Quand Hollywood prend ses quartiers dans la Silicon Valley

Ces derniers mois, Hollywood s’est découvert un nouveau marronnier : les films consacrés aux sociétés informatiques. Un autre film vient d’être annoncé, mais revêt cette fois une toute autre approche narrative.

Après la présentation du projet la semaine dernière, Vincent revient en détail sur The Internship et met l’évènement en perspective.

Nombreuses sont les entreprises et les célébrités qui se sont retrouvées un jour au cœur d’une adaptation cinématographique. Le sport, l’une des principales sources de distraction dans le monde est certainement l’un des exemples les plus frappants. « Course en sac » des frères Lumière est d’ailleurs le premier film consacré au sport, dès 1896.

On citera aussi parmi les principaux succès « Les Chariots de feu » (1924), film « oscarisé » qui s’inspire de l’histoire de deux athlètes britanniques aux JO d’été de 1924 à Paris, « Le Chevalier du stade » (1951) basé sur la vie du footballeur américain Jim Thorpe, ou encore Ali (2001), qui retrace la vie du boxeur Cassius Clay.

Le Cinéma est un lieu d’enchantement, non seulement lorsqu’il s’agit de productions fantastiques, mais bien au-delà, puisque nous nous identifions aussi et rêvons volontiers de la vie des célébrités, adaptée sur nos grands écrans.

Retranscrire et amplifier la réalité

Le Cinéma a la particularité de s’interroger sur ce qu’est la modernité.  Au fil des décennies, nombreuses furent les (r)évolutions racontées aux travers de fictions. En 1936 déjà, Charlie Chaplin se penchait sur l’industrialisation alors en plein essor, dans son film «Les Temps Modernes». En 1987 et en 2010, le contexte financier étant plus que propice, le réalisateur Oliver Stone n’a pas manqué de surfer sur ces crises boursières, en tournant les films à succès «Wall Street» et «Wall Street : l’argent ne dort jamais».

L’entreprise occupant une place de plus en plus importante dans la société moderne, mettre en scène certaines d’entre-elles, semble donc en adéquation avec les attentes du spectateur.

De la comédie au scepticisme, parmi les secteurs d’activités investis ont retrouve ainsi ceux de de la Mode (Le Diable s’habille en Prada), de la Publicité (99 Francs), de la Santé (Contagion), de la Justice – du Droit (L’Amour sans préavis) et j’en passe.

« Le Web » : du petit écran de nos ordinateurs aux salles de Cinéma

Ces derniers mois, Hollywood s’est découvert un nouveau marronnier : les films consacrés aux sociétés informatiques. Le plus jeune de ces créateurs d’entreprises, Mark Zuckerberg, a été le premier héros de la toile à bénéficier de sa propre adaptation cinématographique, alors qu’il n’était âgé que de 26 ans. Sorti en salle en 2010, «The Social Networks» démontre le tournant vécu par l’industrie informatique, passée du stade de la ringardise à celui du glamour. Il faut dire que le casting a joué un rôle important avec la participation du très populaire Justin Timberlake dans le rôle de Sean Parker.

Cette année encore, la Silicon Valley sera au centre de plusieurs productions. Deux biopics sur Steve Jobs retraceront la carrière du père fondateur d’Apple, adulé par des millions de fans, telle une rockstar. Dans l’un d’entre eux, Ashton Kutcher aura la lourde tâche d’incarner ce patron charismatique.

Plus récemment, un autre film a été annoncé, mais révèle cette fois une toute autre approche narrative. Cette comédie potache nommée « The Internship » racontera l’histoire de deux laissés pour compte du numérique, Nick (Owen Wilson) et Billy (Vince Vaught). Une fois de plus la Fox a choisi deux icônes populaires et un bon réalisateur, Shawn Levy, pour faire de son objet cinématographique une production à succès.

Toutefois, la star de ce film n’est ni Owen Wilson, ni Vince Vaught, mais bien l’entreprise dans laquelle se déroule l’histoire : Google. Intégrer le duo déjanté dans une entreprise comme celle-ci n’est pas anodin. La firme de Mountain View ou le cadre de travail serait le plus agréable au Monde, est tout naturellement la société la plus plébiscitée, notamment auprès des jeunes diplômés.


Immerger le spectateur dans ce lieu de désire et de fantasme répond donc parfaitement aux codes du Cinéma à succès. Il ne reste plus maintenant qu’à attendre sa sortie prévue 26 juin dans nos salles, en espérant que Shawn Levy saura nous apporter cette dose d’humour qui caractérise ces films, tout en levant le voile sur certains mythes autour de Google, à l’image de son modèle de recrutement et de quelques divisions d’affaires énigmatiques.

Quoi qu’il en soit la société de Larry Page et Sergey Brin s’offre là un très beau coup de publicité qui ne lui aura pas couté pas le moindre centime. A quand une fiction chez ILIAD avec Jean Dujardin et Guillaume Canet ? Hum… déjà moins tentant.


5 commentaires

  1. C’est intéressant de voir le changement de perception du monde de l’entreprise grâce au développement des starts-up.

    On passe d’une vision très négative de l’entreprise (avec Les Temps Modernes de Chaplin) à une vision idyllique de l’entreprise avec les starts-up californiennes qui se prêtent parfaitement à la réalisation de films.

  2. Merci Vincent pour cet article vraiment intéressante et dont l’approche sort un peu de l’ordinaire 🙂
    Je crois que le Web a quelque chose de fascinant car son explosion a vraiment entraîné une évolution des mentalités tant à l’exterieur de l’entreprise (les utilisateurs) qu’à l’intérieur de l’entreprise (étudiant, mode un peu garage, flambeur, guerre interne, …). Il est normal que tout cela interpelle. Comme tu le mentionnes, il n’y a qu’à voir le succès de The Social Network et la façon Thriller dont le film a été tournée. Ca fonctionne très bien ! Le web cristallise tellement d’émotions différentes de grandeur et de décadence sociales.

    Et je crois que nous sommes nombreux à attendre le biopic sur S.Jobs notamment quand on voit la ressemblance ultra frappante d’Ashton Kutcher. A mon avis, le Web a réellement le vent en poupe à Hollywood et ce n’est qu’un début !!

  3. Si le sujet est maîtrisé pourquoi pas Le deuxième film a l’air plus homouristique on va dire, mais je me demande ce que va donner celui sur Steve Jobs, en espérant qu’il soit proche de la réalité et d’apprendre des choses nouvelles.

  4. Bonjour,
    j’apprécie cette nouvelle orientation dans le monde du cinéma, et je pense que c’est une conséquence logique de notre vécu qui se caractérise par la domination des nouvelles technologies

  5. Une comédie avec le duo Owen Wilson et Vince Vaught ça ne peut qu’être du bon ! (enfin pour ceux qui aiment les comédies genre serial noceurs)

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