HADOPI fait des petits… aux USA !

Les principaux fournisseurs d’accès à internet, sous la pression des lobbies de l’industrie de l’entertainment, viennent de se mettre d’accord pour déployer sur leurs réseaux un système de surveillance des internautes soupçonnés de s’adonner au téléchargement illégal.

En France il a fallu une commission, des débats, des allers-retours parlementaires et finalement une haute autorité et une loi pour mettre en place un système boiteux et contesté de surveillance des internautes afin de lutter contre le piratage : HADOPI.

Aux USA pas besoin de tout cet attirail juridico-politique à l’efficacité douteuse : les principaux fournisseurs d’accès à internet, sous la pression des lobbies de l’industrie de l’entertainment, viennent de se mettre d’accord pour déployer sur leurs réseaux un système de surveillance des internautes soupçonnés de s’adonner au téléchargement illégal.

Riposte graduée à la sauce américaine

Sur un modèle que l’on dirait fortement inspiré de la fameuse « riposte graduée » de notre super HADOPI, le processus d’avertissement et de sanction sera constitué de 6 alertes envoyées aux internautes visés, avec une progressivité dans la tonalité des avertissements. Le premier sera une simple notification par email, alors que les avertissements 5 et 6 entraîneront une série de mesures coercitives allant du bridage du débit de la connexion jusqu’à la coupure de l’accès à internet.

Selon les FAI qui vont mettre en place ces procédures, parmi lesquels AT&T, Comcast, et Verizon, le système est censé d’abord miser sur la pédagogie. D’autre part, à chaque étape de l’avertissement, l’internaute devra répondre afin de démontrer qu’il l’a bien reçu et compris. Enfin les internautes sanctionnés auront la possibilité de contester la décision prise à leur encontre.

Un dispositif qui rappelle donc fortement celui mis en place chez nous, à deux nuances près : il s’agit ici d’une initiative privée et non pas d’une loi issue du gouvernement, et d’autre part les FAI agissent directement sans avoir recours à une société extérieure pour surveiller les internautes. D’autre part la « graduation » des avertissements comporte des étapes supplémentaires (6 au lieu de 3 avec HADOPI). En revanche, en l’absence d’un juge pour statuer et pondérer, le dispositif peut s’avérer plus arbitraire, même si en vérité je ne suis pas convaincu par ce dernier argument.

Il sera intéressant d’observer les réactions des internautes et des blogs américains après cette initiative et de voir si elle déclenche le même tollé que HADOPI chez nous. Feu !

(source)


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6 commentaires

  1. Pingback: Les FAI américains vont mettre en place des sanctions graduées contre le téléchargement illégal « Le fil d'infos vu par la CFTC des Hôpitaux de Strasbourg

  2. En voyant le titre de l’article j’ai eu peur, mais finalement ça semble pas si effrayant que ça la décision prise par les FAI américain. Après tout (je vais me mettre du monde à dos) le téléchargement reste une activité illégale qu’il faut réussir à endiguer (même si je ne suis pas sûr que la solution soit la prohibition mais plutôt mettre en place un nouveau système de diffusion des oeuvres).

    Mais comme tu le dit le meilleur moyen de juger sera de surveiller la blogosphere US ! Wait and see

  3. Hadopi est une profonde niaiserie qui fait exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire, c’est à dire favoriser la diffusion légale d’œuvres à travers la mise en place de tiers de confiance gérant des bibliothèques personnelles (ne contenant que les références des ouvres, pas des copies), tiers de confiance ayant une interdiction stricte de regarder dedans ou d’en publier le contenu, et fonctions éditeurs et magasins en ligne complétement séparées de la fonction « notariale » ou « tiers de confiance ».
    Répression ? Sur les centres et non utilisateurs finaux, P2P vaste hypocrisie dans les termes, toujours des centres dans le piratage du fait de la nécessité de constituer des catalogues. Un peu plus développé ci-dessous :
    http://iiscn.wordpress.com/201.....hadopi-etc
    Aucune offre légale non monopolistique, non pénible pour les utilisateurs, et respectant le caractére privé de leurs bibliolhèques (disco, video, sito thèques) ne peut se mettre en place sans ces « tiers de confiance » et « comptes de licences contrats » personnels associés.

    Quant à la licence globale, ce serait bien évidemment la pire des solutions :
    http://iiscn.wordpress.com/201.....e-globale/

  4. Impressionnant ce pouvoir et cette surveillance de tous de la part de l’industrie du  » divertissement  » !
    Mais relisez 1984, ça ne vous dit rien cet écran dans chaque foyer, relié à la police de la pensée, impossible à éteindre, qui surveille, évalue, interprète tous vos faits et gestes…
    Pour votre bien évidemment !
    Manuel

  5. @manuel

    Oui c’est clair, on pourrait aussi penser à « total recall » (ou « starship troopers » je ne suis plus sûr), où les gens au début du film n’écoutent plus que des vieux jingles de pub dans des voitures électriques, d’une certaine manière déjà un peu le cas avec youtube ou DM (même si pas que de la pub loin de là heureusement, mais globalement plus anciennes choses que nouvelles quand même). Mais d’une part je ne pense pas que tout cela se mette vraiment en place, du fait entre autres des vrais défis de l’époque aujourd’hui plus ou moins masqués : énergie et pic de production pétrolier en particulier, matières premières en général, d’autre part « quand ça chauffe », les « vrais » oeuvres, littérature en particulier reviennent. Sans compter l’hypocrisie incroyable vis à vis du P2P et le fait qu’il serait beaucoup moins cher, beaucoup plus facile et efficace de s’en prendre aux centres de piratage et non utilisateurs finaux, sans aucun besoin de logiciel de mesure, filtrage sur les appareils des lecteurs/utilisateurs.

  6. point de vue internaute c’est vraiment une restriction des libertés, mais bon il faut dire que regarder des films en streaming, telecharger des cd etc c’est pas légal et cela cause du tord et pas mal de personnes. Alors cela me choque sans plus.

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