"C’est une courbe qui décline rapidement. Sur une visite moyenne, les internautes lisent la moitié des informations seulement sur les pages contenant 111 mots ou moins.Dans l’échantillon complet, la page moyenne contient 593 mots. Donc, en moyenne, les lecteurs ont le temps de lire 28% des mots s’ils dédient tout leur temps à la lecture.

"C’est une courbe qui décline rapidement. Sur une visite moyenne, les internautes lisent la moitié des informations seulement sur les pages contenant 111 mots ou moins.
Dans l’échantillon complet, la page moyenne contient 593 mots. Donc, en moyenne, les lecteurs ont le temps de lire 28% des mots s’ils dédient tout leur temps à la lecture. De façon plus réaliste, ils liront 20% de la page moyenne."

La dernière étude de Jakob Nielsen sur le comportement de lecture des internautes semble confirmer ce que nous supposions déjà : l’internaute scanne davantage qu’il lit, mais surtout, son temps de cerveau disponible est limité, et l’incite à privilégier les textes courts et à négliger des articles trop longs.
Autrement dit, plus tu fais long et plus tu as de chances de faire fuir le lecteur.
Ce qui n’est pas forcément une très bonne nouvelle quand on essaie de faire des articles un peu fouillés et argumentés et que, comme votre serviteur, on a parfois un peu de mal à exprimer l’essentiel de sa pensée profonde en peu de mots.
Cela dit, faire court est un exercice intellectuel intéressant et bénéfique pour tout le monde : le lecteur, qui gagnera du temps, mais le rédacteur également, qui s’entraînera ainsi à structurer son discours sans le diluer et lui donnera plus d’impact.
Autre avantage, qui accessoirement fera économiser un peu de bande passante et évitera les polémiques potentielles : aller à l’essentiel présente beaucoup plus de chances d’être compris. J’ai en effet remarqué à diverses occasions qu’un billet (trop) long est souvent source d’incompréhensions, d’interprétations et finalement de malentendus, qui demandent ensuite une énergie folle pour être corrigés.
C’est normal et humain : si c’est trop long, le lecteur pressé lit en diagonale, ou on ne va pas au bout. Résultat : il comprend de travers (diagonale = travers, ça se tient).
Ce qui ne l’empêche pas de commenter. Mais de commenter de travers, aussi.
Du troll involontaire en quelque sorte, assez décourageant pour l’auteur.

L’étude de Nielsen traite des sites web en général et non pas du cas des blogs en particulier, qui ont la spécificité d’afficher en moyenne une dizaine d’article par page, ce qui tendrait à diluer encore beaucoup plus l’attention des lecteurs qu’un portail classique.
Que faut-il en déduire ?
- n’afficher systématiquement que les extraits d’articles sur la page d’accueil, soit environ deux lignes, suivies du classique (et parfois énervant, même s’il m’arrive aussi de l’utiliser) "Lire la suite" ?
- adopter la méthode de certains blogs qui consiste à n’afficher que le dernier billet en page d’accueil, suivi de la liste des titres des autres articles ?

Autre élément à prendre en compte : la longueur d’un article n’est pas forcément rédhibitoire selon la thématique du blog et son lectorat. Un blog de niche, expert dans son domaine et ciblant un public initié n’effraiera certainement pas ses lecteurs avec de longs articles. Un site de vulgarisation destiné à un public plus large peut également s’offrir le luxe de faire long tout en étant garanti d’avoir un lectorat attentif.
Idem pour un blog d’opinion.
Si vous faites dans le people ou le blog de sport en revanche, mieux vaut s’adapter au format correspondant : si vous ne zappez pas pour vos lecteurs, ce sont eux qui le feront à l’insu de votre plein gré.

Au-delà de la simple notion de longueur, la structure d’un texte relève aussi à mon sens de l’ergonomie, voire même du webdesign : regardez un article bien structuré (chapo, paragraphes, alineas, listes…), vous constaterez qu’il émane souvent d’une tête bien faite. Il y a du design là-dedans, et ce n’est pas pour rien que l’on parle d’infographie : un beau texte est aussi un texte qui a de la gueule visuellement parlant, avant même que vous l’ayez lu. Un truc sexy, un truc qui fait envie.
J’en déduirais presque que le texte court (mais disant l’essentiel) est au texte (trop) long ce que la page d’accueil de Google est au portail trop riche : un modèle d’ergonomie minimaliste…

Voilà, c’était pas trop long là ?