Les problèmes de connexion entre Free et Youtube persistent. Xavier Niel, le PDG de Free, annonce ne pas vouloir « se laisser faire » mais qu’en est-il vraiment?

Les utilisateurs de Free le constatent chaque jour, se connecter à YouTube aux heures de pointe est quasiment impossible. En cause : le conflit entre Free et Google qui est loin d’être nouveau. Xavier Niel s’est expliqué dans le magazine 01Net qui sort aujourd’hui.

« YouTube et Google estiment qu’ils ont un tel pouvoir d’attractivité qu’ils vont pouvoir utiliser nos réseaux sans rémunérer l’excès de trafic qu’ils générèrent [..] On a décidé de ne pas se laisser faire »

youtube free YouTube : Free vs Google, Xavier Niel, PDG de Free sexplique

Bien qu’au final, ce soient les internautes qui paient les pots cassés, Xavier Niel estime que cette démarche est nécessaire. « Si on ne fait pas ça aujourd’hui, les abonnements vont grimper de 5 à 15 euros par mois, juste pour payer le surplus de la bande passante de Google. Mieux vaut une petite crise des débits maintenant que des prix élevés demain. »

Mais cette annonce n’est-elle pas excessive ? Si ces chiffres étaient exacts, le coût d’une connexion correcte à YouTube coûterait entre 320 et 950 millions d’euros par an à Free! En 2012 l ’ARCEP a publié un rapport sur le sujet.

La réalité est la suivante : un abonné paye 13€ par mois de frais réseaux en ADSL (coûts qui n’augmentent pas avec le trafic) et environ 2€ de coût de transport et de collecte de données qui dépend de la consommation de l’internaute mais qui reste limité (une consommation 3 fois plus élevée induit une augmentation de 6% à 12% de ce coût). Qu’en est-il des coûts pour assurer une bonne connexion ? L’ARCEP explique la chose suivante : « les coûts supportés par un FAI pour assurer sa connectivité mondiale sont très réduits, de l’ordre de la dizaine de centimes d’euros par abonné fixe et par mois ». Nous sommes donc bien loin des 5 à 15€ de monsieur Niel.

Pourtant ce dernier assure sa bonne foi : « En attendant, on ne bride l’accès à personne, mais on arrête l’escalade : on a un tuyau d’une certaine taille pour le trafic de Google et on n’en rajoute pas ». Remis en cause par de nombreux internautes sur ses propositions, il semblerait que le PDG de Free lutte finalement moins contre l’énorme trafic de YouTube que contre un futur concurrent qui risque de lui causer du tort : la Google TV.

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