L’iPad mini tient-il ses promesses ou au contraire est-il aussi « décevant » que certains le prédisaient avant même sa sortie officielle ? Réponse dans ce test.

L’iPad mini est disponible à la vente depuis le 2 novembre, et malgré les prédictions faisant état d’un succès mitigé ou d’un demi-échec, il a quand même été en rupture de stock dans la plupart des boutiques physiques qui le distribuaient (Apple, Darty, autres…) dès le jour de sa sortie, ou, dans le meilleur des cas, le lendemain.

TNT ayant lamentablement foiré la livraison du mien, pourtant commandé aux premières heures sur le site Apple, j’ai pu constater par moi-même cette rupture de stock massive, mais habituelle avec les produits mobiles Apple.

Signe d’un vrai succès ? On ne sait pas vraiment en fait, car, contrairement à ses habitudes, Apple n’a pas encore communiqué de chiffres précis de ventes, se contentant d’un communiqué qui parle de 3 millions de « nouveaux » iPad vendus lors du premier week-end suivant sa sortie, mais sans faire le distingo entre le nouveau « grand » iPad 4 et l’iPad mini. Cela étant, les ventes représentent quand même le double de celles réalisées sur le même laps de temps pour l’iPad 3 il y a juste six mois. On peut donc en déduire sans trop prendre de risque que l’iPad mini se vend aussi très bien.

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Est-ce mérité ? L’iPad mini tient-il ses promesses ou au contraire est-il aussi « décevant » que certains le prédisaient avant même sa sortie officielle et sans jamais l’avoir eu en main ? C’est ce que nous allons voir maintenant.

NB : ce test sera complété prochainement avec une vidéo de présentation, une vidéo comparative avec la Nexus 7, et des photos comparatives avec Nexus 7, BlackBerry PlayBook et Kindle Fire.

Présentation et prise en main

La première surprise lorsque l’on reçoit son iPad mini est la taille de… l’emballage. La boîte, conforme à ce que l’on connait avec Apple (blanche, carton laqué, minimaliste) est à la mesure de la mini-tablette : toute petite, genre à peine plus grande et guère plus épaisse qu’un livre de poche. C’est joli et ça fera certainement un très beau paquet au pied du sapin de Noël.

A l’intérieur de la boîte, c’est aussi comme toujours le service minimum : la tablette et son câble/prise de recharge « Lightning ». Point barre, ça c’est fait.

Ne tournons pas autour du pot : l’iPad mini est absolument superbe. J’ai pour ma part choisi la livrée noire et je ne le regrette pas tant l’ensemble, avec sa façade laquée et le dos an alu brossé anodisé (dont le côté satiné tire parfois sur le bleu nuit selon l’éclairage) est classieux et bien fini. Je reprends une métaphore souvent vue ici mais qui garde vraiment tout son sens : l’iPad mini est aux tablettes concurrentes (et notamment la Nexus 7) ce qu’une marque comme Audi est aux constructeurs généralistes : plus cher, pas forcément plus performant ni mieux équipé, mais incontestablement un cran au-dessus en matière de design, de finition, de qualité d’assemblage et d’impression « premium » qui s’en dégage.

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Côté prise en main, c’est très agréable et confortable également, mais avec un bémol : si on peut effectivement manipuler cette tablette d’une seule main et la tenir aussi d’une main pour de longues séances de lecture sans éprouver de fatigue (avec ses 308 grammes elle pèse moins de deux fois le poids d’un iPad 3), elle reste… un iPad. A savoir un truc lisse et glissant qu’il faut bien sécuriser sous peine de la faire valdinguer souvent. D’autre part, plus large d’environ 1 centimètre que la Nexus 7, mais aussi plus fine, elle nécessite une main assez grande et ferme pour la tenir. De ce point de vue, avantage à la Nexus 7, plus étroite, un peu plus épaisse et dotée d’un revêtement en plastique caoutchouté qui permet de vraiment l’avoir en main comme on tiendrait un petit bloc-notes, voire un smartphone.

Une astuce passée relativement inaperçue : l’iPad mini est doté d’une fonction qui permet à son écran de reconnaître le fait qu’un pouce le tient, et de fait ne déclenche aucune action (faux clic) lorsque vous le tenez d’une main avec le pouce qui déborde sur l’écran. Indispensable quand on voit la finesse des bordures latérales. J’ai testé, ça marche mais sans être d’une fiabilité absolue. De ce point de vue aussi, avantage à la Nexus 7 et ses bordures plus importantes qui permettent vraiment de la tenir en main solidement sans déclencher une action intempestive du pouce.

Ergonomie, fluidité, réactivité

Je passerai vite sur le sujet puisque les fonctionnalités, les menus et tout le  reste sont rigoureusement les mêmes que ceux des autres modèles d’iPad : un écran tactile hyper réactif, des animations d’une fluidité encore inégalée (sauf peut-être par Windows Phone et Windows 8 Surface), une vélocité des transitions jamais prise en défaut. Bref, un agrément d’utilisation toujours aussi grand, et là encore un sentiment de perfectionnisme qui caractérise (encore) les produits Apple, dans les moindres détails. Après avoir été quelque peu déçu par les saccades et le manque de fluidité du scrolling sur de longues pages web avec la Nexus 7, j’étais impatient de tester avec l’iPad mini. Là encore la tablette d’Apple est au-dessus du lot et ne montre jamais de faiblesses, alors que la Nexus coince, cale et bloque dès que vous voulez aller chercher les derniers commentaires en bas d’une page un peu chargée. Comme quoi le processeur ne fait pas tout : avec son A5 soi-disant obsolète et dépassé (mais bien optimisé), l’iPad mini fait mieux qu’une tablette dotée d’un processeur quadruple-cœur de dernière génération. Avantage iPad mini.

ipad mini dos Test : 15 jours en iPad mini

Je ne reviendrai pas sur l’écran non Retina car j’en ai déjà parlé longuement et en détail dans cet article A propos de l’écran de l’iPad mini, avec mes arguments, et vous avez pu exposer les vôtres et me contredire dans les commentaires. Sachez cependant que passé la première impression (j’avais l’iPad mini depuis deux jours quand j’ai écrit ça) je n’ai pas changé d’un iota mon avis sur la question : l’écran de l’iPad mini est magnifique, et en tout cas d’une qualité largement suffisante pour sa taille. Je suis désolé, j’ai beau chercher, dans mes usages je ne vois pas de « pixels qui piquent les yeux ». Peut-être aurais-je un avis différent si je possédais depuis six mois un iPad 3 Retina. Peut-être que les quelques captures ci-après vous permettront de vous forger votre propre opinion, même si j’ai été contraint de les convertir en JPG compressé à 80% pour un chargement plus rapide. Dites-vous que la vraie qualité est supérieure de 20% à ce que vous voyez ici. Cliquez sur celles-ci pour les voir dans leur taille originale.

Connectivité et réseaux

Les premiers modèles d’iPad mini livrés à sa sortie mondiale le 2 novembre dernier sont exclusivement dotés du WiFi (et du BlueTooth), sans connectivité 3G. Celle-ci fera son apparition dans une prochaine livraison, normalement fin novembre. Pas de NFC non plus. Concernant la sensibilité et la rapidité du WiFi, je n’ai pas constaté de différence flagrante avec les modèls précédents, malgré le fait que la mini-tablette d’Apple mini soit dotée « d’une connectivité Wi-Fi avancée jusqu’à deux fois plus rapide que n’importe quel iPad de génération précédente, avec une connectivité Wi-Fi 802.11n bi-bande (2,4 GHz et 5 GHz) et la prise en charge de l’agrégation de liens » (dixit Apple). Peut-être que ma connexion Free de plus en plus lente et dégradée ne me permet pas vraiment de distinguer une différence ?

Du côté de la nouvelle prise Lightning, j’émets une réserve sur sa longévité tant celle-ci donne une relative impression de fragilité. Avantage cependant : le branchement fonctionne dans les deux sens, recto-verso.

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Photo et vidéo

Apple a fait le choix de garder sur l’iPad mini deux capteurs photo-vidéo : l’un en façade (HD 720p, 1,2 Mpx) pour les auto-portraits et les appels vidéo FaceTime, l’autre au dos de la machine, pour les « vraies » photos et vidéos, (HD 1080p, 5 Mpx). Je n’ai jamais utilisé mon iPad 2 pour faire des photos mais le peu que j’ai pu tester, notamment en conditions de faible luminosité, donnait généralement un résultat assez calamiteux. Le capteur dorsal de l’iPad mini parait un peu meilleur dans cette épreuve, mais les photos restent quand même d’une qualité très moyenne, comme délavées et manquant singulièrement de contraste, voir ci-après.

Cliquez sur les photos ci-après pour les voir dans leur taille originale (compression JPG 80%, aucune autre retouche)

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On notera également que les modes HDR et Panorama, présents sur l’iPhone (le dernier depuis iOS 6) brillent par leur absence sur l’iPad mini. C’est un peu bête et dommage, surtout pour le panorama, mais cela donnera un petit sursis aux éditeurs d’applications tiers qui font la même chose.

Applications et services

C’est certainement, pour le moment en tout cas, l’un des gros avantages de l’iPad par rapport à ses concurrents sur d’autres plateformes : l’App Store propose plus de 275 000 apps spécifiquement conçues et développées pour iPad. Avec iCloud, j’ai pu d’un clic lancer l’installation de toutes les apps déjà présentes sur mon iPad 2. Parmi ms favorites, Flipboard toujours, qui s’affiche ici dans une version identique à celle de l’iPad 1/2/3/4, alors que l’on aurait pu penser, vu la dimension de l’écran, que l’on aurait droit à une version « simplifiée » semblable à celle proposée sur la Nexus 7 (avec défilement des pages vertical et non pas horizontal). Côté apps natives Apple, pré-installées à l’achat, on a droit au lot habituel : Safari, Mail, iBooks, FaceTime (maintenant via 3G aussi), Plans, Siri, Kiosque, Calendrier, Messages etc etc etc.

Notez l’apparition d’une nouvelle app : la fameuse horloge « suisse », qui fit polémique ces dernières semaines.

Autonomie

L’iPad est un chameau, nous savons cela depuis sa première génération. L’iPad mini ne fait pas exception à la règle, et se permet, malgré sa petite taille (ou grâce à celle-ci) de faire encore un peu mieux. Selon un test publié récemment, il tiendrait plus de 12 heures en utilisation (et plusieurs jours en veille). Je confirme ces excellentes performances, même si je n’ai pas mesuré aussi précisément. En usage « normal » à domicile ou au bureau, WiFi toujours activé, je ne le recharge que tous les trois à quatre jours. Autre très bonne surprise, qui apporte un grand confort : il met entre deux et trois fois moins de temps à se recharger que le grand iPad. Comptez environ trois heures pour une recharge complète.

En conclusion

Depuis l’arrivée de l’iPad première génération en mars 2010 puis l’avènement des tablettes 7 pouces, nombreux étaient ceux qui espéraient qu’Apple sorte un jour un mini iPad, d’une taille à mi-chemin entre l’iPad 9,7 pouces et l’iPhone. Leur vœu a été exaucé finalement plus rapidement que prévu. Les tablettes d’une taille située entre 7 et 8 pouces représentent une nouvelle alternative propre à adresser d’autres usages, et créent de fait un nouveau marché, plus mobile, plus agile que les lourdes, encombrantes et précieuses 10 pouces. A ce titre, je me demande si – partant du principe que les 7 pouces risquent fort de cannibaliser leurs grandes sœurs, et que ces dernières sont avant tout destinées à un sage nomade – un nouveau format ne serait pas à imaginer, plus grand, plus immersif : une tablette 12, 13, voire 15 pouces. A condition bien sûr que cette dernière soit ultra-fine et légère comme une actuelle 10 pouces. La segmentation serait alors idéale : les 7 pouces pour le nomadisme, les 12/13/15 pouces pour la maison.

Quoiqu’il en soit, comme je l’avais prédit déjà lors de mon acquisition de la Nexus 7, puis de cet iPad mini, pour moi l’iPad 9,7 pouces est mort, ou ne s’imposera que dans de rares contextes professionnels de présentation. L’iPad mini l’a remplacé dans tous les compartiments du jeu, à la maison, au bureau, en déplacement, dans le train, en avion, et partout ailleurs (sauf encore dans le métro). Reste à trancher entre l’iPad mini et la Nexus 7. Pas facile, vu les qualités de ces deux tablettes, qui les mettent vraiment au même niveau. La différence de prix permettra peut-être à certains de faire leur choix : 199 euros pour la Nexus 7 WiFi 16 Go, 329 euros pour l’iPad mini WiFi 16 Go. Pour beaucoup les jeux sont faits. Sauf pour ceux qui préfèrent le premium ?

J’aime bien

  • le look, le design
  • l’impression de qualité haut de gamme
  • la taille
  • le poids-plume
  • la qualité de l’écran (si si, j’insiste) icon smile Test : 15 jours en iPad mini
  • l’autonomie
  • la fluidité et la réactivité de l’ensemble

J’aime moins

  • le prix !
  • le système Apple fermé
  • matériaux un peu glissants
  • l’APN, tout juste passable