Dans les années 2005 à 2007, à l’époque un peu révolue d’un truc qu’on appelait le Web 2.0 (et pour lequel on n’a toujours pas trouvé de terme de substitution à part un « médias sociaux » quand même assez vague), la majeure partie des blogs dits high tech, dont Presse-citron fait partie, chroniquaient à qui mieux mieux les derniers services web qui naissaient par poignées de 12 chaque jour.

spam Spam : le Web 2.0 nest plus ce quil était

A cette époque, il y avait une sorte de code d’honneur, ou de pacte de non-agression entre les internautes et les éditeurs de nouveaux services web : NO SPAM. Vous pouviez filer vos identifiants et une adresse email à n’importe-quel site estampillé Web 2.0 encore tout chaud sorti des presses (beta) et le tester en toute tranquillité car vous saviez que ses auteurs n’utiliseraient JAMAIS ces derniers pour bombarder votre boîte d’emails à la con.

Et ça marchait : cette confiance tacite évitait de créer une adresse jetable à chaque nouveau test (ce qui de toute façon serait vite devenu une sorte d’enfer à gérer quand vous testiez plusieurs services chaque jour).

Je voulais vous dire, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué : cette époque joyeuse et festive est révolue, les marketeux on succédé de nouveau aux pionniers, les promoteurs ont remplacé les chercheurs d’or, et il semblerait que les belles promesses de respecter your privacy aient fait long feu . Je ne sais pas pour vous, mais chez moi c’est la bérézina : ma boîte mail, jusque-là épargnée presque totalement par le spam grâce à Gmail, est devenue subitement depuis quelques semaines, et pire depuis quelques jours, une véritable poubelle à courriers indésirables.

Mais des courriers indésirables d’un nouveau genre, qui franchissent allègrement le filtre pourtant puissamment impitoyable de Gmail, puisque ce sont des emails qui proviennent principalement de deux sources : les agences de diffusion de communiqués de presse en français, et des services web sur lesquels je me suis inscrit plus récemment, et qui semblent très loin de l’éthique de leurs aînés version 2005/2007.

Rien que sur la journée d’hier, dans mon taff habituel de mails reçus, la proportion de messages qui émanent de services ou d’agences dont je n’ai jamais entendu représente plus de la moitié soit une bonne trentaine de junk mail.

Qu’en déduire ? D’une part, la crise aidant, les scrupules disparaissent, et les éditeurs ne se gênent plus trop pour vendre leurs bases de donnés d’emails. D’autre part, les agences de RP achètent et s’échangent allègrement les mêmes bases. D’ailleurs les urls de services d’emailing sur lesquelles pointent les liens de désabonnement sont étrangement souvent les mêmes…

Le spam en français, ou sa version « convenable », le communiqué de masse, provenant de sociétés qui ont pignon sur rue, voici peut-être le nouveau fléau du web (et des blogueurs).

Le premier qui répond « c’est la rançon de la gloire » je lui botte le derrière :-)