Quand Universal censure à tout-va sur Youtube… C’est l’Hebdo Musique & Web

Universal Music gagne de plus en plus de terrain quant à la censure de vidéos sur Youtube, même quand ces dernières ne semblent pas violer les lois sur les droits d’auteur… Universal VS Youtube, un bras de fer gagné d’avance ?

Cela fait déjà un certain nombre d’années que les ayants droit se battent pour garder la main mise sur leur contenu en ligne. Pas facile tant les plateformes de partage de médias (Youtube, Facebook, Dailymotion,…) sont utilisées à tord et à travers par les internautes. C’est aussi pourquoi la politique de ces plateformes s’est largement renforcée en matière de droits d’auteur ces derniers temps. Il faut dire que les accords commerciaux signés avec les majors et autres boîtes de production ont favorisé cette tendance.

Youtube a ainsi développé son logiciel Content ID comparant les vidéos uploadées avec une base de vidéos protégées. Ainsi, il n’est pas rare de voir sa vidéo censurée dès son chargement sur le site de streaming, et pourtant… cela ne relève pas forcément de la violation de droits. Selon TorrentFreak, c’est ce qui est arrivé notamment à John McKelvey, un critique américain.

Source: TorrentFreak

Alors même que John publiait sur Youtube une de ses critiques illustrée d’un court extrait d’une chanson du groupe hip hop Eric B. & Rakim – appartenant au catalogue d’Universal – la vidéo a été immédiatemment reconnue comme violant les droits de la major par le fameux logiciel Content ID.

Qui a dit abusif ? En effet, il ne s’agissait là que d’un commentaire critique sur un support musical (qui plus est diffusé en qualité dégradée) et non d’une quelconque violation aux droits d’auteur. John est alors dans son « fair use » selon les lois DMCA en vigueur aux Etats-Unis. Ce pourquoi il a fait appel de la décision prise par Youtube. Le critique américain n’avait nulle envie que sa vidéo connaisse le même sort que celle à la gloire de MegaUpload, censurée dès sa sortie en 2009, alors que la maison de disques n’avait aucun droit d’auteur ou droit voisin à faire valoir sur la vidéo en question.

Cependant, 11 jours plus tard, John recevait une réponse négative de la part de Youtube, lui indiquant qu’Universal restait sur sa position.

YouTube a une obligation contractuelle envers cet ayant droits spécifique, qui nous interdit de remettre les vidéos dans de telles circonstances

L’utilisateur a vu sa vidéo définitivement supprimée et ce, sans pouvoir d’avantage se justifier auprès de la major ou du site.

Numerama fait d’ailleurs état de la mise à jour récente – le 2 avril dernier – des conditions relevant des vidéos « supprimées ou bloquées en raison des obligations contractuelles de YouTube« . En lisant ces conditions, on comprend mieux cette position de force des (gros) ayants droit sur la plateforme Youtube :

YouTube a conclu un accord avec certains titulaires de droits d’auteur nous autorisant à utiliser leurs enregistrements audio et leurs compositions musicales.
En échange, certains de ces titulaires de droits d’auteur nous demandent de suivre des processus spécifiques pour gérer les vidéos contenant leurs enregistrements audio et/ou leurs compositions musicales sur YouTube. En vertu de ces accords, ces propriétaires peuvent nous demander de supprimer certaines vidéos de notre site, de bloquer d’autres vidéos dans certains pays, ou d’empêcher la réactivation de vidéos spécifiques suite à une notification de contestation. Dans certains cas, cela signifie que les appels relatifs à Content ID et/ou les processus de notification de contestation ne seront pas disponibles.

En bref, la neutralité sur Internet en prend un sacré coup. Même s’il est essentiel de préserver les droits d’auteur, nous sommes ici dans un cas d’école : quand la « liberté » contractuelle dépasse la liberté d’expression.
On espère que Youtube arrivera à trouver le juste milieu entre intérêts commerciaux et respect des intérêts sociétales dans les années à venir. Et ce n’est pas gagné…

Sources : Numerama & TorrentFreak


11 commentaires

  1. J’ai eut le même coup, mais en pire.

    J’ai filmé mon fils en train de jouer avec un de ses cadeaux d’anniversaire. Dans le champ de la caméra, il y avait la TV. J’ai donc filmé cette dernière pendant, en gros 15 secondes. Le tout avec mon smartphone (autant dire, loin de la qualité Blue Ray).

    J’ai publié la vidéo sur Youtube, mais en mode privé uniquement, pour la montrer à sa grand-mère.

    48h plus tard, la vidéo était bloquée au motif de violation de droit d’auteur …

    help ….

  2. Nous avons un pouvoir que nous utilisons très peu pour ainsi dire pas :

    NE PAS ACHETER DE PRODUITS DE CES MARQUES

    Nous sommes des moutons de Panurge et nous suivons le troupeau en bêlant nos mécontentements.
    Mais nous n’agissons pas !!!

  3. il est vraiment trop puissant l’algo de google, c’est dingue.
    J’espère vraiment que cette notion de fair use va s’améliorer car on devrait avoir le droit de citer quelque chose, donc 15 secondes devrait être largement autorisé, peu importe le contrat

  4. @Anonyme : donc vous pensez que le préjudice que vous subissez via la suppression de votre vidéo de vacance est supérieur au préjudice que subit universal via les dizaines de milliers de vidéos hébergées sur youtube utilisant leur contenu ?

  5. Mouais sauf qu’on a le droit de diffusé des extraits pour justement les critiques par exemple.

    @Toni c’est ce que je fais!

  6. Les sociétés type Universal devraient tout simplement laisser tomber cette guerre pour le contrôle de leurs données !
    Il existe tellement de moyens pour partager ses données à l’heure actuelle qu’au final l’action de ces entreprises ne sert à rien à part faire perdre du temps à l’internaute qui ira ailleurs que sur YouTube chercher sa musique par exemple. Ils faut qu’ils se fassent à l’idée qu’ils ne peuvent pas tout contrôler et que + de contrôle ne veut pas dire + d’argent dans leurs caisses…

  7. Dites vous bien que les géants de l’audiovisuel ne pense pas aux droits des auteurs, mais à l’argent qu’ils n’encaisseront pas. Pour une major, un artiste c’est un produit qu’il faut rentabiliser au maximum. Un contrat d’artiste chez une major? c’est refuser presque tous ses droits, alors sortir la carte de protection des droits d’auteur c’est un peu gros. Et le pire, le taux de rémunération d’un artiste est plus bas que tous les autres acteurs du business. Par ex, pour 1 album vendu 15 euro, l’artiste reçois une 10ène de centimes à peine. Aujourd’hui l’artiste vie des prestations (concert par exemple)
    En occultant le coté financier, les vrais artistes, ceux qui font de vrai oeuvre d’art ont plutôt intérêt à ce que leurs oeuvres soient diffusées et écoutées par le maximum de personnes. A quoi ça sert de créer si c’est pour en profiter tout seul dans sa chambre?
    Je fais parti de ceux qui crée et distribue la musique, gratuitement ou sur donation.
    L’art ne devrait pas être un business et encore moins un business contrôlé par une poignée d’entreprise à peine.

  8. TOUCHE PAS A MON POSTE
    La liberté d’expression en danger sur YouTube
    http://www.youtube.com/user/BOUFFONSDUSHOWBIZ

    Un jour notre pays ressemblera à la Chine ou à la Corée du nord, et croyez-le, cela va arriver très vite.
    Moi, ma chaîne YouTube a complètement été massacrée par la censure. Une grande partie de mes vidéos ( extraits de quelques secondes ) de l’émission « Touche pas a mon poste » a été supprimée par la censure inquisitrice de Direct Digital Bollore ( Canal + ). C’est quand même grave, on n’a même plus le droit d’utiliser quelques secondes d’une émission télé, de la diffuser sur un média sans se faire censurer !

    Certains d’entres vous disent qu’il faut faire quelque chose, mais quoi ? Comment lutter contre un système qui pèse des milliards, contre un système inquisiteur qui est entrain de nous assassiner !

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