Une levĂ©e de fonds, une traversĂ©e du dĂ©sert, et un fantastique rebond : l’exemple de 360Learning

L’histoire mouvementĂ©e et enthousiasmante de la startup française 360Learning est une belle leçon de tĂ©nacitĂ© et de capacitĂ© Ă  faire Ă©voluer un modĂšle.

360learning


Article rédigé par Thomas Maßtre, fondateur de Vizir.co.
Cet article s’inscrit dans notre rubrique « Paroles de Pros » dans laquelle des acteurs rĂ©putĂ©s du numĂ©rique prennent la parole sur des sujets liĂ©s Ă  l’impact d’internet et des nouvelles technologies sur nos modes de vie.
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Ce mois-ci j’ai eu l’occasion de regarder l’histoire d’une belle startup française : 360Learning. J’ai donc pu aller faire un tour dans leurs bureaux et discuter avec Nicolas Hernandez, l’un des deux fondateurs de la sociĂ©tĂ©.

Petit rappel : 360 Learning est une application qui permet de crĂ©er soi-mĂȘme des parcours de e-learning. C’est une application rĂ©solument B2B, qui cible essentiellement les fonctions RH des groupes, PME ou grandes Ă©coles. C’est un marchĂ© qui peut paraĂźtre dĂ©jĂ  chargĂ© et assez long Ă  pĂ©nĂ©trer (prises de dĂ©cisions assez longues) mais 360Learning, au fil des annĂ©es, a rĂ©ussi Ă  s’y imposer avec brio.

Mais avant la réussite actuelle, le chemin a été long.

Une équipe soudée

Contrairement aux deux exemples prĂ©cĂ©dents (Blablacar, Algolia), 360Learning est crĂ©Ă©e par deux amis d’enfance. Nicolas Hernandez et Guillaume Alary se sont rencontrĂ©s au collĂšge. Nicolas Hernandez est diplĂŽmĂ© de Polytechnique et d’un master de philo en 2008. Il dĂ©bute sa carriĂšre en finance de marchĂ© dans une grande banque. Il y reste un an puis dĂ©missionne. Le job ne l’excite pas. Il cherche d’abord un autre job mais ne trouve pas de suite. Il cherche pendant 1 an et demi. Entretemps, Guillaume se retrouve dans la mĂȘme situation et ils dĂ©cident de monter une boĂźte ensemble.

La traversée du désert

Nous sommes donc fin 2010. Nicolas et Guillaume se lanceront donc sur un idĂ©e qui n’a presque aucun rapport avec 360Learning. Le projet s’appelait Myrtilla et consistait Ă  reprĂ©senter un grand nombre de donnĂ©es sous forme de graph.

TrĂšs vite, ils arrivent Ă  rĂ©colter 280 000€ de leur rĂ©seau dĂ©jĂ  bien fourni.

Mais le cash part vite et le produit, trĂšs technologique, ne rencontre pas encore de succĂšs commercial. Nicolas explique cet Ă©chec par deux facteurs : le premier est qu’ils ont pensĂ© dĂ©velopper un produit complexe avec une Ă©quipe de dĂ©veloppeurs essentiellement composĂ©es de stagiaires. Le second est plus liĂ© Ă  l’écosystĂšme de l’époque. Les incubateurs Ă©taient encore assez rares en 2010, et toute la littĂ©rature et la culture de l’entrepreneuriat numĂ©rique n’était pas encore bien diffusĂ©e en Europe.

AprÚs un an, sans avoir réussi à vendre leur technologie, ils rencontrent Sébastien, leur CTO. Et un mentor les incite à ne plus se concentrer trop sur la technologie, mais à trouver une application parfaite de cette technologie. Ils pensent donc à la connaissance. En effet leur application de modélisation de données permet de générer des tests de connaissances avancées de façon quasiment automatique.

360learning 02

Pendant 1 an, toute l’annĂ©e 2012, ils essayent de vendre cette application aux Ă©coles, aux musĂ©es, aux profs. Cela ne marche pas. Le marchĂ© est trop complexe, pas prĂȘt Ă  payer, et leurs capacitĂ©s de vente sont trop limitĂ©es.

DĂ©but 2013, la fin est proche. L’investissement reçu 2 ans plus tĂŽt est quasiment Ă©coulĂ©. 360Learning ne compte aucun client et aucun chiffre d’affaires. Nicolas raconte cette pĂ©riode comment Ă©tant Ă©prouvante moralement. Ils partent en vacances en se demandant s’ils ne vont pas arrĂȘter.

La bonne Ă©toile

Mais c’est en rentrant de vacances que les discussions s’amorcent avec Orange qui leur dit que s’ils arrivent Ă  rĂ©aliser une formation sociale eux-mĂȘmes, ils signent. Le premier deal tombe en Janvier 2013 pour 5000€. Pas de quoi s’en sortir encore, mais le concept est validĂ©. Nicolas et Guillaume dĂ©cident alors de tout rĂ©investir en AdWords pour acquĂ©rir des nouveaux leads. Et ça marche. Ils rentrent 10 leads par semaines et signent un contrat par mois, jusqu’en juin 2013.

L’idĂ©e est donc validĂ©e, mais surtout le cash rentre et la sociĂ©tĂ© se met Ă  tourner. Fin juin, en moins de 6 mois, 360Learning annonce un revenu annuel rĂ©current aux alentours de 200k

Le décollage

Les fondateurs rencontrent Jean-David Chamborderon (fondateur ISAI) via leur rĂ©seau d’ancien en Juin 2013. Ils cherchent Ă  lever des fonds pour accentuer la croissance et recruter une Ă©quipe performante. A la fin du premier rendez-vous, Jean-David leur en pose un suivant le lendemain. Les choses iront trĂšs vite. La termsheet est signĂ©e quelques jours plus tard, dĂ©but juillet, pour un montant de 1,2M€.

En fin d’annĂ©e 2013 360Learning compte dĂ©jĂ  90 clients avec une Ă©quipe qui reste restreinte (4 personnes).

Mais c’est surtout leur capacitĂ© Ă  accĂ©lĂ©rer leur rythme au fil des ans qui en fait le succĂšs actuel. En effet ils triplent quasiment chaque annĂ©e leur nombre de clients en 2014 et 2015 ce qui reste exceptionnel. Nous n’avons pas Ă©voquĂ© en dĂ©tail les raisons de cette croissance, mais elle vient trĂšs probablement de leur capacitĂ© Ă  dĂ©livrer un produit en adĂ©quation avec leur marchĂ©, de leur capacitĂ© Ă  vendre se produit de façon industrielle, et enfin de constituer une Ă©quipe performante capable de soutenir la croissance.

Conclusion

“Ne nĂ©gligez jamais la traversĂ©e du dĂ©sert” me disait il y a quelques mois l’un de nos coachs. 360Learning illustre typiquement ce cas de figure.

C’est au mental que les trois fondateurs sont allĂ©s chercher cette rĂ©ussite. Leur Ă©quipe est sacrĂ©ment Ă©quilibrĂ©e, et c’est ce qui leur a permis de traverser ces mois de difficultĂ©. C’est peut-ĂȘtre mĂȘme ces expĂ©riences qui leur ont permis d’aller aussi vite une fois leur cible trouvĂ©e.

Un commentaire

  1. Aurélien on

    On dit pas levĂ©e de fonds c’est un anglicisme. Le terme correct est collecte de fonds, campagne de financement…

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