Justice : un sextoy espionnait ses utilisateurs

Nul n’est censé ignorer la loi et lorsque l’on souhaite profiter de l’émergence d’un nouveau marché comme levier de croissance, il convient de se renseigner un peu sur la législation, cela évite de terminer sur les bancs d’un tribunal, un spécialiste des sextoys vient de l’apprendre à ses dépens.

Le sextoy conservait les données d'utilisation sur un serveur

La société canadienne Standard Innovation, qui pensait surfer allègrement sur la vague des objets connectés en proposant un sextoy connecté configurable depuis son smartphone, a dû s’expliquer devant la justice canadienne, après qu’une plainte collective ait été déposée à son encontre par de nombreux utilisateurs mécontents.

Un sextoy épinglé pour l’espionnage de ses utilisateurs

En effet, son vibromasseur connecté baptisé We Vibe avait séduit de nombreux acheteurs et acheteuses, car il permettait d’être contrôlé à distance depuis un smartphone, sauf qu’il ne faisait pas que cela…La société canadienne Standard Innovation semble avoir pris quelques libertés au niveau de la problématique de la vie privée. L’entreprise stockait les données d’utilisation des sextoys sur ses serveurs.

La plupart des informations étaient conservées par l’entreprise : fréquence d’utilisation, réglage du sextoy, température, etc. des données intimes que de nombreux clients n’appréciaient plus de savoir sur un serveur et relationnées à leur smartphone. D’autant que l’entreprise n’a pas été capable de démontrer un risque zéro en termes de sécurité, puisque durant l’édition 2016 de la Defcon, des spécialistes de la cyber sécurité avaient découvert plusieurs failles touchant le système du vibromasseur We Vibe. Le risque de voir l’application du sextoy se faire pirater et les données fuiter dans la nature était donc grand.

La justice a condamné la société Standard Innovation à payer 4 millions de dollars canadiens d’amende. Une condamnation acceptée par l’entreprise qui a dit vouloir s’acquitter de cette amende et se mettre en conformité avec la législation. Cette enveloppe permettra aux plaignants de pouvoir obtenir jusqu’à 10 000 dollars de dédommagement chacun. Un coup dur pour l’entreprise qui ne pensait certainement pas que son sextoy lui créerait autant de problèmes.


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3 commentaires

  1. géraldine on

    La société qui notait les durées d’utilisation, les modes de vibrations et même l’email des utilisatrice a été condamnée et les plaignantes peuvent demander jusqu’à 10 000$ de dédommagement.

    Du coup je me demande pour mon ex : il connait les heures de nos rapports, leur intensité et il connait même mon email. Puis-je lui demander moi aussi 10 000$ ?

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