C’est pas moi qui le dis, c’est eux ! Pourtant, il fut un temps, pas si éloigné, où ils étaient plus rebelles : Ce matin, le PDG de Twitter Evan Williams a lui aussi annoncé son intention de s’opposer aux règles de censure chinoises. L’enjeu est certes très différent : contrairement à la firme de Mountain

C’est pas moi qui le dis, c’est eux ! Pourtant, il fut un temps, pas si éloigné, où ils étaient plus rebelles :

Ce matin, le PDG de Twitter Evan Williams a lui aussi annoncé son intention de s’opposer aux règles de censure chinoises. L’enjeu est certes très différent : contrairement à la firme de Mountain View, Twitter n’a jamais activement collaboré aux lois chinoises en posant des filtres sur les contenus qui transitent par son réseau…

C’était aussi un 28 janvier … 2010. Et la Chine ne comptait pas encore plus d’un demi-milliard d’internautes à elle seule, faut comprendre. C’était pourtant bien, de détourner la censure. Tandis que maintenant, va falloir inventer un nouveau poldo-moldave, ou leur écrire en masse, organiser la protestation

Censure, vous avez dit censure ? Euh, oui, mais … chirurgicale (sans les dégâts collatéraux, comme les bombes du même nom ?). Géographique même. Pays par pays. Et puis pas préventive, mais réactive. Parce que comme ils disent, avec un milliard de tweets postés tous les 4 jours (ce qui nous fait quand même plus de 10 millions de tweets à l’heure…), aucun véritable filtrage n’est souhaitable ni réaliste.

Car au fond il y a liberté d’expression et liberté d’expression. Celle qui plaît, et celle qui plaît pas. Le tout c’est de savoir à qui ça plaît pas, et pourquoi : si quelqu’un fait l’apologie du nazisme ou de la pédophilie, faut censurer, c’est clair. Mais en Chine, c’est quoi qui plaît pas ? Je me rappelle une liste de plus de 200 mots clés censurés, avec parmi les mots interdits :

- vérité, compassion, tolérance
- sites Web Occidentaux, publications et groupes de dissidents
- Forum sur la démocratie et la liberté
- Forum sur la voix du peuple
- Indépendance du Tibet
- Massacre de Tiananmen

Et en Syrie, aujourd’hui, c’est quoi qui plaît pas ? Et que serait la révolution du printemps arabe si Twitter avait censuré cette liberté d’expression si chère aux vents démocratiques et si combattue par les dictateurs en tous genres ?

D’ailleurs, à ce stade, il sera intéressant de voir si à l’avenir Twitter joue le jeu de la transparence :

- que censurent-ils ?
- quoi, dans quel(s) pays ?
- pourquoi, sur ordre de qui ?
- etc.

Mais j’en doute fortement. Twitter se défend pourtant de censurer : ils utilisent le verbe « to withhold », retenir : vos tweets ne seront pas censurés, mais retenus !

withheld Twitter va censurer !

Ah, mais voilà l’explication : ce n’est plus de la censure, c’est de la retenue !

Qu’on se le dise… Après tout, ne s’agit-il pas là que de « conceptions différentes de la liberté d’expression », ou de la loi ?