Alors qu’on ne parle que de tablettes et de la concurrence sérieuse que celles-ci risquent de représenter pour les E-Book readers (ou lecteurs de livres numériques à encre électronique), j’étais curieux de tester l’utilisation au quotidien d’une des références sur ce marché : le Sony Reader Touch Edition PRS-600.

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Le service presse de Sony a bien voulu me prêter un exemplaire de l’engin pour un essai longue durée car je pense que c’est le genre de machine dont l’usage ne peut pas se réduire à une simple prise en main technique. D’ailleurs, de technique, il n’y en n’a que très peu, ce qui me laisse penser qu’un E-Book reader, de par son côté assez rudimentaire, n’est pas vraiment un objet pour geek (d’ailleurs les geeks ne lisent pas :-) )

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J’ai donc embarqué la petite machine ultra-plate et légère avec moi pendant plusieurs semaines pour l’utiliser dans la lecture de différents documents. Je précise tout de suite que je n’ai pas lu de bouquin avec pour deux raisons : d’une part la bibliothèque proposée d’origine dans le Sony (des livres libres de droits probablement, ou tombés dans le domaine public) n’est pas vraiment ma tasse de thé, quand elle est en français. D’autre part, moins agréable, ma première et donc unique tentative d’achat d’un E-Book sur la pauvre collection de la Fnac s’est soldée par un échec. J’ai payé 15 euros (le même prix qu’en librairie, ce qui est déjà une aberration) pour un E-Book que je n’ai jamais pu transférer sur le Reader pour cause de message d’erreur relatif à d’obscures notions de droits (DRM) incrustés dans le logiciel Adobe fourni avec la machine. Cool.

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L’E-Book ? Une PDF machine

Je me suis donc contenté de le gaver de documents au format PDF que j’ai récupérés ici et là sur le web, et d’autres que js stockais jusqu’alors sur mon disque dur en me promettant de les lire plus tard, sans jamais avoir le temps de le faire bien sûr.

Et c’est justement dans cet usage que j’ai trouvé l’utilité et même l’efficacité assez remarquable d’un E-Book Reader (Sony ou autre, peu importe) : emporter avec soi tous les dossiers à lire que nous recevons tous régulièrement, dont certains contiennent plusieurs dizaines de pages et que nous rechignons à imprimer, alors qu’ils sont faits sur mesure pour cela (surtout les PDF). Et que du coup nous ne lisons pas.

En fait j’ai réalisé qu’entre le web et les documents imprimés il y avait un vide, une sorte de ventre mou, constitué par toute cette littérature professionnelle ou même personnelle (livres blancs, présentations, transcripts de conférences, verbatims… ), souvent de grande valeur, qui souffrait du manque d’un support adapté pour la lire tranquillement. Trop long pour être lu sur l’écran d’un PC, trop dense pour être imprimé, et avec une mise en page qui ne convient pas à l’écran d’un smartphone, fut-il doté d’un zoom intelligent.

C’est ici qu’intervient l’E-Book reader, comme le chaînon manquant dans notre flux d’informations : léger, fin, maniable, passant inaperçu dans un sac de voyage ou dans un sac à main, celui-ci permet de prolonger la lecture et de parcourir à son rythme des documents qui n’ont autrement pas de place dans une vie entre nomadisme et zapping.

Le confort visuel ne fait que renforcer les atouts d’un tel usage puisqu’il se rapproche très sensiblement de celui d’un document papier, avec les mêmes caractéristiques… mais aussi les mêmes limites : pas de fatigue visuelle, même pour des séances prolongées de lecture, une bonne vision quelque soit l’angle d’inclinaison, et pas de rétro-éclairage, ce qui signifie que vous aurez besoin d’une bonne lumière (et d’une lampe de chevet le soir) pour lire.

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Côté technique, le Sony Reader Touch est assez richement doté, même si on regrettera l’absence de connectivité, qui interdit tout téléchargement de livre à la volée par les réseaux 3G ou WiFi et condamne à importer tous ses documents par une synchronisation avec son PC. Parmi les principales caractéristiques on retiendra :

  • écran tactile 6 pouces Technologie E Ink® Vizplex™  d’une résolution de 800 x 600 (H x L)
  • 8 niveaux de gris
  • mémoire interne : 512 Mo (soit environ 350 livres électroniques)
  • lecteur MemoryStick MS Duo
  • Lecteur carte SD
  • Autonomie : (lecture d’eBooks EPUB) d’environ 7 500 pages
  • formats compatibles : eBooks et fichiers texte gratuits / non sécurisés, EPUB eBook, Adobe® PDF, Microsoft® Word, TXT, RTF, BBeB, eBooks et fichiers texte DRM (sécurisés / achetés), eBooks EPUB (Adept) eBooks BBeB (Marlin), fichiers audio non sécurisés MP3, AAC (la plupart des formats audio DRM exclus), JPEG, GIF, PNG, BMP
  • Largeur : 121 mm
  • Hauteur : 174,3 mm
  • Profondeur : 9,8 mm
  • Poids : 286 g
  • Sortie audio : minijack stéréo 3,5 mm

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Avec l’arrivée de l’iPad, les lecteurs d’E-Books ont-ils encore un avenir ?

Plop plop, vous m’aviez vu venir depuis le début de l’article avec mes gros sabots, je n’allais pas échapper à la mention de l’iPad, que certains ont déjà présenté comme le Kindle Killer. Je ne serais pas aussi radical, mais j’ai l’impression que les E-Book readers peinent à trouver leur public. Appareils trop limités en fonctionnalités, peu sexy voire même d’une relative tristesse qui nous ramène aux premiers temps du multimédia, il faut se remettre en tête régulièrement que ce ne sont que des bouquins électroniques. A ce titre, s’ils n’affolent pas les geeks,  ils devraient intéresser les dévoreurs de littérature. Or ceux-ci ne sont pas non plus précisément dans la cible car ils préfèrent de loin le toucher, l’odeur et toutes les bonnes sensations procurées par le papier. Alors qui d’autre ? Les lecteurs de la presse et des magazines ? Mauvaise pioche, pour ceci le Sony Reader propose un écran presque petit, et en noir et blanc, or le lecteur de presse magazine veut de la couleur. C’est ici justement que le bât blesse, et que l’iPad (ou autre tablette du même genre) pourrait remporter la mise, d’autant que je crois très peu à l’argument qui consiste à dire qu’avec son écran LED le confort de lecture ne permettra pas de l’utiliser comme un E-Book reader. D’abord parce-que s »il s’agit de la lecture d’un magazine, les séances ne sont jamais très longues, on zappe d’un article à un autre. Ensuite comment imaginer que l’on ne puisse lire son magazine préféré sur un iPad alors que l’on passe déjà plusieurs heures par jour sur son écran de PC et autant à parcourir ensuite le web et ses applications média sur le petit écran de son iPhone ?

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Redécouvrir la lecture, le nouvel enjeu du web ?

Reste le problème du choix et de la facilité d’utilisation qui font aujourd’hui le succès de l’iPhone et de ses applications, dont l’utilisation et l’installation sont à la portée de tous, de 5 à 95 ans. En matière de bouquins, mon expérience ne plaide pas en faveur de l’E-Book : choix très limité et cher (bien sûr il y a des sites qui proposent des E-Books gratuits mais s’ils ne m’intéressent pas je ne vais pas les télécharger au seul motif qu’ils sont gratuits, ceci est une mauvaise réponse à un vrai problème), et bugs techniques (même si bien sûr je ne fais pas une généralité d’un incident peut-être isolé).

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Sinon j’ai pensé à une solution intermédiaire, qui pourrait d’ailleurs peut-être s’avérer être une idée de service web : convertir au format E-Book toutes les pages web et tous les articles de blogs et de webzines que l’on parcourt chaque jour, que l’on tagge dans ses favoris (Google Reader, Delicious…) pour plus tard et que l’on ne lit finalement jamais, alors que nous avons tous des plages horaires ou des moments improductifs où nous pourrions les lire. Une fois converties au bon format, il suffirait alors de les transférer sur son lecteur de livres numériques pour les parcourir tranquille et hors ligne dans la salle d’attente du dentiste ou dans le RER.

Une chose est sûre : après la révolution technologique qu’a apporté internet sur la production de l’information et des médias, nous allons assister dans les prochaines années à des changements radicaux dans notre façon de les consommer, sur des supports vraiment adaptés à la lecture. Nous allons tous réapprendre à lire, ce qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour les éditeurs qui auront compris et intégré cette nouvelle donne. Pour les autres…

En conclusion

J’aime bien ça

  • le format, la finesse
  • la légèreté
  • la qualité de l’écran
  • l’écran tactile
  • l’autonomie

j’aime pas trop beaucoup ça

  • le manque de luminosité de l’écran
  • pas de réglage de luminosité
  • pas de connectivité
  • certaines lenteurs occasionnelles
  • pas de HP externe pour l’audio (écoute obligatoire au casque)