Spotify : la drôle de sortie de Taylor Swift

La chanteuse Taylor Swift a décidé de retirer ses titres de Spotify. Analyse d’un problème plus profond.

Taylor Swift wikimédia

L’histoire a prouvé que la répression ne tuera pas le piratage. En revanche, le streaming et les offres légales peuvent le faire. Des chiffres sont là pour le prouver.

Je me rappelle encore du jour où les gens ont décidé de désinstaller BitTorrent de leurs PC parce que le logiciel de téléchargement peer-to-peer ne leur était  plus d’aucune utilité, parce que Spotify avait décidé de permettre aux utilisateurs d’écouter gratuitement (et légalement) de la musique en illimité, contre quelques publicités. Ce fut magique !

Mais si ces nouveaux modèles ont séduit des millions d’utilisateurs, c’est un peu moins le cas pour les ayant-droits qui restent parfois accrochés aux modèles « old school », tandis que d’autres affirment que Spotify ne verse tout simplement pas assez d’argent.

C’est visiblement le cas de Taylor Swift, la célèbre chanteuse américaine qui a décidé de retirer ses titres de Spotify et de Deezer. Mais pourquoi ?

Tout a commencé avec un album sorti la semaine dernière, « 1989 », que la chanteuse a décidé de ne pas distribuer sur Spotify.

La plateforme de streaming a alors réagi de cette manière :

1989

Et visiblement, cette petite provocation n’a pas plu à la chanteuse qui a décidé de retirer quasiment tous ses titres de Spotify. Ce dernier a d’ores et déjà réagi avec ce doux message :

« Nous aimons Taylor Swift et nos plus de 40 millions d’utilisateurs l’aiment encore plus – près de 16 millions ont écouté ses chansons durant ces 30 derniers jours et elle est sur plus de 19 millions de playlist.

Nous espérons qu’elle va changer d’avis et nous rejoindre pour bâtir une nouvelle économie de la musique qui fonctionne pour tout le monde. Nous croyons que les fans devraient être en mesure d’écouter de la musique où et quand ils le veulent, et que les artistes ont un droit absolu d’être payés pour leurs Å“uvres et d’être protégés contre le piratage. Voilà pourquoi nous versons près de 70% de notre chiffre d’affaires au monde de la musique ».

Mais il est peu probable que Taylor Swift accepte de faire marche arrière. De nombreux groupes et artistes ont trouvé en Spotify leur sauveur, leur permettant de faire de l’argent (un peu) assez facilement, d’atteindre un maximum de fans et par la même occasion de moins se faire pirater. Mais Taylor Swift ne fait pas (plus) partie de cette catégorie d’artistes.

Un problème entre Spotify et les artistes

Malgré son jeune âge (ce qui pourrait laisser supposer une certaine ouverture d’esprit naturelle vers les nouveaux canaux de distribution numérique), la chanteuse n’a visiblement jamais été favorable au streaming et encore moins quand c’est gratuit. Il y a quelques mois de cela, elle écrivait un article dans le Wall Street Journal et expliquait son opinion sans aucune ambiguïté :

« Les choses qui ont de la valeur doivent être payées. Pour moi, la musique ne devrait pas être gratuite et ma prédiction c’est que les artistes et les labels vont un jour décider de l’intérêt de mettre un prix sur un album. J’espère qu’ils ne sous-estimeront pas leur art. »

Au moins un autre artiste partage l’opinion de Taylor Swift : Thom Yorke du groupe Radiohead. Ce dernier a toujours été contre. Il y a un an, il déclarait qu’en tant que musiciens, il faut « combattre la chose Spotify ».

Le modèle économique de Spotify ne marche-t-il pas ? En tout cas, de nombreux ayants droits ont du mal à accepter le changement. Taylor Swift n’est pas la première à retirer des œuvres de la plateforme de streaming musical. Mais étant donné sa notoriété…

(Sources :  1 / 2)

Image : By Eva Rinaldi from Sydney Australia (Taylor SwiftUploaded by russavia) [CC-BY-SA-2.0], via Wikimedia Commons


6 commentaires

  1. ‘De nombreux groupes et artistes ont trouvé en Spotify leur sauveur, leur permettant de faire de l’argent (un peu) assez facilement[..]’

    Ceci est une vraie question : Y’a-t-il vraiment de nombreux groupes/artistes qui ont trouvé en Spotify un sauveur ? Si non, si on retire « nombreux » de la question ?
    Tout le monde semble s’accorder sur le fait que Spotify paie très mal les artistes, j’ai donc un peu de mal à croire qu’il serait devenu un sauveur (le mot sauveur est fort, par ailleurs) pour quiconque.

  2. Eric

    Peut-etre faut-il comprendre « sauveur » par rapport au piratage ? C’était ça où l’explosion irréversible du téléchargement illegal. En ce sens les plateformes de streaming légales ont certainement sauvé beaucoup d’artistes.

  3. « Je me rappelle encore du jour où les gens ont décidé de désinstaller BitTorrent de leurs PC parce que le logiciel de téléchargement peer-to-peer ne leur était plus d’aucune utilité, parce que Spotify avait décidé de permettre aux utilisateurs d’écouter gratuitement (et légalement) de la musique en illimité, contre quelques publicités. Ce fut magique ! »
    Vous devez vivre dans le futur.
    Au contraire, cet exemple est la preuve même que ce genre de services ne sont qu’un faible remède au piratage. Si j’utilise Spotify depuis des mois, je paye chaque mois et du jour au lendemain je peux être « privé » de mes musiques car je ne les possède pas.
    Ce qui me dérange le plus c’est qu’on présente ceci comme une solution à un problème qui n’en ai pas un: le piratage. Ce dernier n’a jamais mis en danger les artistes et permet justement aux artistes de se faire connaitre.

  4. Mam'selle Scarlett on

    Cet article semble vouloir faire passer Taylor Swift pour une ringarde lorsqu’elle lutte contre les plateformes de streaming. Vouloir les défendre à tout prix sur l’autel de la modernité, ne me paraît pas une pensée des plus constructives.
    Pour information, voici des chiffres qui parlent d’eux-même : savez-vous combien d’albums doit vendre un artiste pour gagner le salaire minimal ? Savez-vous combien d’écoutes sur Spotifiy ce même artiste doit faire pour gagner le même salaire ?
    Je ne savais pas. Maintenant je sais.
    http://www.theatlantic.com/bus.....ph/249267/

  5. Effectivement, les formules d’abonnement de streaming illimité ont réduit le piratage, mais n’ont pas réduit le problème de fond du modèle économique de la musique.

    Le modèle ‘capitaliste’, où des artistes vendent leur art à des consommateurs en masse est relativement récent dans l’histoire, et il s’est collé à un modèle industriel. Un artiste et ses producteurs fabriquent des CDs, et les vendent en tant que bien de consommation, avec les problématiques de gestion de la rareté, prix, distribution, promotion…
    Avec Internet, le coût de duplication (le coût marginal) s’est réduit à quasi 0 => Gestion de la rareté : out. Justification du prix ? Foutu. [par ailleurs, cette logique de réduction du coût marginal à quasi zéro va secouer plein d’industries.]

    Avec Spotify, on a donc évolué vers un secteur serviciel. Spotify ne vend pas de produits, mais vend un service. Et ce service est meilleur que celui rendu par le piratage. Mais est-ce que la manne ainsi créée est suffisante pour financer cette industrie ? Et comment doit-elle être gérée ? Aujourd’hui, la majorité des artistes se disent « super, je ne suis plus piraté, mais je ne gagne toujours pas d’argent », so what…
    Une piste serait déjà de mieux répartir les 70% de CA redistribué par Spotify. Mais ça ne se fera pas sans heurts. Voir le communiqué de presse de l’ADAMI à ce sujet: http://www.adami.fr/fileadmin/....._Monde.pdf

    Et pourtant, on faisait de la musique avant de vendre des disques. Avant le modèle industriel, qui a bien roulé au XXeme, il y avait d’autres formes de financement de l’art. Et encore, même ses dernières décennies, le secteur de la musique classique marche uniquement sous perfusion, pas grâce au modèle marchand. Le modèle économique de demain est encore a inventé. Et ce n’est pas Spotify qui l’a encore fait.

  6. En même temps vu la daube en branche qu’elle fait la pauvre fille, ça va pas nous manquer. 😛

    Ps : il râlent tous comme des gros imbeciles, et ils oublie la plus grosse plateforme de téléchargements (musique, film) qu’es youtube …et cela bizarrement, rien n’est fait et cela fait des années que cela dure !

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