Un moteur. Un look.
Dans la sĂ©rie c’est pas du web mais c’est high tech, tous les passionnĂ©s de moto (et mĂŞme les autres) de ma gĂ©nĂ©ration se souviennent encore de la monumentale claque qu’ils ont pris dans la tronche quand leur route a croisĂ© pour la première fois celle d’une Yamaha VMAX.
Pour ma part c’Ă©tait en juillet 1985, alors que je partais en vacances en Corse avec deux potes, en moto Ă©galement (je roulais alors en Honda 600 XLR) : la vue de ce monstre, dont nous n’avions encore jamais entendu parler, garĂ© devant la terrasse d’un cafĂ© quelque part sur la route NapolĂ©on entre Grenoble et Nice nous avait littĂ©ralement estomaquĂ©s.
Un dragster homologué pour la route
Nouvelle Harley ? Prototype unique sorti du cerveau d’un savant fou au service d’un milliardaire ? L’engin, un peu extra-terrestre, et son look bestial avec ses Ă©normes entrĂ©es d’air latĂ©rales plongeant dans un moteur probablement sculptĂ© par la main du diable en personne, Ă©voquait l’hyper-puissance absolue, comme un rĂŞve de garçon oĂą se mĂ©laient odeurs de kĂ©rozène et de gomme brĂ»lĂ©e : Yamaha venait d’inventer le dragster de route.
Une sorte de fauve vaguement apprivoisĂ© pour amateurs de sensations fortes : la VMAX n’Ă©tait certainement pas la moto la plus sĂ»re de sa catĂ©gorie, mais elle Ă©tait parfaite pour les dĂ©parts arrĂŞtĂ©s, ses 150 chevaux lui permettant d’abattre le 0-100 km/h en moins de 3,5 secondes (soit le chrono de la plus puissante des Ferrari actuelles), rĂ©habilitant l’Ă©motion pure du proverbial coup pied au cul cĂ©lĂ©brĂ© par les fameux burn-out de hot-rods dans l’AmĂ©rique des annĂ©es 50.
Avant de devenir, malheureusement, le dernier accessoire mode des blaireaux fortunĂ©s en mal de frime devant les terrasses de Saint-Tropez (vous savez, les bellâtres qui passent - difficilement - leur permis pour juste pouvoir se pavaner avec la bĂŞte, et qui calent au premier feu rouge…)
Les diamants sont Ă©ternels…
Mais la VMAX n’a pas que ce seul titre de gloire Ă son prestigieux palmarès : au-delĂ de sa robustesse lĂ©gendaire, c’est aussi un cas unique de longĂ©vitĂ© dans l’histoire de la moto puisque dans un univers oĂą les modèles sont renouvelĂ©s chaque annĂ©e Ă un rythme presque aussi rapide que dans la tĂ©lĂ©phonie mobile, elle est restĂ©e la mĂŞme, Ă quelques Ă©volutions cosmĂ©tiques près, pendant ses 20 ans de règne, du premier prototype en 1982 Ă l’arrĂŞt de sa production en 2002. Seul un Fat Boy de chez Harley peut prĂ©tendre dĂ©passer cette longĂ©vitĂ©, mais avec des Ă©volutions beaucoup plus importantes.

Le retour du monstre
Entre 2002 et aujourd’hui, la bonne nouvelle est que les ingĂ©nieurs de chez Yamaha ne sont pas restĂ©s les pieds dans la mĂŞme botte puisque voilĂ le nouveau modèle, la VMAX 2009, encore plus belle, encore plus sauvage, encore plus… tout. Les designers ont repris tout ce qui faisait la force de la première VMAX et l’ont remis au goĂ»t du jour selon les critères esthĂ©tiques actuels. Ils ont eu le coup de crayon heureux : le rĂ©sultat est une totale rĂ©ussite. Une rĂ©ussite qui vous coĂ»tera quand mĂŞme la modeste somme de 20 000 Euros…
Cher pour une moto. Pas cher pour une légende.
Pour en savoir plus :
- L’histoire de la VMAX contĂ©e par Jean-Claude Olivier, grand boss de Yamah France.
- Le site (un peu merdique, PC puissant conseillé) de la VMAX 2009