J’ai donc reçu hier matin mon iPad 16 Go WiFi (voir ici comment je m’y suis pris). Je ne vous proposerai pas de test détaillé de l’engin pour plusieurs raisons : en premier lieu tout a déjà été dit depuis que l’iPad est sorti aux USA il y a un mois et il vous suffira de faire une simple recherche dans Google ou YouTube pour trouver des dizaines de tests et vidéos tous plus exhaustifs les uns que les autres. Ensuite – on l’a assez dit (surtout les détracteurs, d’ailleurs) – l’iPad est une sorte de gros iPod Touch, donc rien de révolutionnaire à montrer ou à démontrer.

ipad impressions intro Une journée avec liPad : premières impressions

Plutôt qu’un test je vous propose ici mes premières impressions en vrac après quelques heures d’utilisation (ou plutôt quelques minutes étalées sur une journée et une soirée). Ceux qui me suivent sur Twitter avaient déjà eu un avant-goût de ma première prise en main dès ma visite à l’Apple Store d’Orlando la semaine dernière.

A l’ouverture de la boîte

- l’iPad est plus petit que je ne l’imaginais. Je me rappelle avoir eu exactement la même impression que lorsque j’ai eu l’iPhone en main la première fois. C’est l’effet vidéo : les objets paraissent toujours plus petits quand on les voit en vrai après les voir longtemps vus sur un écran. Contrairement à ce que j’ai pu souvent lire, il est en-dessous du format A4.

- l’iPad est plus lourd que je ne l’imaginais. Je l’ai pesé : 705 grammes exactement. Soit un poids plus proche d’un netbook de première génération (Asus EeePC 701) que d’un E-book Reader. Pour mémoire, mon Sony Reader affiche 288 grammes sur la proverbiale balance (de cuisine pleine de farine). Nous verrons que cet embonpoint a son importance en termes de manipulation et de confort d’utilisation.

- à la première mise en marche on a droit au même message qu’avec l’iPhone, demandant la connexion à iTunes pour l’activation.

- bonne surprise : la connexion avec iTunes se déroule sans accroc. Alors que l’iPad n’est pas encore officiellement disponible en France il est immédiatement reconnu par iTunes, nommé avec l’icône correspondante, ajouté et la synchronisation est proposée dès la connexion. Ma version d’iTunes est la 9.1.1.12 pour Windows (une mise à jour était arrivée la veille par coïncidence).

- la synchronisation avec iTunes m’a permis de récupérer sur l’iPad l’intégralité des contenus de mon iPhone : musiques, vidéos, photos, applications, agenda, notes et calendrier, soit environ 14 Go de données en ce qui me concerne. Cette première synchro complète a pris environ une heure.

- le câble de synchronisation USB est le même que pour iPhone et iPod. Le chargeur est extérieurement le même, mais il est plus puissant que celui de l’iPhone (10 watts au lieu de 5). Vous pouvez donc utiliser le chargeur de l’iPhone pour charger l’iPad mais ce sera plus long. De toute façon, même si je n’ai aucune compétence en la matière, je pense qu’il n’est pas recommandé d’utiliser le chargeur d’un autre appareil. Les broches de la prise électrique sont américaines, il n’y a pas d’adaptateur universel dans la boîte comme avec certains smartphones (BlackBerry), on reconnaît bien là le minimalisme qui confine à la pingrerie d’Apple. Il faudra donc prévoir un petit adaptateur secteur si vous achetez un iPad aux USA.

ipad impressions Une journée avec liPad : premières impressions

- étonnamment, alors qu’il est bien « homologué » par iTunes en synchronisation filaire avec le PC, l’accès à l’App Store est impossible directement de l’iPad en WiFi. Un message indique que le pays n’est pas reconnu. Apparemment c’est normal tant que l’iPad n’est pas vendu officiellement en France, même si je ne trouve personnellement pas ça très cohérent (ou logique). Pour installer des applications il faut donc se connecter à son PC et passer par iTunes. Ce n’est pas très gênant pour l’usage que je pense en faire, qui sera principalement domestique. Cela peut l’être davantage en situation de mobilité (même si l’on ne télécharge pas des applis toutes les cinq minutes). Heureusement pour cela il y a une solution : se créer un compte iTunes US, qui depuis quelques temps ne nécessite plus de posséder une carte de crédit US (mais qui du coup ne permet que de télécharger des apps gratuites). Toutes les explications ici : Tutoriel : créer un compte iTunes Store américain. Un peu long mais pas compliqué. Sinon pour accéder à toutes las applications de l’App Store français via iTunes avec son iPad, cet article donne quelques liens : Comment acheter des applications iPad avec un compte iTunes français.

- autre surprise : l’application iBooks n’est pas installée nativement sur l’iPad. Il faudra aller la chercher sur l’App Store américain, ce qui justifie d’autant plus de se créer un compte iTunes US comme expliqué dans le paragraphe précédent.

A l’usage

On a déjà tout dit et écrit sur l’iPad et la réalité est encore un peu mieux que cela. Prenez le meilleur iPhone et multipliez toutes ses qualités et les caractéristiques qui en font un objet unique par deux ou trois : l’iPad est plus fluide, plus réactif, plus ergonomique, plus sensible à l’effleurement, (l’écran !), plus précis, plus lumineux, plus puissant, à tel point que quand vous avez joué une journée avec et que vous reprenez votre iPhone 3G, vous avez l’impression de revenir au WAP (bon j’exagère juste un peu).

- l’écran est superbe, ce que j’ai vu de mieux à ce jour sur un terminal mobile. Les habitués de Mac ne seront pas surpris par un standard auquel il sont aguerris.

- les commandes sont très réactives, aucune latence, aucun lag, ça file doux et sans rechigner. L’affichage des pages web est lui aussi hyper rapide, et celui des contenus des applications médias est immédiat. C’est d’ailleurs là que se fait sentir la plus grande différence avec un iPhone 3G (la différences est sûrement moins flagrante avec un 3GS) : le contenu de l’application Le Monde par exemple sont chargés instantanément dès ouverture de l’appli, comme s’ils avaient été chargés avant en tâche de fond, alors qu’il faut bien trente secondes voire plus avec mon iPhone 3G pour tout mettre à jour.

- quand vous utilisez une application iPhone, vous avez le choix entre deux modes d’affichage : d’origine, soit 320×480, ou x2, ce qui ne correspond pas tout à fait à un plein écran et dégrade la qualité de l’image et des textes, qui sont forcément un peu pixellisés. Autre surprise (mais après coup c’est logique), que j’avais déjà mentionnée dans Twitter : quand vous êtes dans une app iPhone, vous n’avez pas le clavier de l’iPad mais celui de l’iPhone. En fait les apps iPhone tournent comme si elles étaient encapsulées dans un émulateur.

- concernant le clavier justement, celui de l’iPad, contrairement à ce que j’ai pu lire, est simplement génial. que vous soyez en mode paysage ou portrait (mais c’est encore mieux en paysage, évidemment), si vous posez l’iPad à l’horizontale sur une table ou vos genoux, légèrement incliné, la saisie de texte est non seulement immédiatement intuitive, mais particulièrement agréable et rapide. Après quelques minutes de prise en main, vous saisirez du texte aussi vite que sur le clavier de votre PC. Si certains sont sceptiques je ferai une petite vidéo de démo.

- l’application Canal+ fonctionne mais pas les contenus cryptés : alors que j’y suis abonné, mon mot de passe est refusé. Je vais me renseigner pour savoir s’il s’agit d’un bug ou d’un verrouillage de type DRM délibéré de la part de Canal. Si c’est le cas c’est juste ignoble de leur part et on se chargera de le faire savoir.

En conclusion

Si l’ergonomie logicielle et l’interface utilisateur ont déjà fait leurs preuves, côté confort d’utilisation et ergonomie matérielle, c’est une autre chanson. Le parti pris esthétique de l’iPad montre les limites d’une certaine vision du perfectionnisme d’Apple et de sa quête pour le minimalisme et les lignes épurées. L’iPad est non seulement lourd (je pense que la dalle capacitive de l’écran y est pour beaucoup) mais peu aisé à prendre en main. Ses surfaces lisses et sans aucun grip sont belles mais peu pratiques. Quand vous marchez avec, et même juste quand vous le soulevez de la table pour le prendre, vous avez peur de le faire tomber car il glisse très facilement des doigts. D’ailleurs, vous ne savez pas comment le prendre et le transporter. Les bords larges de l’écran ne suffisent pas, notamment quand vous le déplacez ou le manipulez alors que vous avez une application ouverte et que vous ne voulez pas cliquer par mégarde. D’autre part, une lecture prolongée, notamment allongé, vous donnera rapidement des crampes aux doigts et aux poignets car vous devez serrer l’iPad entre le pouce et l’index sur une très petite surface, à fortiori si vous voulez saisir du texte. Je pense qu’une housse ou coque en caoutchouc antidérapant comme celles de l’iPhone ne sera pas du luxe pour un usage prolongé en lecture. De ce point de vue on est loin du confort d’un E-Book reader, qui pèse près de trois fois moins, soit le poids d’un bouquin.

Je pense que d’ici quelques mois on reconnaîtra les propriétaires d’iPad à leur physique de mutant à la Popeye avec des avant-bras de déménageurs :-)

Voilà en substance ce que je peux dire sur mes premières impressions. Je reviendrai dans un prochain billet sur l’interface et les réflexions qu’elle m’inspire.