Le web a toujours bruissé de rumeurs (fausses ou avérées) sur les petites fortunes faites par opportunisme ou involontairement grâce à l’achat-revente de noms de domaine génériques.

Attention, nous parlons bien ici de noms de domaines génériques et non pas de marques, dont les domaines sont protégés de facto contre le cyber-squatting, tout du moins en théorie, et pour lesquels des dépôts abusifs s’apparentent à de la contrefaçon.

Le premier gros coup de l’histoire (et à ma connaissance c’est toujours le record) date de 1999 avec la revente de Business.com pour… 7,5 millions de dollars, qui plus est - selon la légende - par un particulier qui l’avait acheté pour une poignée de cacahuètes quelques semaines auparavant (mais je crois me souvenir que l’histoire était un tout petit peu plus compliquée que cela).

Depuis, il y a eu quelques autres coups fumants, qui ont apporté la fortune à leurs instigateurs, dont certains on fait un vrai business : acheter en gros des centaines, voire des milliers de noms de domaines en utilisant toutes les combinaisons de noms possibles et les placer en parking, autrement dit publier sous leur URL des pages remplies de publicités et de liens vers les autres noms de domaines détenus par le même propriétaire.
Cette méthode - très douteuse, voire à la limite du vol (un de mes clients en a été victime pour n’avoir pas renouvelé son nom de domaine dans les temps) - appliquée à grande échelle peut rapporter plusieurs centaines de milliers de dollars par an sans rien faire, un vrai rêve de cyberparesseux.

Mais on peut aussi gagner un peu d’argent avec le business des noms de domaine, honnêtement et en toute légalité.
Ca m’est arrivé, sans vraiment le faire exprès mais un petit peu quand même soyons franc.
Car comme toute personne travaillant dans le web, je réserve très fréquemment des noms de domaine, pour moi mais aussi pour mes clients.
Je possède comme tout le monde un compte chez Gandi, un autre chez Amen, et l’enregistrement de domaines est une routine quasi quotidienne.

A la faveur de la première libération par l’Afnic des noms de domaines en .fr (mai 2004 si mes souvenirs sont bons), j’ai enregistré pour mon compte quelques noms génériques qui me semblaient intéressants pour des projets personnels à venir, et du coup je me suis pas mal intéressé à la question (qu’est-ce qui fait la valeur d’un nom de domaine, quel est son potentiel de revente…), découvrant au passage un aspect de notre activité qui est finalement assez peu documenté.

Cet intérêt soit dit en passant me permet d’ailleurs de mieux conseiller les clients sur leur stratégie de nom de domaine, en leur montrant la corellation directe avec le futur positionnement de leur site chez Google.

Soyez rassurés : je n’ai pas fait des fortunes ! Ma meilleure vente fut un nom acheté en vue de monter un portail loisirs/tourisme. Il se trouve que ce nom plaisait beaucoup à un groupe de presse, qui me contacta directement pour me faire une proposition de rachat conclue pour une somme respectable (quelques milliers d’Euros) avant même que j’aie seulement publié la moindre page sous cette URL, et alors que je l’avais enregistré quelques semaines auparavant pour 12 Euros.
Pour la petite histoire, la transaction date de trois ans, et le domaine n’a été activé que très récemment.

Depuis j’ai revendu dans la foulée deux autres noms pour un millier d’Euros chacun environ, et je reçois régulièrement pour d’autres domaines en ma possession des propositions pour quelques centaines d’Euros, que je décline.

Petit conseil au passage pour ceux qui seraient intéressés : regardez maintenant du côté des formules ou groupes de mots qui pourraient constituer d’ici quelques temps des slogans porteurs, et qui aujourd’hui n’appartiennent à personne.
Attention quand même à ne pas marcher sur les plate-bandes de grandes sociétés un peu susceptibles ou il risquerait de vous en cuire

Si vous ne le connaissez pas, je vous conseille également de consulter ce blog, qui est une bonne source d’informations sur l’actualité des noms de domaines, ainsi que les news de Sedo.

Et vous, vous avez déjà gagné de l’argent avec un nom de domaine ?