La nouvelle est tombée hier soir : le représentant derrière le projet de loi du SOPA (Stop Online Piracy Act), Lamar Smith, a annoncé vouloir le mettre de côté jusqu’à ce qu’une approche plus appropriée soit trouvée.

La nouvelle est tombée hier soir : le représentant derrière le projet de loi du SOPA (Stop Online Piracy Act), Lamar Smith, a annoncé vouloir le mettre de côté jusqu’à ce qu’une approche plus appropriée soit trouvée.

lamar smith SOPA, trois petits mois et puis sen va

Ce dernier a publié hier un communiqué sur le site de la Chambre des représentants des États-Unis :

J’ai entendu les critiques au sujet du projet de loi et les ai sérieusement étudiées. Il est clair que nous devons revoir notre approche en ce qui concerne le problème des voleurs étrangers qui s’approprient et revendent les inventions et productions américaines.

Le piratage en ligne est un phénomène beaucoup trop important pour être ignoré. [...] Le vol des propriétés intellectuelles de l’Amérique coûte plus de 100 milliards de dollars à notre économie et entraîne des milliers de pertes d’emplois.

Le piratage en ligne est tout à fait similaire au vol d’un produit dans un magasin. Cela est illégal, et il est normal que la loi que l’on retrouve pour les magasins soit appliquée de la même manière sur Internet.

Ce dénouement prend place seulement deux jours après l’intervention massive menée par de nombreux acteurs du Web, dont se détachent — avec leur blackout — Wikipédia, WordPress et Reddit. Ce jour-là, de nombreux représentants politiques ont d’ailleurs décidé d’abandonner leur support des projets de loi SOPA et PIPA. La bombe lâchée semblerait avoir fait son petit effet.

Le projet de loi aura traîné sur la table de la Chambre des représentants, et surtout sur la toile brûlante, pendant presque trois mois. Voici un récapitulatif des sulfureux rebondissements et réactions qu’il aura engendré.

26 octobre : le Stop Online Piracy Act est introduit à la Chambre des représentants des US par Lamar Smith, cinq mois après un premier projet, le PROTECT IP Act (PIPA). Ce dernier avait pour but de renforcer le pouvoir du gouvernement américain et des ayants droit vis-à-vis des sites dédiés au piratage et à la contrefaçon.

15 novembre : ce sont douze acteurs principaux du Web (on retrouve parmi eux Google et Facebook) qui ont envoyé une lettre de contestation du projet aux personnalités supportant SOPA, établissant alors un compte-rendu de l’impact possible d’une telle loi sur la cybersécurité, et affirmant par la même occasion être pleinement conscients du problème posé par le piratage en ligne.

29 décembre : peu avant la fin de l’année 2011, c’est l’hébergeur Go Daddy, favorable au projet de loi, qui est visé par la communauté Internet. Pas moins de 20 000 comptes auraient été perdus par la société suite au boycott annoncé sur Reddit. Go Daddy s’est par la suite empressé de changer de position par rapport au SOPA.

14 janvier : la Maison Blanche annonce officiellement, après avoir reçu les signatures d’une pétition à l’encontre de SOPA, qu’elle ne supportera pas le projet.

18 janvier : date du passage à l’action pour les acteurs du Web. Plus de 115 000 sites ont suivi l’initiative. Wikipédia aurait recensé près de 162 millions d’affichages pour sa page de “blackout”, Google a reçu 7 millions de signatures pour sa pétition, et 4 millions de tweets évoquaient ce jour-là le projet de loi.

19 janvier : dans le but de contester SOPA, ainsi que la fermeture de l’hébergeur de fichiers en ligne Megaupload, les Anonymous décident de s’en prendre à des sites du gouvernement américain, et notamment à celui du FBI. Le célèbre groupe est pour cela passé par des attaques de type DDOS (attaques par déni de service), parvenant à duper de nombreux internautes qui ont — sans le savoir –, par le simple clic sur un lien partagé, participé à l’offensive.

SOPA n’est pas définitivement enterré pour autant. La décision de repousser le projet de loi a été prise par Lamar Smith peu de temps après que le projet du PIPA ait été lui-même mis en suspens. Une chose est presque certaine, on ne devrait plus entendre parler de ces deux projets au cours de cette année.

Le risque désormais ? Un rassemblement plus fort des sociétés propriétaires de droits en soutien pour un éventuel SOPA 2 (en 2013 ?). Quoiqu’il en soit, les rassemblements impressionnants auxquels nous avons pu assister tout au long de ces événements, ainsi que la solidarité qui s’en est dégagée, ne peuvent que nous conforter dans l’idée que la vaste communauté de l’Internet est bien loin de rester passive face aux changements que les gouvernements souhaiteraient parfois imposer sur le Web. Un bel exemple pour la Chine ?

(source principale)

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Nicolas Lecointre, étudiant en informatique, développeur en alternance, et créateur du Tumblr lesjoiesducode. Vous pouvez le suivre sur Twitter, Facebook ou Google+.