Comment lever 30 millions de dollars avec des chats (et des souris)

Dans les réussites du web (américain, forcément), il y a des histoires tellement décalées qu’on ne sait plus s’il faut s’en émouvoir, applaudir des quatre pattes ou s’énerver un peu de n’être pas né du bon côté du grand bleu et d’être un européen un peu compliqué dans sa tête. L’histoire en question, celle du

Dans les réussites du web (américain, forcément), il y a des histoires tellement décalées qu’on ne sait plus s’il faut s’en émouvoir, applaudir des quatre pattes ou s’énerver un peu de n’être pas né du bon côté du grand bleu et d’être un européen un peu compliqué dans sa tête.

L’histoire en question, celle du jour en tout cas, c’est celle de Cheezburger Network, ce réseau de sites consacrés exclusivement à des petits trucs débiles de la vie quotidienne qui ont dans des temps plus reculés fait la fortune de Vidéo Gag et la gloire du grand Bernard Montiel. Voilà un réseau lancé il y a non pas quinze, non pas dix, non pas cinq, mais seulement trois ans (putain, trois ans !), qui regroupe une quarantaine de sites ayant tous pour thème principal le LOL dans tous ses états, avec un goût prononcé pour les facéties félines, puisque le lolcat reste la marque de fabrique du groupe. Dans le réseau on trouve donc un peu de tout, pour peu que cela soit drôle, filmé et que cela implique animaux ou humains dans des situations comiques et imprévues.

Une start-up dont la réussite aussi météorique que phénoménale repose sur pas grand chose, ou plutôt sur ce qui constitue un peu la quête ou le rêve de tout éditeur : vivre confortablement des revenus publicitaires générés par l’énorme trafic de sites dont les contenus sont apportés gratuitement par les internautes. Vidéo Gag, vous dis-je (en remplaçant « internaute » par « téléspectateur »). Parmi les sites les plus connus du réseau, citons entre autres I Can Has Cheezburger, ou encore le Fail Blog. Même si vous n’en n’avez jamais entendu parler, dites-vous bien que vous avez forcément déjà au moins une fois des images extraites de ces sites, comme notamment des chatons rigolos avec des légendes en mauvais anglais souvent incompréhensible, ou à tout le moins ésotérique pour nous.

Et pourtant, l’humour drôle et facile est aussi un truc éminemment sérieux puisqu’on peut monter un gros business avec : en trois ans le réseau Cheezburger a réussi à hisser ses sites parmi les plus visités au monde, avec au dernier recensement, tenez-vous bien, 375 millions de pages vues mensuelles. Pour comparaison, l’ensemble des titres du New York Times totalise environ 700 millions de pages vues avec près de 1300 salariés, alors que Cheezburger en compte une cinquantaine… Et comme le trafic attire l’argent (mais parfois aussi l’inverse), il advient ce qu’il devait arriver : Cheezburger Network vient de lever trente millions de dollars auprès de quatre sociétés de capital-risque. Un apport d’argent tout frais qui lui permettra de doubler ses effectifs, principalement des modérateurs, et de lancer d’autres sites.

Une histoire où simplicité et big money ont réussi leur mariage, donc, et qui démontre qu’il reste une vie à côté de Youbook et de FaceTube.


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15 commentaires

  1. La France a toujours 10 ans de retard sur les US donc logiquement d’ici 5 ans (en se bougeant) on pourra faire la mm chose. D’ailleurs Eric si j’étais toi je commencerais déjà à entraîner mon chat 😉

  2. Parfois je me trouve ridicule avec mes sites qui souhaitent approrter du contenu, de la réflexion…
    Parfois je me dis qu’il suffirait de ne plus se soucier de droit d’auteur et compagnie, faire un gros truc, le revendre et partir…
    Mais pourtant je continue…

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  4. Comment expliquer ce décalage des deux côtés de l’atlantique ?
    Je pense pas que ça soit une question d’avance ou de retard. Il y a en des sites fr qui propose ce genre de contenu ( un WP avec à chaque post une liste d’images ).

    Est ce le public qui fait toute la différence ?

    Voici un autre exemple de site (un peu moins impressionnant) mais qui totalise plus de 300 000 visites par jour : thechive.com

  5. Je suis sûr que le même concept peut aussi bien marcher en France (exemple : Koreus) mais le problème de faire un site en français c’est que le public francophone est moins nombreux.

  6. Je crois que tu n’as eu les clés pour comprendre l’humour des LOLcats. Franchement,c’est beaucoup beaucoup plus fin et drole que Video gag. C’est aussi beaucoup plus créatif et moins gratuit. C’est ce qui explique la fréquentation élevée des sites et le succès de leur levée de fond. Bon je vais pas en faire un paté (pour chats) mais il y a un vrai talent (comique) derrière tout cela. C’est normal que ca paye.

    @Antoine : « marché de niche » 🙂

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