Twitter déclare ne pas être aveugle quant à la réalité des publications abusives

Twitter fait un premier pas en direction de ses usagers qui demandent des moyens pour contrôler les publications abusives sur le réseau social. Des premières mesures symboliques ?

Twitter s’est souvent caché derrière la sacro-sainte ‘liberté d’expression’ pour ‘laisser passer’ certains comportements déviants. Une manière d’agir qui avait causé des désaccords entre le réseau social et le gouvernement français notamment dans l’affaire récente de publications antisémites et homophobes. Twitter avait refusé de donner l’identité de leurs auteurs. Aujourd’hui, c’est suite à une affaire de menaces de viol que l’oiseau bleu décide d »améliorer sa fonction permettant de rapporter une publication jugée abusive.

Dans une note de blog intitulée ‘We hear you’ (Nous vous entendons), Del Harvey, directrice de la sécurité de Twitter, a écrit que parmi les 400 millions de publications qui transitent chaque jour, une vaste majorité est positive. Mais bien évidemment, des propose abusifs sont à déplorer dans cette masse. Dernière affaire en date, Caroline Criado-Perez, féministe anglaise, qui a reçu de nombreux tweets haineux suite au succès de sa demande pour remplacer le visage de Darwin par celui d’une femme sur le futur billet de 10 livres. Parmi ceux-ci se trouvent des menaces de viol ou encore de meurtre.

Twitter

Cette affaire a bien évidemment provoqué une levée de boucliers de la part d’un certain nombre d’internautes qui ont affiché leur soutien à la féministe et demandé une manière de stopper ces comportement abusifs. C’est donc suite à cette histoire que Del Harvey a réagi et a annoncé qu’après le bouton de signalement sur la version iPhone (en place depuis un petit moment déjà), la fonction allait s’étendre sur Android.

Évidemment, cette mesure n’est pas exceptionnelle et encore moins impressionnante. Mais ce qu’il faut voir, c’est Twitter qui commence, tout doucement, à sortir de sa politique de ‘liberté d’expression toute puissante’ sous laquelle tout le monde pouvait se cacher pour dire n’importe quoi. Cette première mesure fait suite à des complaintes d’utilisateurs, une manière de montrer que le réseau social écoute désormais les retours des internautes.

Signaler un comportement abusif sur Twitter.

(sources [1], [2])


9 commentaires

  1. C’est assez inquiétant, car quels seront les rêgles que va choisir twitter pour décider ou pas d’interdire des tweets?
    La legislation US?
    Un nombre de plainte?
    Le plus grand denominateur commun de toutes les legislations?

    Bref, c’est plutot un frein a la liberté d’expression, a la manière d’un facebook ou tout devient politiquement correct et lisse.

    La position initiale de Twitter permettait de garantir la libre expression, celle ci permet de justifier la censure….

  2. Que je suis pressé de vivre dans le monde d’Axel… le monde ou les bisounours ne pourront même plus penser à aller sur le nuage bleu, car la loi aura interdit de discriminer les nuages… Ou un bisounours aura twitter le hashtag « #unbonbisounours est un bisounours sans oreilles ». et il sera incarcéré dans le monde horrible des méchants bisounours pour « moqueries sur les oreilles d’un bisounours ».

    Dans le monde des bisounours, il y a des gens qui vont loin, qui disent des trucs horribles, mais croyez-vous que les bisounours soient tous écervellés ? et qu’il leur suffit de voir un bisounours méchant dire sur twitter qu’il faut tuer quelqu’un pour qu’il le fasse ? ne croyez-vous pas, qu’ils peuvent très bien le faire en vrai, par sms, ou sur des forums fermés ? Connaissez-vous une histoire d’un appel au meurtre qui ait donné lieu à un meurtre ? Croyez-vous que quand Oussama Ben Bisounours a fait ses attentats, il l’a d’abord dit sur Twitter ?

    Et j’en finirais avec une citation de Kant le Bisounours « Certes, on dit : la liberté de parler, ou d’écrire peut nous être retirée par un pouvoir supérieur mais absolument pas celle de penser. Toutefois, quelles seraient l’ampleur et la justesse de notre pensée, si nous ne pensions pas en quelque sorte en communauté avec d’autres à qui nous communiquerions nos pensées et qui nous communiqueraient les leurs ! On peut donc dire que ce pouvoir extérieur qui dérobe aux hommes la liberté de communiquer en public leurs pensées, leur retire aussi la liberté de penser » En gros, je conseil aux états de rentrer dans nos esprits, afin de les modeler à leur convenance…

    • Axel-Cereloz on

      De toute manière dès qu’un article traite de Twitter et de cette fameuse liberté d’expression vous êtes toujours sur le front pour défendre des idées qui n’ont ici aucun rapport avec l’article. De plus, je ne fais ici que relater les faits et non donner mon avis, laissez donc mon monde parfait en dehors de tout ça. Après, vous avez bien raison, menaçons les gens de viol et de meurtre en cachons nous derrière la liberté d’expression, c’est tellement sain… Twitter réagit ici suite à des plaintes d’utilisateurs et ne fait que mettre en avant un bouton de signalement, votre réaction me semble un brin disproportionnée.

  3. Selon certains, il semblerait que « Liberté d’expression » rime avec « Suppression du respect »…
    On peut ne pas être d’accord, on peut le dire haut et fort, mais encore une fois, faut-il vraiment aller jusqu’à des menaces et des propos plus qu’injurieux pour cela ? La haine et l’intolérance, c’est tout ce que vous avez pour faire valoir votre liberté d’expression ?
    En dehors de votre écran, votre voisin peut porter plainte à votre encontre pour menace. Pourquoi ne pourrait-on pas faire de même sur Twitter ou partout ailleurs sur le web, couvert par votre soi-disant « Liberté d’expression », détournée de plus en plus en « liberté de faire ma loi » ?

  4. @JiaJo : Les Etats le font déjà cela s’appelle la propagande. Cela peut se faire à différentes échelles mais il est important de commencer très tôt, ainsi le cursus scolaire est le moyen le plus efficace pour formater les esprits sur un socle commun. Je dis ça pour nos amis Coréen du Nord mais cela s’applique dans une moindre mesure aux Etats-Units et en France. Cela permet de contrôler un minimum les masses. Sans parler de théorie du complot, c’est un état de fait, qui est indispensable au maintien de l’ordre public surtout en des temps de disettes.

  5. Axel> Votre article donne clairement votre point de vue et n’énonce pas « juste » des faits, c’est en grande partie la raison pour laquelle j’ai commenté. Non, je ne pense pas etre hors-sujet. Et oui je ne traite pas du bouton, car 80% de votre article parle de « sacro-sainte ‘liberté d’expression’ pour ‘laisser passer’ certains comportements déviants.  » ou encore « Ã  sortir de sa politique de ‘liberté d’expression toute puissante’ sous laquelle tout le monde pouvait se cacher pour dire n’importe quoi. »… c’est votre droit d’avoir une opinion et de la diffuser, mais en général quand une opinion est bien marqué, il est logique d’avoir des avis contradictoire s’écrire.

    Tatsu> Pour etre honnete, je trouve cela totalement imbécile et ordurier de dire « il faudrait qu’elle se fasse violer » ou je ne trouvais pas specialement drole les hachtags #unbonmusulman, #unbonjuif, #unbonblanc,… tout comme je ne trouve pas drole les blagues de Toto. Mais il faut arreter de penser qu’un mec isolé avec 3 contacts twitter puisse, avec une phrase, faire que des personnes aillent assasiner ou violer quelqu’un. Comme avec le hachtags « #unbonbisounours est un bisounours mort » cela n’a entrainer personne a aller tuer des bisounours. Pourquoi ? Car ce sont des gens sans trop d’amis, et que pour une personne passe a l’acte, il faudrait que l’auteur du tweet soit respecter et aimer par beaucoup de gens…

    Si demain on interdisait aux prisonniers de voir des femmes pendant leur enfermement… et ceci durant 15 ans, à la sortie soit ils ont une femme et tout ce passe bien (enfin pas trop mal), soit … Quand vous interdisez a une personne de dire une imbécilité du type « faudrait la violer celle-la », vous faites en sorte que les prochains qui voudront dire cela sous le ton de l’humour ou de la simple expression passante dans leur cervelle de moineau, aillent sur des espaces privés protégés, et qu’ils se retrouvent entre extremistes… que cette personne s’extremise a fond et cette fois-ci dépassera son écran…
    Ce n’est pas dans les espaces publics que se décident la vie ou la mort de personnes.

    Bref ne vous inquietez pas, on va bien dans votre sens de toute maniere, notre petit bouquin rempli de loi, se rempli chaque jour en nous privant de ces immondes liberté que nous avons, meme notre liberté de dire des conneries…

  6. @JiaJo : Donc, suivant votre raisonnement, un mec dans la rue qui se met à crier « A mort tous les juifs ! », il faut le laisser faire parce qu’il a pas d’ami et qu’il est pas respecté et aimé par beaucoup de gens ? (mais « beaucoup », c’est à partir de combien d’ailleurs ?) C’est vrai, c’est pas comme si des dizaines, voire des centaines, de personnes pouvaient l’entendre et se dire « ah oui, il a peut-être raison… » et générer une haine contre les juifs.
    Le vrai problème de ce genre de tweet, c’est que même si la personne qui l’a posté ne va pas passer à l’acte, ça peut donner des idées à d’autres, les conforter dans l’idées qu’ils ont raison de penser ainsi parce qu’ils ne sont pas seuls à le penser, et c’est comme ça qu’on augmente la haine envers le groupe de personne ciblé et qu’on finit par lire dans les journaux qu’un ados s’est fait tabassé par ses camarades de classes parce qu’il appartenait à ce groupe cible.
    On ne pourra certes pas empêcher les gens de penser avec haine, on pourra pas empêcher les gens d’avoir des conversations extrémistes sur des sites privés, mais rendre tous ces propos publics et les accepter n’est clairement pas une solution.

  7. @ tatsu

    Cent pour cent d’accord avec vous. L’anonymat sur les réseaux est à double tranchant et rares sont ceux qui y profèrent les pires insanités sous leur identité réelle. Ce sont ceux qu’on appelait autrefois des Corbeaux : de lâches anonymographes bourrelés de haine, et parmi eux se trouvent d’authentiques cas psychiatriques aussi ; c’est un sujet malheureusement tabou il semble bien. Et pourtant toute personne ayant fréquenté des forums en a forcément croisé sur sa route.

    Là, il ne s’agit effectivement pas du salutaire exercice de la liberté d’expression, mais soit de propagande pour des idéologies funestes, soit de la projection de la pathologie de l’anonyme malfaisant. Parfois les deux sont liés, pour le pire.

    Et je pense qu’il est urgent que les législateurs se saisissent de ce problème de société majeur puisque l’internet est devenu un moyen de communication massivement utilisé. La loi doit s’appliquer de la même manière sur l’internet que dans tout autre espace public et c’est à ce prix que la liberté d’expression citoyenne sera préservée. Sinon, les abus appelant d’autres abus, l’internet deviendra une zone de non-droit. Il en prend bien le chemin, hélas…

    Autre point qui me paraît important à souligner : il n’y a pas que sur Twitter et Facebook dont la presse fait grand cas que ça se passe, mais sur les plateformes de blogs qui sont les grandes oubliées des médias. Combien de blogs-piloris sont ainsi érigés, parfois pendant des années, sur Blogger, Overblog, WordPress.com et compagnie, où des Corbeaux exhibent leurs proies − ex conjoint(e), ex employeur, ennemis personnels ou politiques, « cible » de grand paranoïaque, etc. − quasi impunément ?

    Faire appliquer la loi sur l’internet est une gageure pour le citoyen ordinaire : la Justice est onéreuse, effroyablement lente… et la Loi elle-même totalement inadaptée à ce nouveau support de la pensée.

    C’est le statut des hébergeurs qu’il faut impérativement revoir de A à Z, avant tout.

  8. mouaif…
    Je rejoindrais plutôt l’avis de JiaJo car , on l’a déjà vu, quand on met en place des moyens de contrôler l’activité publique des Pédo-nazis-terroristes-communistes-violeurs de chatons-mangeurs de twinkies (rayer les mentions inutiles), ils se réfugient dans des endroits plus sombres, plus caché et beaucoup moins a portée des autorités qui pourraient les empêcher de passer a l’acte lors de leur radicalisation.

    De plus, sans parler du nombre d’amis , de contact, du respect dont jouit la personnes, etc.. il ne faut pas les cacher. Si la population ne voit pas que ça existe, elle ne le croira pas. Et quand ce genre de personne se radicalise et en arrive a des action horribles, les gens tombent des nues. Si on, les cache , il n’y aura personnes pour se dresser contre eux.

    @tatsu : pour reprendre votre exemple de crieur public antisémite: les gens qui passent a coté, soient ils s’en désintéresseront , parce qu’ils considèrent qu’un idiot n’a pas besoin d’aide pour se ridiculiser, soit ils iront lui dire (et ils seront rarement tous seuls) a quel point il se trompe (pour être poli). Avec même un peu de chance , il se trouvera parmi ces gens, quelqu’un d’intelligent et de cultiver qui saura parler avec l’idiot pour lui faire comprendre pourquoi il se trompe. Et ainsi arracher un idiot a l’idiotie ambiante. 😉

    Plus sérieusement, et pour conclure, la Liberté d’Expression? Moui aussi, il faut la conserver. Mais c’est surtout pour éviter de se retrouver avec une société lisse et politiquement correcte qui cache ses vices et ses membres peu reluisants qu’il faut éviter que twitter se transforme en facebook.

    merci de votre attention.

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