Devant certaines erreurs d’interprétation constatées ces derniers jours au sujet de la régulation sur la revente de billets et tickets en ligne imposée par la loi LOPPSI, Quentin Schaepelynck, fondateur et président du site zePASS.com, m’a demandé si je pouvais lui ouvrir les colonnes de Presse-citron afin qu’il publie cette tribune destinée à exposer la réalité des faits. Ce que j’ai accepté volontiers car l’enjeu est de taille, autant pour les internautes consommateurs que pour les start-ups du secteur. Voici ses explications.

ticket [Tribune] LOPPSI et revente de billets en ligne, par Quentin Schaepelynck

La très suivie loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI), votée hier vendredi 21 janvier en deuxième lecture au Sénat, comporte une disposition qui mérite un coup de projecteur.

L’article 24 octies A précise que la revente en ligne de billets d’entrée ou de titres d’accès à une manifestation culturelle, sportive ou commerciale pour en tirer un bénéfice est puni de 15 000 € d’amende, ainsi bien entendu que la confiscation de la chose objet du délit.

Ce texte doit maintenant être confirmé en Commission mixte paritaire.

Ce sont les spéculateurs qui sont visés par ce texte. Depuis quelques années, on observe en effet une multiplication d’acteurs, français ou anglo-saxons, dont la principale activité consiste à assécher le marché pour créer une pénurie et appliquer par la suite des prix de revente prohibitifs. Ces comportements nuisent à la santé financière d’un secteur fragile, et surtout s’attaquent au bout du compte au portefeuille du vrai fan. Cette activité n’apporte aucune valeur ajoutée à la culture. Il s’agit véritablement d’un enrichissement sans cause. On peut par ailleurs légitimement s’interroger sur la compatibilité de telles pratiques avec le dispositif de subventions qu’attribue l’Etat français au spectacle vivant, notamment par le biais de la TVA réduite !

Mais qu’on ne se trompe pas de combat. Il faut savoir que l’écrasante majorité des fans et spectateurs « bons pères de famille » – c’est à dire ceux qui avaient acheté leurs billets pour réellement se rendre au concert mais ont finalement un contretemps – ne cherchent pas à réaliser de bénéfice sur la revente de leur billet. Ils veulent juste ne pas perdre ce qu’ils ont dépensé pour l’acquérir. C’est bien légitime, et cela reste bien entendu autorisé !

Sur la place de marché de billetterie zePASS.com (http://www.zepass.com), nous luttons depuis 2002 contre le marché noir, pour l’intérêt des spectateurs. Sur cette plate-forme, le prix de revente maximum autorisé est limité à la valeur faciale des billets. Ce positionnement, précurseur et qui nous a occasionné bien des « pressions », est ainsi consacré par la disposition adoptée cette semaine par les Sénateurs… Affaire à suivre !

Quentin Schaepelynck