Turbulences aériennes : l’incroyable et surpuissant ramdam des vortex (vidéo)

Comment les vortex provoquent des turbulences de sillage derrière un aéronef, une illustration sonore en vidéo.

vortex

Vous avez peur des turbulences en avion ? N’ayez pas honte, même les voyageurs les plus aguerris ne sont pas toujours très rassurés quand cela commence à secouer comme une lessiveuse en mode essorage, et qu’il faut surveiller son verre de whisky sur sa tablette pour éviter de gaspiller le précieux breuvage s’il lui prenait l’envie subite de s’éparpiller façon puzzle sur vos genoux ou, pire, au plafond de l’aéronef.

Et pourtant, le turbulences sont un phénomène évidemment connu et maitrisé, qui généralement fait à peine lever un sourcil au commandant de bord, le temps d’une annonce polie au micro invitant les passagers à attacher leur ceinture. Une annonce de confort la plupart du temps, et de sécurité individuelle : un trou d’air peut vous catapulter au plafond de la cabine, et faire de la purée avec une clavicule, ou, moins drôle, une cervicale.

Mais un avion ne tombe pas à cause des turbulences, ni ne se brise en deux. Ou alors ce ne sont plus des turbulences, mais un cyclone. D’ailleurs, si cela peut vous rassurer, faites un test (de mon invention), qui vaut ce qu’il vaut : roulez à 50 km/h sur une route un peu bosselée en voiture, et comparez les secousses avec les mouvements que vous ressentez lors de turbulences en avion. Vous aurez plus de chances de renverser votre boisson en voiture qu’en avion. Et pourtant objectivement, la caisse de votre véhicule bouge très peu, vous n’allez pas faire des tonneaux, et la voiture ne va pas se disloquer. Pareil en TGV : qui n’a pas été déséquilibré en se rendant à la voiture bar au aux toilettes, se rattrapant de justesse à un dossier ou un accoudoir. Et pourtant, le TGV est sur une paire de rails, et il n’y a donc pas plus stable. Dites-vous bien que pendant des turbulences « normales », votre avion ne bouge pas plus que votre voiture sur des bosses ou un TGV sur ses rails. Ce qui bouge surtout, c’est votre cÅ“ur (et vos fesses), mus par le stress.

En revanche, en aéronautique civile, il y a un phénomène incroyablement puissant – et dangereux s’il n’est pas pris en compte – et peu connu du grand public : les vortex, ou « tourbillons marginaux », qui provoquent les turbulences de sillage.

Loin de moi l’idée de vous faire un cours magistral sur le sujet, je laisse cela aux spécialistes, et je vous invite à lire cette page ou celle-ci, où tout est parfaitement explicité. On sait par exemple que le crash d’un A300 d’American Airlines sur le quartier du Queens à New York en novembre 2001 était dû à des turbulences de sillage : alors que la règle imposait que l’avion observe un délai minimum de 2 minutes après le Boeing 747 précédent pour décoller, le pilote décida de prendre la piste après seulement 1 minute et 45 secondes d’attente. Une impatience fatale. Dès la phase d’ascension, à quelques centaines de mètres du sol, l’aéronef entrait dans les turbulences de sillage provoquées par les vortex du gros porteur précédent, et il devint incontrôlable, la correction manuelle aux instruments ne permettant pas de compenser le roulis provoqué par les turbulences. Résultat, dans la force des vortex traversés, l’avion perdit sa gouverne puis ses réacteurs, et s’écrasa au sol un peu plus de 2 minutes après le décollage.

Pourquoi je vous parle de tout cela ? A cause de cette vidéo, trouvée sur Gizmodo et commentée par un pilote de ligne expérimenté. Si celle-ci n’est pas spectaculaire d’un point de vue visuel, sa bande-son est édifiante dans sa représentation de la puissance des vortex. Montez le son et tendez bien l’oreille à partir de 0:45, puis écoutez ces sons comme des coups de tonnerre à 0:58. Près d’une minute après le décollage de l’avion, les vortex se manifestent, et on se dit qu’il ne ferait pas bon être dans les parages avec un autre avion dans ce laps de temps.

Maintenant quand votre avion prendra un peu de temps à rejoindre le tarmac, vous saurez pourquoi et vous n’engueulerez plus l’hôtesse.


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