Dans un entretien au Guardian, Sergey Brin, co-fondateur et PDG de Google, pointe les menaces qui pèsent sur la liberté ou l’ouverture d’internet. Parmi celles-ci, Facebook, Apple et leurs systèmes cloisonnés.

Si l’on s’arrête au titre de cet article, on pourrait en déduire un peu hâtivement que ce ne sont que des piques lancées à des concurrents directs dans le contexte d’un discours commercial. En fait, les DEUX concurrents directs de Google, ceux qui empêchent probablement Sergey Brin, co-fondateur et co-dirigeant du géant de la recherche, de dormir tranquille dans la douce nuit étoilée de Californie.

barbele Selon le boss de Google, Facebook et Apple contribuent à menacer la liberté dinternet

Mais c’est quand même un plus que cela : dans un entretien accordé au Guardian, Sergey Brin pointe les menaces qui assombrissent l’avenir de la liberté d’internet. Parmi elles, sont mentionnés bien sûr les états totalitaires et les « forces très puissantes » qui font tout de toutes parts pour restreindre les libertés et l’ouverture d’internet, qui constituent l’ADN même du web.

Bien sûr, ce sont surtout des pays comme l’Iran, la Chine ou encore l’Arabie Saoudite (entre autres) qui sont visés, mais dans les menaces pour la liberté d’internet, Brin cite également, dans un inventaire plutôt pertinent, l’industrie « culturelle » (entertainment), principalement le cinéma et la musique et leur lutte désespérée contre le piratage, et la montée de « jardins murés » comme Facebook et Apple, qui contrôlent de façon stricte quels logiciels peuvent être publiés sur leurs plateformes respectives.

« Il y a cinq ans, je pensais qu’il n’y avait aucun moyen de faire rentrer le génie dans la bouteille, mais maintenant il semblerait que dans certains endroits le génie soit bien retourné dans la bouteille. »

Facebook et Apple sont donc dans le collimateur des craintes de Brin, qui considère qu’avec ces derniers nous avons beaucoup à perdre, comme par exemple le fait que l’information au sein des applications soit constituée de données qui ne sont pas accessibles aux moteurs de recherche. Cela étant, concernant ce dernier argument, on pourrait lui répondre que précisément les apps propriétaires ne sont pas le web, mais des logiciels, et qu’un logiciel n’est par nature pas conçu pour avoir son contenu indexé par les robots de recherche. Selon lui, il n’aurait pas été possible de créer Google et de développer son moteur de recherche aujourd’hui, dans un internet cloisonné et dominé par Facebook.

Maisons de disques et industrie du cinéma, ces lobbies qui cloisonnent internet

Mais brin garde ses meilleures salves pour l’industrie de l’entertainment, qui selon lui continue à se tirer une balle dans le pied « voire pire » avec son lobbying contre les sites pirates, en visant plus précisément les projets SOPA et PIPA qui conduisent les USA à utiliser les mêmes technologies de censure que celles qui prévalent en Chine et en Iran.

Bref, vous l’aurez compris, Sergey Brin est remonté comme une pendule et inquiet pour l’avenir d’internet. Posture politique ou position sincère ? Connaissant un peu l’histoire de Google et l’état d’esprit de ses dirigeants, je pencherais plutôt pour la deuxième hypothèse, ce qui n’est effectivement pas très rassurant. Mais il y aura sûrement débat à ce sujet, et je suis impatient de connaître votre avis.

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