Grâce à l’intelligence artificielle, la startup White transforme les métiers de la finance d’entreprise

Adieu la saisie de factures pour les professionnels de la comptabilité et de l’audit ! White Accounting, créé en 2013 par 2 entrepreneurs français, est en train de véritablement moderniser ces métiers.

A l’origine de White, Benjamin et Olivier, deux jeunes professionnels de la finance d’entreprise devenus startuppers dans la Fintech. Partant du constat que dans les cabinets d’audit et d’expertise comptable une bonne partie du temps de travail est dédiée à la saisie manuelle de factures, ils se sont lancés en 2013 dans la création d’une solution qui libère les professionnels de ces tâches qui peuvent être automatisées afin de faire prendre le virage digital à ces métiers. « Des grands groupes aux petites entreprises, le travail comptable et financier repose sur les informations saisies à partir de contrats, factures, reçus, etc. Tout part de là »., précise Olivier.

Les fondateur de la startup White, Olivier Milla et Benjamin Deplus

Une technologie pointue pour supprimer les tâches humainement peu intéressantes

L’automatisation de la saisie semble inéluctable mais le challenge pour y parvenir est de taille, me révèle Benjamin en décrivant les longs mois d’apprentissage de leur solution. « Il s’agit de faire digérer de grandes quantités de documents à une intelligence artificielle, au bon rythme, pour lui permettre de reconnaître tout type de document et les données qu’il contient avec un risque d’erreur minime. » Ces technologies sont au cÅ“ur de la recherche en intelligence artificielle d’aujourd’hui : un ordinateur peut-il lire et comprendre un texte et son impact sur les finances de l’entreprise ?

Pour expliquer la complexité, il prend l’exemple d’une facture de téléphone professionnelle qui peut comporter plusieurs pages et des éléments aussi variés que des dates, un total et un sous-total, des taux de TVA, l’adresse de la société, le numéro du service clients… La solution doit être en mesure de reconnaître chacun de ces éléments pour pouvoir les traiter et les catégoriser avec une fiabilité quasi absolue. Un autre exemple atteste de la prouesse technique : le ticket de caisse de restaurant que l’on sort de son portefeuille lorsqu’on se met à faire ses notes de frais. Il suffit de prendre le ticket en photo et de l’uploader dans White. La solution est capable de le lire pour en trouver le montant, en faisant bien la différence entre un « zéro » et un « o », ou encore entre un « C » et un « â‚¬ »Â (pas toujours évident sur un ticket froissé !). La somme est ensuite placée au bon endroit dans les comptes de l’entreprise, tenus en temps réel par White.

Passé l’ « effet whaou  » de la démonstration par Benjamin, on apprend que des centaines de milliers de scénari sont effectués par la solution pour comprendre le document le plus finement possible. « Il s’agit d’un véritable travail de construction d’information« .
Un expert comptable expérimenté, lui, est capable de traiter environ 300 factures par jour. Il travaille en moyenne pour une quarantaine d’entreprises clientes qui comptent environ 1500 documents à saisir et traiter chaque année (dans le cas d’une TPE). Je vous laisse imaginer le temps qu’il peut gagner en utilisant une solution comme White. Une fois les documents automatiquement traités, il ne lui reste plus qu’à parcourir l’interface en ligne pour s’assurer que tout a bien été saisi et catégorisé. S’il apporte des modifications, elles seront prises en compte pour le traitement des documents suivants. Le comptable peut ainsi consacrer le temps qu’il a gagné à l’analyse des dépenses pour conseiller son client, ou bien à la recherche de nouveaux clients.

Une startup qui maîtrise son rythme de croissance

Une solution telle que White pourrait être perçue comme une menace par les auditeurs et comptables. Ils pourraient en effet redouter qu’une plateforme vienne se positionner entre les comptables et les clients pour proposer des services moins chers, et faire virer la profession vers le low-cost. Là où White aurait pu être tenté par cette stratégie, Benjamin et Olivier ont pour vision de proposer une solution permettant de rendre la main aux comptables. « Notre outil est là pour faciliter le travail du comptable, mais en bout de ligne, celui qui assure la qualité des comptes, c’est le comptable. Les réticences tombent donc assez vite ». Les auditeurs et les experts comptables voient dans White un « outil d’amélioration de la productivité des cabinets, qui peuvent dédier du temps à  faire de l’analyse, du conseil et du commercial au lieu de recopier des factures ».

White accounting

Pour leur développement, Benjamin et Olivier ont pu être accompagnés par Microsoft Ventures, l’accélérateur de Microsoft, qui héberge notamment leur technologie et avec qui ils travaillent main dans la main. Cela est important pour eux de s’appuyer sur des acteurs reconnus comme Microsoft afin de notamment rassurer les clients. Plusieurs petits puis gros cabinets d’expertise comptable ont déjà adopté la solution White. Cela a permis au système d’apprendre à digérer de plus en plus grosses quantités de données et à faire face aux pics d’activité. La startup est désormais en test avec de grands groupes d’audit et d’expertise comptable ce qui augure d’une belle croissance pour cette startup. La conclusion d’une importante levée de fonds est d’ailleurs prévue dans les prochaines semaines.

9 commentaires

  1. Je suis comptable et donc interesse par ce genre de « nouveaute ». Tout d’abord, je voudrais dire que le scan/reconnaissance/automatisation etait deja utilise dans le cabinet pour lequel je travaillais il y a 18 ans… J’espere que les technologies ont evoluees depuis mais ce n’est en aucun une revolution comme l’article voudrait le faire croire.

    Ensuite, avez-vous visite le site de ces jeunes entrepreneurs? Tout comptable vous le dira, la confiance est un element primordial de notre metier (d’ou la revue fiduciaire…). Et franchement, qui pourrait avoir confiance dans une application alors que le site est un travail d’amateur? J’ai beaucoup de mal a croire que le projet ait ete initie en 2013 et que le site en soit encore a ce niveau la…

  2. J’emets aussi des doutes sur « l’intelligence artificielle » evoquee dans le titre. Est-ce que cette solution apprend par elle-meme et est capable de faire des choix en fonction de donnees qui ne lui ont pas ete fournies mais qu’elle a deduite de part son experience?

    • Hélène Quaniaux on

      Bonjour, merci pour le commentaire. J’ai demandé une démonstration à l’équipe de White et j’ai pris le temps d’interroger quelques utilisateurs avant d’écrire cet article. Je vous assure que le titre est pertinent. Par ailleurs l’interface proposée aux clients semble vraiment bien conçue.

  3. Merci pour votre commentaire, je pense qu’une démonstration est la meilleure des propositions que je puisse vous faire. Il s’agit bien d’intelligence artificielle pointue, le titre choisit dans l’article est plus que justifié. Que dire d’autre à part que les sous-traitants de saisies commence à travailler avec nous tout comme certain grand groupe d’audit.

  4. Intéressant… cependant, pour apprécier la prestation, il me semble qu’il faut avant tout être un professionnel de la comptabilité.
    Je n’épiloguerai pas sur l’intérêt purement financier du produit, au détriment, comme toujours de l’humain et de l’emploi, c’est un autre débat. De quoi vivrons-nous quand toutes ces tâches que vous qualifiez d' »humainement peu intéressantes » auront disparu au sacrosaint profit de l’optimisation des effectifs et des marges ???

    @ DEPLUS, prenez soin de relire vos deux dernières phrases, bourrée de fautes d’orthographe.
    IL est, à mon sens, essentiel de rédiger correctement si vous voulez être crédible
    LP

    Patron qui attend avec impatience la retraite et qui vous laissera bien volontiers mettre en place le monde numérique merveilleux que vous nous concoctez !

    • Hélène Quaniaux on

      Bonjour LP,
      Merci d’avoir pris le temps de livrer votre point de vue. Je me permets de réagir pour vous indiquer que je trouve très malvenu de se permettre ce type de remarque sur l’orthographe lorsque l’on n’est pas soit-même irréprochable. Il manque en effet un « s » à « bourrées ».
      Belle fin de journée.

  5. Je ne suis certes pas irréprochable en orthographe, comme tout un chacun, mais moi je n’ai rien à vendre et cela n’affecte pas mon image ou celle de mon entreprise.
    Il s’agit simplement d’une remarque de ma part, sans arrière-pensée, du genre de celles que j’ai pu faire à mes enfants par le passé, ni plus, ni moins.

  6. Bonjour,

    Les métiers de la comptabilité sont les prochaines « victimes » de la révolution numérique. Il ne fait pas de doute que d’ici quelques années, les fastidieux travaux d’écriture qui occupent des milliers et centaines de milliers de comptables, experts comptables, assistants en tout genre, vont disparaître au profit de ces outils dotés d’un peu de machine learning.
    Les grands cabinets ne s’y sont pas trompé et investissent déjà à foison dans ce genre de startups ou de produits.

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