Les équipes de Google Sketchup, le logiciel de modélisation 3D utilisé pour représenter les bâtiments sur Google Earth, continuent à bosser d’arrache-pied pour compléter le rendu en relief de la planète.
Nous avons vu récemment comment la technologie numérique et web investissait peu à peu d’autres secteurs que l’informatique, et notamment l’automobile, avec par exemple la nouvelle Audi A8, véritable bureau connecté ambulant avec sa puce 3G et sa borne WiFi intégrées.
Nous étions jusqu’à présent habitués à un schéma devenu courant : quand elle existe, la version mobile d’un logiciel ou d’un site web est la plupart du temps une version simplifiée par rapport à l’original sur PC, et ce pour 4 raisons principales :
la taille de l’écran du terminal mobile
la puissance du processeur
les limitations du navigateur mobile (absence de Flash…)
Avec la sortie hier de Google Earth pour iPhone, la donne est en train de changer : non seulement le portage de Google Earth sur le mobile d’Apple ne se résume pas à un exercice de style visant à fournir une version simplifiée ou allégée de l’application de bureau, mais Google Earth pour iPhone est la première application qui propose davantage de fonctions, ou en tout cas d’autres fonctions que la version PC.
Car Google Earth pour iPhone tire parfaitement parti des 3 principales spécificités de l’iPhone, qui n’existent pas sur un PC de bureau, à savoir :
l’écran tactile
le détecteur d’inclinaison et de mouvement
le GPS et la localisation par triangulation cellulaire
Ainsi, pour l’avoir installé hier et longuement testé depuis sur mon iPhone, je peux vous affirmer que l’application est vraiment bluffante, et la qualité de réalisation sans faille. La fluidité que l’on connaît sur PC est au rendez-vous, la navigation au doigt est tout simplement géniale (zoomer, dézoomer, faire pivoter, passer en vue 3D en inclinant l’appareil…), sans parler de la géolocalisation.
Quand on sait que l’application embarque aussi les compléments d’information sur un lieu fournis par Panoramio et Wikipedia, on finirait presque à se demander ce qu’il va rester à sa grande soeur pour PC…
Les satellites qui tournent au-dessus de nos pauvres têtes de terriens pour établir les données cartographiques peuvent eux aussi figer pour l’éternité de petits morceaux de vie saisis ici et là au hasard d’un cliché pour le compte de Google Earth/Maps.
Comme un avion sans aile droite
Le point commun entre l’aéroport privé de John Travolta dans sa résidence de Floride (aux normes pour que l’acteur puisse y faire décoller et atterrir son Boeing 707), ce 40 tonnes renversé sur un highway quelque-part dans le Dakota du Nord, ou encore cette tour penchée à Seattle ? Ce sont toutes des images insolites trouvées sur Google Earth ou Google Maps.
Distorsion de la réalité, bugs graphiques ou illusions d’optique : des moments de poésie volés à la technologie.
Envie de voir à quoi ressemblera votre prochain tour de manège sans avoir à faire la queue ? Walt Disney World est maintenant visible en 3D dans Google Earth.
Et vous pourrez même avoir un aperçu de votre hôtel parmi les 20 proposés en modélisation 3D parmi ceux de Disney World. Pour retrouver Disney World en 3D dans Google Earth il vous suffit de saisir Disney World dans le moteur de recherche du logiciel.
Là ça commence à vraiment déchirer. Voici une première démo vidéo de Google Earth pour iPhone, un projet en cours de développement par Earthscape, qui permet de visualiser la terre en 3D sur l’écran de son iPhone. Même si je ne suis pas convaincu de l’utilité de cette fonction ni de sa pertinence en terme d’ergonomie, l’application prend en compte l’accéléromètre de l’appareil et permet de naviguer en orientant celui-ci.
Selon TechCrunch US, l’application montrée est installée en local sur l’iPhone, il ne s’agit donc pas pour le moment d’un web service, qui selon ses auteurs demanderait trop de ressources en bande passante. Bientôt un vrai Google Earth mobile signé Google ?
Google Maps c’est bien, Google Maps Street View, c’est super, Google Earth c’est génial. Soit. Mais ces services ne sont pas sans poser quelques problèmes de confidentialité, déjà évoqués ici et là, en général sur un ton léger. Dernier exemple en date : un couple américain de Pittsburgh en Pennsylvanie attaque Google et réclame 25000 Dollars de dommages et intérêts au titre de violation de leur domicile privé, et de "diminution de sa valeur".
En effet, Google propose dans son application Street View une vue à 360° autour de leur domicile, qui serait pourtant barré d’un panneau "Propriété privée". Le couple demande en outre le retrait de l’image de leur maison de Google Street View. Au-delà de l’anecdote qui pourrait prêter à sourire, se pose encore une fois la question de la toute puissance de Google et de l’immixtion de tels services dans la sphère privée. Si j’ai envie de me me prélasser sur ma terrasse, ou pire, de passer la tondeuse à gazon en casquette Ricard, est-ce que j’ai vraiment envie que cette scène homérique soit immortalisée par un satellite qui repère un objet de la taille d’une balle de tennis, et me retrouver quelques jours plus tard à la une de Google Earth ? J’adore Google Earth et toutes ses dépendances, que j’utilise abondamment et avec chaque fois la même jubilation, y compris sur mon iPhone, mais je pense que chacun devrait pouvoir avoir la possibilité d’obtenir auprès de Google la suppression (ou tout au moins le floutage) d’un lieu ou d’une scène si celle-ci est considérée comme attentatoire à sa vie privée. Après tout certains font des procès pour moins que ça, et pas seulement ceux qui tentent de soustraire leur nouvelle piscine à la vue du fisc…
Si les exploits des forçats de la route vous passionnent, jetez donc un oeil ici : avec le Tour de France live tracker, suivez la course en direct sur Google maps, avec en prime la position exacte des coureurs, leur rythme cardiaque, leur vitesse, l’altitude, etc… Je n’ai rien trouvé sur l’emplacement des pharmacies en revanche. Un oubli sans doute.
J'aime le web, et accessoirement, j'en vis . Je livre ici mon point de vue de "professionnel de la profession" sur les infos - utiles ou futiles - que je glane au fil de mes rencontres sur la toile.