“Recollection, le nouvel album de Laurent Voulzy”.

Recollection, Rockollection ? Nouvel album ? Heinnnnn ?
Quand j’ai vu cette publicitĂ© ce matin Ă  la tĂ©lĂ©vision, et malgrĂ© toute l’affection que j’ai de longue date pour Laurent Voulzy et quelques-unes de ses ritournelles pop Ă©thĂ©rĂ©es, j’ai Ă©tĂ© saisi d’un doute, façon pudique de dire que mon sang n’a fait qu’un tour.

Laurent Voulzy Recollection

Quoi, un nouvel alboume de Voulzy, alors que le dernier en date est sorti il y a Ă  peine deux ans, et que l’on sait que le bonhomme produit pĂ©niblement un nouvel opus tous les 10/15 ans, au rythme nonchalant qui est le sien ? Tout cela me paraissait bien suspect. Surtout Ă  la lecture du titre : Recollection.

J’ai donc sacrifiĂ© une petite partie de mon dimanche après-midi pluvieux autant que Wimbledonien Ă  investiguer avec les moyens du bord afin d’essayer d’en savoir davantage sur cette sortie inopinĂ©e et opportune visant apparemment surtout Ă  faire danser dans les campings Ă  peu de frais (pour les producteurs).
Direction Amazon.fr, où les premiers commentaires des internautes sont sans appel et nous donnent déjà quelques indices, voyez plutôt :
“Je me suis procurĂ© le dernier Laurent Voulzy, c’est une catastrophe! Une vraie faute de goĂ»t… Les rares moments “nouveaux” sont d’insipides rengaines. Comptez 38 mn de karaokĂ© nul (…)”
Ou encore :
“Laurent Voulzy (…) qui s’offre le dernier verre (est-ce vraiment le dernier) avec cette relecture gueule-de-bois extensive et totalmente superflue de la mĂŞme Rockollection avec les mĂŞmes couplets auxquels il a ajoutĂ© de nouvelles citations (70s et 80s) dont certaines Ă©taient dĂ©jĂ  dans le live et qu’il a emballĂ© dans un papier cadeau pop-synthĂ©-bruitages, applaudissements et choeur pour faire joli. Bien sĂ»r ça va cartonner, et puis c’est l’Ă©tĂ©, mais franchement le coup du rĂ©chauffĂ© finit par sentir le brĂ»lĂ©.”

Bon, apparemment les soupçons sont confirmĂ©s : Recollection ne serait pas vĂ©ritablement un “nouvel album”, et n’aurait de nouveau que le morceau inĂ©dit Jellybean (très moyen et archi-entendu), le reste Ă©tant une sorte de gloubi-boulga de remix d’anciens tubes de Voulzy mĂ©langĂ©s Ă  des standards Ă  la sauce Rockollection auquel on aurait ajoutĂ© d’autres hits plus rĂ©cents.
Je parle au conditionnel car hormis Jellybean, je n’ai pas pu Ă©couter un seul autre titre, et pour cause : ni Amazon ni Alapage.com ne proposent l’album en prĂ©-Ă©coute (sont pas fous…), et si on peut en Ă©couter des extraits sur Fnac.com, ceux-ci sont toujours au format RealMedia, que plus personne n’utilise depuis longtemps mais que la Fnac s’entĂŞte Ă  utiliser pour des raisons qui m’Ă©chappent, ledit format ne dĂ©clenchant pas l’Ă©coute mais une belle erreur de page .asp sur mes PC…
Un petit tour sue Deezer ne m’en dira pas plus.
N’ayant pas 15,99 euros Ă  gaspiller dans un album juste pour une Ă©coute visant Ă  vĂ©rifier si mes doutes sont fondĂ©s, je me rends alors sur le site de Laurent Voulzy, et c’est la mĂŞme bouteille Ă  l’encre : aucune prĂ©-Ă©coute, juste une mauvaise vidĂ©o (le clip de Jellybean) Ă  se mettre sous la dent, dont la qualitĂ© sonore pitoyable ne fait que dĂ©montrer une fois de plus la trouille des producteurs vis-Ă -vis de toute diffusion libre sur internet (envoyons-leur un son pourrave Ă  ces petits cons d’internautes, ça leur apprendra Ă  copier), et quelques vagues photos aux forts relents de dĂ©jĂ  vu.

Récapitulons, nous avons :

  • une publicitĂ© louche sur les chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision aux heures grand public vantant un nouvel album de Laurent Voulzy
  • un album inĂ©coutable sur les sites qui le proposent Ă  la vente
  • un Fnac.com qui s’obstine Ă  proposer de la prĂ©-Ă©coute dans un format qui fait chier tout le monde
  • un site officiel de l’artiste qui ne fournit que le minimum syndical et qui donne surtout envie de fuir
  • une mĂ©thode gĂ©nĂ©rale essayant de faire passer du vieux pour du neuf, autrement dit un album de compilation de reprises pour un “nouvel album”

Les Ă©tals sont prĂŞts, le pastis est au frais, les vendeurs sur leur 31. Bref, tous les ingrĂ©dients pour ce qui s’apparenterait presque Ă  une bonne grosse tromperie organisĂ©e sont lĂ . Reste plus qu’Ă  attendre les premiers chalands.
Sauf que nous ne sommes plus en 1977, et que cette façon de procĂ©der très old school rappelle un peu trop des mĂ©thodes que l’on croyait Ă  jamais rĂ©volues, celles d’une Ă©poque oĂą les maisons de disque faisaient la loi et rĂ©gnait sur le marchĂ© sans partage.

Dommage pour Voulzy, dommage qu’il accepte de se laisser entraĂ®ner dans un tel marchĂ© de dupes.
Dommage pour nous, dommage pour ses fans.
Désolé Laurent, on ne marche plus.

Et les majors de se demander encore pourquoi les gens n’achètent plus de CD…