux acteurs sont américains, à l’image de Trendrr et BlueFinLabs, mais nous bénéficions aussi de spécialistes locaux comme Mesagraph, SocialGuide, (racheté par Nielsen, ce qui confirme l’importance stratégique de ce domaine) et TVtweet.

« Initialement, l’objectif était de faire une application pour un besoin personnel afin de mesurer ce qui buzzait, un soir où il n’y avait rien à la télévision. De fil en aiguille, la partie serveur de l’application est devenue plus intéressante, d’où la naissance du site TVtweet » nous raconte Thomas Landspurg, son fondateur. La finalité de cette société est aujourd’hui de décrypter les conversations et tendances  nées sur les réseaux sociaux pour les revendre ensuite aux chaînes de TV et aux producteurs. TVtweet fourni également des API et des outils permettant d’animer les émissions ou les sites/applications associées, grâce à Twitter. A noter que la société a rapidement conquis quelques majors comme Orange et NRJ12.

La question est maintenant de savoir comment monétiser ce nouveau pétrole du côté des réseaux sociaux. Concernant Twitter, les tweets promotionnels ont fait office de première forme de monétisation. Ainsi des annonceurs ont décidé de mettre en avant leur propre tweets, d’autres comme Old Spice ou Toyota préfèrent payer des célébrités davantage écoutées par la twittosphère. C’est le cas de Kim Kardashian qui a touché 10 000$ pour 140 petits caractères, mais aussi de Snoop Dogg qui a monétisé l’un de ses tweets 8 000$. Le meilleur négociateur reste Charlie Sheen qui a empoché 50 000$ pour promouvoir Internship.com, en sachant que son tweet a généré 500 000 clics, dont 90 000 en moins d’une heure.

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Concernant les chaines de TV, l’approche est plus délicate puisque le retour sur investissement est indirect. Les réseaux sociaux permettent de mieux connaitre la réaction du public, mais aussi de les attirer vers des programmes qui eux leur rapporteront de l’argent.

Si certaines de ces possibilités visent à enrichir le contenu délivré, d’autres font penser à Big Brother. La première et probablement la plus importante, est le respect de la vie privée. « Il semble primordial de prendre des précautions et de ne pas dépasser certaines limites. » Les utilisateurs, sans s’en rendre compte, laissent de nombreuses données sur les réseaux sociaux. Typiquement les sociétés d’analyses de données les utilisent pour mieux comprendre les utilisateurs, mais il ne faut pas que ceux-ci se sentent traqués. « Nous faisons extrêmement attention a ces aspects-là » rajoute Thomas Landspurg.

C’est particulièrement le cas en France, mais aussi dans d’autres pays Européens qui intéressent par ailleurs notre web entrepreneur. « Nous monitorons plusieurs pays européens et l’Espagne me semble le plus prometteur à court terme. Les records en Espagne sur « La Voz », l’équivalent Espagnol de « The Voice » sont proches de ceux qu’on peut avoir en France. La social TV est en train de prendre de l’ampleur dans toute l’Europe ce qui en fait désormais une réalité et non plus une tendance. » 

On retiendra 2012 comme l’année qui a propulsé en avant le réseau social Twitter. La question est maintenant de savoir si cette ascension se poursuivra en 2013. En tout cas, si l’on se base sur les audiences de ces dernières semaines, rien ne devrait freiner les ambitions du principal acteur de la Social TV.