Après une première journée déjà chargée, avec notamment l’ouverture du CIUEN 2012 et du Salon du Numérique, l’événement a pris une nouvelle ampleur dès mercredi avec l’ouverture « officielle » du www2012.

Billet rédigé par Christophe Ramel. Social Media Manager au sein de l’agence digitale acti, il participe à la couverture de l’événement Lyon Capitale Mondiale du Web pour Presse-Citron. Retrouvez Christophe sur son blog Kriisiis.fr, ou sur Twitter, @Kriisiis.

Après une première journée déjà chargée en émotions, avec notamment l’ouverture du CIUEN 2012 et du Salon du Numérique, l’événement a pris une nouvelle ampleur dès mercredi avec l’ouverture « officielle » du www2012. Si cette nouvelle dimension « scientifique » ne me rassurait pas plus que ça (« @Dclauzel : Aujourd’hui, moins de Décideurs Pressés et plus d’Informaticiens Barbus »), j’attendais cependant avec impatience les différentes conférences, et notamment les interventions de Sir Tim Berners Lee (créateur du World Wide Web) et de Neelie Kroes (Commissaire Européenne en charge de la Société Numérique). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu !

www01 www2012 Lyon : Regards sur les keynotes de mercredi et jeudi

« Hadopi is so ridiculous »

Je faisais partie, mercredi matin, des quelques 2.500 personnes à se réunir dans l’amphithéâtre pour la cérémonie d’ouverture du 21ème www2012. Se sont succédés dans un premier temps le Président de l’Université de Lyon Michel Lussault, le Maire de Lyon Gérard Collomb (« Le web change nos vies, crée des liens, booste l’économie, permet à nos habitants de devenir des acteurs de notre fonctionnement »), Michel Cosnard de l’INRIA (« Le web est une science plus qu’une technologie : une science des interactions entre individus ») ou encore Amer-Yahia Sihem (CNRS). Difficile cependant d’effacer Tim Bernes Lee des esprits, qui intervenait quelques minutes plus tard !

Introduit par Fabien Gandon (INRIA), Sir Tim Bernes Lee a rappelé qu’il prônait les applications mobiles ouvertes (« S’il vous plait développez des applications mobiles en HTML5, pas des applications natives ! ») avant de donner son avis sur les hackeurs (« Ils font partie de notre culture, à moins qu’ils ne soient complètement anarchistes ») puis de dire quelques mots sur le web ouvert et l’Open Data (« Si vous devez choisir un candidat lors d’une élection, regardez ce qu’il dit de l’Open Data ! » – « Nous devons consacrer du temps à la défense du web ouvert, et nous’opposer à la réduction de notre droit à l’information par certains gouvernements ») ; une intervention que Clubic résume très bien.

www02 www2012 Lyon : Regards sur les keynotes de mercredi et jeudi

Le lendemain matin, Chris Welty (IBM Research) présentait le travail derrière Watson, un ordinateur « intelligent » (théoriquement) capable de répondre à des questions. Je dis bien théoriquement, car si pour les humains, la difficulté est de connaître la réponse, pour les ordinateurs, la difficulté est de comprendre la question. Et ce n’est pas toujours simple : « L’Intelligence de la Machine n’est pas la même que l’Intelligence de l’Homme ; la réflexion n’est pas construite de la même manière »). Au final, le résultat est surprenant, même s’il y a encore quelques « hic » : à la question « This frenchman was the father of bacteriology », Watson répond par exemple : « How tasty was my little frenchman ».

Dans la foulée, Neelie Kroes intervenait dans la conférence « The Web as Human Right », en compagnie de Philippe Couve (Journaliste), Tim Bernes Lee et Gilles Babinet (Président du Conseil National du Numérique). Une conférence qui comme prévu, a vite évolué vers un débat sur les droits d’auteurs plutôt que sur les droits fondamentaux. Probablement ma conférence préférée cependant, notamment pour le discours engagé auquel nous avons eu droit (« Il est clair que nous devons faire ce que nous pouvons pour prévenir la censure – Neelie Kroes » – « Hadopi est si ridicule ! – Tim Bernes Lee »), sans parler de l’état d’esprit de ce dernier, toujours aussi appréciable : « Si tu n’aimes pas le système, alors imagine la version dont tu rêves, et code ! Développe-la ! »).

Si une bonne partie du programme (constitué principalement d’ateliers et de workshops) s’avérait trop scientifique pour moi, je ne peux que reconnaître l’intérêt de ces keynotes. L’événement « Lyon, Capitale Mondiale du Web » se termine ce vendredi soir, mais certaines de ces interventions resteront probablement gravées dans les esprits de bon nombre de participants. Au moins jusqu’au www2013, programmé à Rio de Janeiro (Brésil) du 13 au 17 Mai 2013 ?