Les premières Surface n’ont pas très bien marché et Microsoft aurait parfaitement pu décider d’en rester là. La firme a cependant souhaité renouveler l’expérience avec deux nouvelles tablettes très prometteuses : la Surface 2 et la Surface Pro 2.

Cette dernière m’a accompagné au quotidien durant une quinzaine de jours au début de mois, se substituant sans difficulté à mon MacBook Air. Le temps est donc venu de partager avec vous le fruit de cette expérience… pour le moins étonnante.

Avant de démarrer, sachez que ce test n’a pas pour vocation à verser dans la technique pure, avec une tonne de chiffres issus de plusieurs outils de benchmarking. D’autres font ça mieux que moi.

surface pro 2 1 Test de la Surface Pro 2

Spécifications Techniques

La fiche technique de la Surface Pro 2 est connue de longue date, mais il est néanmoins important de procéder à un rapide rappel des faits histoire de vous rafraichir la mémoire.

Si la tablette profite de l’architecture Haswell, elle a également droit à un écran ClearType Full HD de 10.6 pouces capable d’afficher une définition de type 1080p, soit du 1920×1080. Elle est animée par un processeur Intel Core i5 de 4ème génération couplé à 4 Go ou 8 Go de mémoire vive selon les modèles. Même chose pour l’espace de stockage qui démarre à 64 Go et qui monte jusqu’à 512 Go… à condition d’y mettre le prix bien sûr.

Sur tous les modèles, on va trouver du WiFi 802.11 a/b/g/n, une puce Bluetooth 4.0 LE et deux caméras capables de filmer en 720p, des caméras situées de chaque côté de la coque.

Sinon, et bien la Surface Pro 2 embarque des haut-parleurs stéréo, un microphone, un capteur de luminosité ambiante, un accéléromètre, un gyroscope et un magnétomètres.

La connectique est assez complète avec un port USB 3.0, un lecteur de cartes micro SDXC, une prise casque et un port DisplayPort. La tablette est vendue avec un stylet, sans pour autant proposer de logement prévu à cet effet. Rassurez-vous cependant car il sera parfaitement possible de l’accrocher sur le port magnétique dévolu à l’alimentation du terminal.

Relativement compacte (274.5 x 173 x 13.46 mm), la Surface Pro 2 est assez lourde puisqu’elle atteint les 907 grammes sur la balance. Comme nous le verrons un peu plus loin, cela aura d’ailleurs un impact sur son utilisation en mode tablette.

En outre, Microsoft a souhaité décliner sa Surface Pro 2 en plusieurs modèles distincts :

  • Surface Pro 2 64 Go + 4 Go de mémoire vive : 879€.
  • Surface Pro 2 128 Go + 4 Go de mémoire vive : 979€.
  • Surface Pro 2 256 Go + 8 Go de mémoire vive : 1279€.
  • Surface Pro 2 512 Go + 8 Go de mémoire vive : 1779€.

L’ardoise n’est pas donnée, c’est un fait, et ce d’autant qu’elle est vendue sans housse. Si vous souhaitez l’équiper d’une Type Cover 2 ou d’une Touch Cover 2, il faudra ajouter 119.99€ ou 129.99€ à la note.

Point positif en revanche, chaque Surface s’accompagne de 200 Go offerts sur SkyDrive pendant 24 mois, soit un cadeau de 148€.

surface pro 2 2 Test de la Surface Pro 2

Design et ergonomie

Si vous avez déjà eu l’occasion de prendre en main la première Surface Pro, alors ce nouveau modèle ne devrait pas vous dépayser. Microsoft a repris exactement les mêmes lignes, et les mêmes matériaux. La Pro 2 arbore ainsi un châssis en alliage de magnésium (VaporMg), pour un design très haut de gamme. Seul bémol, la coque a tendance à attirer les traces de doigts.

L’ergonomie reste inchangée, elle aussi.

Les boutons dédiés au contrôle du volume se trouvent sur la tranche gauche. C’est aussi à cet endroit qu’on retrouve la prise casque et le port USB 3.0 embarqué. De l’autre côté de l’ardoise, nous pourrons mettre la main sur le port pour cartes micro SDXC, sur la sortie Mini DisplayPort et sur le connecteur magnétique.

Ce dernier fonctionne exactement comme le MagSafe des MacBook Air et des MacBook Pro, mais le connecteur est un peu plus long que sur les machines d’Apple. Les finitions, elles, sont similaires et la Surface Pro 2 n’a absolument rien à envier aux ordinateurs portables pommés de ce côté-là.

Je passe sur le connecteur des « Covers » qui se trouve sur la tranche inférieure et qui ressemble en tout point à celui de la génération précédente. Même chose pour le bouton « home » situé sous l’écran, bouton qui vous permettra de revenir rapidement à l’écran d’accueil de Windows 8.1.

Il reste cependant à évoquer le pied intégré à la coque de l’ardoise, un pied qui est désormais capable de prendre deux positions au lieu d’une. Grâce à ce dernier, la Pro 2 pourra être utilisée sur un bureau, ou sur nos genoux.

Bon, et le poids alors ? Comme indiqué un peu plus haut, la Surface Pro 2 pèse dans les 907 grammes. C’est peu comparé à la plupart des ultra-portables disponibles sur le marché, mais la belle est du coup moins confortable à utiliser en mode tablette. A titre de comparaison, un iPad Air WiFi pèse 469 grammes.

Mais justement, peut-on réellement comparer une Surface Pro 2 à un iPad Air, ou à n’importe quelle autre tablette tactile du marché ?

Je ne le pense pas. Elle ne répond pas à la même problématique, et elle ne permet pas les mêmes usages.

surface pro 2 3 Test de la Surface Pro 2

Ecran, performances & autonomie

L’écran de la Surface Pro 2 atteint les 10.6 pouces et il est capable d’afficher du 1920×1080. La dalle est de bonne qualité, les angles de vue sont confortables et il n’y a rien à dire sur le rendu des couleurs, ou même sur son contraste.

La seule chose qui m’a posé problème, finalement, c’est la taille de l’écran.

Dix pouces, c’est largement suffisant pour glander sur Facebook, pour regarder des vidéos sur YouTube ou même pour faire un peu de Word, mais il suffit de lancer un Photoshop ou d’ouvrir plusieurs fenêtres pour se sentir très à l’étroit. Bon, il n’y a pas de miracle non plus, on ne peut pas avoir une machine extrêmement nomade et un écran de 15 ou de 17 pouces en prime.

Ceci étant dit, il y avait une autre solution à envisager : en réduisant la largeur des bordures, Microsoft aurait parfaitement pu gagner quelques centimètres supplémentaires, et caser ainsi un écran de 12 pouces, ou plus si affinité.

Niveau puissance, par contre, rien à redire. La Surface Pro 2 est extrêmement réactive, et elle tourne aux petits oignons. J’ai même eu l’occasion de jouer à Left 4 Dead 2 et à SimCity dessus, sans aucun souci. C’est d’ailleurs très amusant de contrôler sa ville… du bout des doigts.

Attention cependant à l’espace de stockage. Windows 8.1 est très gourmand et sur les 64 Go de stockage intégrés au premier modèle, il n’en reste finalement que 32 Go pour l’utilisateur. Après avoir installé ces deux jeux, et récupérer quelques programmes en plus, l’espace libre de ma Pro 2 est tombé à… 10 Go. Si vous avez de gros besoins, il vaudra donc mieux opter pour l’un des modèles supérieurs.

Même chose si vous souhaitez vous lancer dans le montage vidéo ou dans le traitement de fichiers RAW. Les 4 Go de la Surface Pro 2 trouveront rapidement leurs limites.

Et l’autonomie alors ?

Microsoft était très attendu au tournant et c’est un peu normal puisque la première Surface Pro atteignait difficilement les quatre heures d’autonomie. La Pro 2, elle, fait beaucoup mieux, surtout depuis le dernier correctif déployé par Microsoft. Elle est ainsi parvenue à dépasser la barre des huit heures chez moi. En lui collant une Power Cover au train, on peut donc espérer dépasser les 10 heures d’autonomie, soit une petite journée de boulot.

Merci Haswell.

surface pro 2 4 Test de la Surface Pro 2

Parlons un peu de Windows 8.1

Comme chacun le sait, la Surface Pro 2 est livrée avec la dernière version du système d’exploitation de Microsoft, soit avec Windows 8.1. Les nouveautés apportées sont nombreuses et touchent essentiellement à l’interface et à l’ergonomie de la solution.

Je pense notamment à l’écran de verrouillage qui est enfin capable d’afficher des notifications enrichies. Formidable, mais tout n’est pas encore parfait puisque ce nouveau système se limite à une seule application. Il n’est ainsi pas possible d’afficher deux notifications enrichies en simultanée.

L’écran d’accueil profite également de quelques améliorations notables. Il y a cette nouvelle taille pour les tuiles, mais pas seulement puisque Windows 8.1 intègre aussi un nouveau mode d’édition mieux pensé, plus intelligent et qui nous permettra de personnaliser rapidement nos raccourcis puisqu’il sera possible de sélectionner plusieurs tuiles pour les modifier, pour les déplacer ou même pour les supprimer.

Les ingénieurs de Microsoft ont également travaillé sur la liste des applications en intégrant de nouveaux filtres. Ces derniers nous permettront de ranger nos applications par ordre alphabétique, par date d’installation, par fréquence d’installation ou même par catégorie. Impossible de ne pas parler de cette recherche universelle redoutable d’efficacité, une recherche qui nous donnera accès aux documents stockés sur notre machine, certes, mais également à des contenus hébergés en ligne, avec une bonne dose de Bing dedans, forcément.

Quelques nouveautés avec le multitâche aussi. Après avoir activé une option cachée dans les paramètres de l’OS, nous pourrons afficher pas moins de trois applications côte à côte. Sympa, et ce n’est pas fini puisque nous pourrons aussi modifier la largeur de nos colonnes à la volée, en tirant sur leur ligne de séparation.

Là dessus, nous avons également droit à de nouvelles applications Modern UI installées nativement sur toutes les machines fonctionnant sous Windows 8.1, des applications comme Cuisine & Vin (pour les fins gourmets), Santé & Fitness (pour les sportifs et les hypocondriaques), Magnétophone (pour enregistrer sa jolie voix) et bien d’autres.

Et puis, il y a le bureau, et plus précisément le retour du bouton « Démarrer ». Grâce à lui, il sera possible de revenir rapidement sur l’écran d’accueil, et un simple clic droit nous donnera accès à un menu contextuel constitué de plusieurs options. Des options renvoyant vers le panneau de configuration, la suppression de programmes ou encore le gestionnaire de périphériques. Notez tout de même que ce menu contextuel était déjà présent dans Windows 8, sans être pour autant très visible.

Ce qui est nouveau, en revanche, c’est que l’utilisateur pourra décider de démarrer directement sur le bureau, ou bien sur l’écran des applications. Pour se faire, il n’aura qu’à aller fouiner dans les propriétés de la barre des tâches.

surface pro 2 5 Test de la Surface Pro 2

Et la Type Cover 2 alors ?

La Surface Pro 2 qui m’a été prêtée par Microsoft s’accompagnait d’une Type Cover 2. Cette dernière reprend les mêmes lignes que le modèle précédent, en apportant une nouveauté notable, à savoir le rétro-clairage.

Désormais, il sera ainsi possible de travailler dans l’obscurité la plus complète, ce qui fera sans doute la joie d’un bon nombre d’entre vous. Si vous le souhaitez, vous pourrez d’ailleurs régler l’intensité du rétro-éclairage en appuyant sur les touches situées en haut du clavier.

Rien à dire sur le confort de frappe, aussi agréable que sur la plupart des ultrabooks haut de gamme du marché.

Le pavé tactile, lui, m’a laissé sur ma faim. Son plus gros défaut, de mon point de vue, c’est sa taille. Il est effectivement très petit, et peu confortable. Tout le problème étant qu’il intègre, en plus, deux boutons situés en bas, et qu’il supporte des gestes « multitouch » en lien avec Windows 8.1. La surface fonctionnelle se résume donc à quelques centimètres carrés et il sera finalement préférable d’investir dans une souris d’appoint.

surface pro 2 6 Test de la Surface Pro 2

La conclusion

La Surface Pro 2 est un très bon produit, c’est un fait et il s’agit sans aucun doute de la meilleure machine hybride disponible sur le marché, avec des finitions exemplaires, une connectique complète et une puissance de calcul très impressionnante pour une machine de son gabarit.

Est-elle sans défauts ? Non, et ce n’est pas très étonnant puisqu’aucun appareil n’est parfait, aussi perfectionné soit-il. Le poids de la belle pourra en rebuter plus d’un, c’est vrai, mais c’est vraiment la taille de son écran qui m’a le plus gêné. Je pense d’ailleurs que Microsoft aurait tout intérêt à lancer une Surface Pro de 12 ou de 13 pouces afin de toucher un public plus large.

Oui, de lancer une nouvelle Surface Pro plus grande, et de continuer à proposer toujours plus d’accessoires pour la gamme car c’est aussi ce qui fait son intérêt.

Il y a les « Covers », bien sûr, mais pas seulement puisque Microsoft a aussi eu le bon goût de travailler sur une station d’accueil entièrement dédiée à sa tablette professionnelle. La Docking Station, c’est son nom, sortira l’année prochaine et elle nous permettra finalement de transformer notre Surface Pro 2 en un véritable ordinateur de bureau, avec plein de ports pour la connecter facilement à nos accessoires.

Bref, vous l’aurez compris, la Surface Pro 2 m’a séduit, et ce alors même que j’ai switché vers OS X en… 2010.