Salaires, messagerie interne… Buffer va-t-il trop loin dans la transparence ?

Excès de transparence ? La start-up américaine Buffer publie les salaires de ses employés en ligne, et même les détails du calcul.

dollars1 Salaires, messagerie interne... Buffer va t il trop loin dans la transparence ?

Dans une société où l’on nous a toujours dit qu’il ne faut pas parler de sa rémunération avec ses collègues, voici une start-up qui publie tous les salaires en ligne. Tabou rompu. Les données sont accessibles à tous (le grand public), incluant des détails sur le calcul de la rémunération.

Buffer est une start-up américaine localisée à San Francisco et constituée d’une douzaine d’employés. Celle-ci propose un service qui vous permet de gérer vos comptes sur les réseaux sociaux plus facilement, un peu comme Hootsuite mais en plus simplifié (selon moi). L’entreprise a toujours été reconnue pour sa politique de transparence envers les investisseurs, les utilisateurs mais aussi envers ses employés (qui peuvent être actionnaires). Exemple : sur sa page d’accueil, Buffer fournit en live des infos telles que le nombre total de publications partagées ou le nombre total d’utilisateurs. Ils dévoilent aussi des informations comme l’argent qu’ils ont en banque, les revenus de chaque mois, le nombre d’utilisateurs par jour, etc.

Mais Buffer a également décidé de partager en ligne tous les salaires de l’entreprise ainsi que la façon dont ces salaires sont calculés. Ainsi, tout le monde sait (par exemple) que le plus gros salaire (celui du CEO) est de $158 000 tandis que le plus petit (celui du « Hapiness Hero ») est de $76 000. La rémunération est calculée en fonction de la fonction, de l’expérience, des actions détenues par les salariés et de la localisation. Ainsi, un employé avec un niveau « Master » a un salaire multiplié par 1.3 tandis qu’un junior n’aura pas de multiplicateur. Tout cela est publié et connu de tous les membres de l’équipe Buffer, ainsi que du grand public.

Et la transparence ne se limite pas  aux résultats et aux salaires : chaque fois que deux ingénieurs de Buffer s’envoient des e-mails, le message est systématiquement envoyé en copie à tous les autres ingénieurs. La communication est aussi « partagée ».

Mais ce qui nous titille le plus, c’est évidemment le concept « Open Salary ». Pourquoi cet excès de transparence ? De nombreux lecteurs s’accorderont certainement à dire que cette notion doit avoir des limites. Mais chez Buffer, ils pensent que la transparence est là pour établir une certaine confiance. Sur son blog, Buffer ajoute que l’Open Salary n’est qu’une étape vers un concept encore plus ouvert : l’Open Compagny.

Certes, lorsque vous utilisez un service, cela peut vous faire plaisir de savoir combien  celui-ci gagne, combien il a d’utilisateurs etc. Ces informations peuvent rendre les consommateurs plus proches. Mais ici, ce sont carrément les salaires de chaque employé qui est dévoilé au grand public. La remise en question est tout à fait légitime, avec en prime, les questions sur la vie privée des salariés.

(Source)

15 commentaires

  1. Je pense que le concept – a contrario – n’est pas mal : pouvoir ouvrir des informations qui peuvent être connues après recherches, c’est jouer le jeu de la transparence. Même pour les salaires je trouve le concept intéressant (mais les US sont connus pour être plus libres à parler d’argent).

    Se pose vraiment la question si on doit être à 100% transparent, du moins à un instant T où se prennent les décisions. Pour ma part on peut l’être, mais avec un certain décalage.

  2. Moi au contraire je trouve ça pas mal. De surcroît ils justifient les salaires sur des bases tangibles (expérience, fonction) avec le coeff multiplicateur basé sur ça. La seule chose c’est que ça ne peut marcher que pour des boîtes qui ont une distribution salariale relativement « éthique », comme ça semble être le cas ici : à priori pas de négociation en douce des salaires, pas d’écart injustifié entre hommes et femmes, etc..

  3. il y a beaucoup de données cachées légalement ou par « tradition » (pas seulement les salaires ou leurs écarts)
    Ce genre de pratiques ne profitent qu’à certaines personnes et dessert l’Ensemble (et sa cohésion)
    Donc je suis POUR et à toutes les strattes de la société même si je suis conscient qu’il y aura des dérives

    Pour rappel un des fondateurs du capitalisme moderne avait estimé la difference Moralement acceptable de salaire serait de 40. Ce taux est largement dépassé et la cohésion sociale disparait avec

  4. Je ne vois pas pourquoi c’est excessif, justement c’est plus sain, et ça évite les rumeurs qui détruisent souvent les sociétés, ainsi que la différence de traitement. Merci pour l’article

  5. j’aime bien le concept « Open Salary »
    voila d’ou vient l’argent , voila ce qu on en fait ( prix de revient du produit , prix de vente , salaire ) , ça va permettre (utopie) aux utilisateurs (consommateurs) de pouvoir mieux choisir.

    tu sais pourquoi tu paies

  6. faut être clair, dire combien d’argent on gagne ça ne dérange que ceux qui en on plein les poches (mérité ou non)

  7. Cela est débile et pour une raison très simple : comment récompenser et justifier la compétence et l’expérience ?

    Exemple pour le même poste :
    - Ingénieur A : diplomé du MIT, 3 ans d’expérience chez Google en tant qu’ingénieur support
    - Ingénieur B : diplomé d’une université moins côté que le MIT, 5 ans d’expérience dans une startup

    Vous prenez lequel ?
    Si vous deviez prendre les 2, vous donneriez le même salaire ?

    Bah, oui, ce n’est pas simple, et on tombe vite dans le subjectif, le feeling, la motivation… bref, que des éléments difficile à quantifier…

    Si en plus, l’un des 2 vous semble un peu plus intéressant que l’autre, l’entreprise est peut-être prête à faire un effort supplémentaire sur le salaire ou sur un avantage en nature…

    Dernier point : Trouver un job, c’est aussi savoir se vendre et négocier. Un ingénieur super bon techniquement, mais incapable de négocier à minima n’est pas un très bon profil…

  8. A généraliser !
    Même Topkool donne des arguments en faveur.
    Nous avions mis en place une déclaration volontaire des salaires entre nous.
    Résultat :
    on s’est rendus compte que le boss racontait n’importe quoi à chacun !

    Cacher sa rémunération (à l’intérieur) ne conduit qu’à des abus.

  9. Ma grande question c’est pourquoi la transparence à ce point grand public ? Pourquoi ne pas l’avoir limité à l’intranet de l’entreprise et à la limite à l’actionnariat ? Je me demande si la tentative de vouloir rapprocher le client aura porter ses fruits.

  10. c’est interessant au niveau des salaires, nombre d’utilisateurs etc .. Par contre les mails envoyés systématiquement à tous les employés ca peut vite devenir insupportable. Je suis presque certain que les salariés de Buffer envoient moins de mails que les salariés des autres entreprises.