Une semaine en Harley XR1200X

Suite à la présentation de sa gamme 2010 à Londres, Harley-Davidson France m’avait donc proposé le prêt d’un modèle de mon choix pour une durée de sept jours, privilège généralement réservé à la presse spécialisée.

Suite à la présentation de sa gamme 2010 à Londres, Harley-Davidson France m’avait donc proposé le prêt d’un modèle de mon choix pour une durée de sept jours, privilège généralement réservé à la presse spécialisée.


(photo : Harley-Davidson)

En fait la genèse de ce contact inattendu avec Harley remonte à plusieurs années, puisqu’elle trouve son origine dans ce billet : Born to be wireless, publié en juillet 2005, quelques semaines après le lancement de Presse-citron. Selon l’agence qui gère les relations presse et médias sociaux pour Harley France (ou Europe), ce petit article avait attiré leur attention. Il y en a eu quelques autres depuis.

La balade du sportster heureux

Puisque j’avais le choix, ma préférence s’est portée sur le modèle « sportif » de la gamme, la XR1200X. Je mets des guillemets à « sportif » car même s’il s’agit d’un gros cube aux lignes racées qui tranchent avec le style habituel Harley, cette imposante bécane ne possède pas les caractéristiques qui lui permettraient de rivaliser avec une japonaise ou une italienne sur circuit.

Une petite précision en préambule : ceci n’est pas un essai classique comme ceux que vous trouverez sur les sites ou magazines spécialisés, qui font cela bien mieux que moi puisque c’est leur métier, mais un recueil d’impressions personnelles et subjectives en temps qu’utilisateur.

La Harley XR1200X est un sportster, ou selon l’expression américaine des années 50/60, un café racer, à savoir une moto pour faire de la balade urbaine ou péri-urbaine, et enquiller tranquille sur des départementales sinueuses. Un peu l’équivalent en deux roues du hot-rod immortalisé par ZZ Top et American Graffiti : une machine puissante et pleine de couple pour accélérer fort et épater les filles entre deux terrasses de cafés, idéale pour descendre dans le midi en oubliant l’autoroute, en plusieurs étapes si possible, ou dévaler la Highway One au coucher de soleil. J’en ai des frissons de plaisir rien que d’en parler.

Mon premier contact avec la belle s’est donc déroulé chez l’un des deux concessionnaires Harley de Lyon, à Dardilly, où la machine avait été livrée le matin même de Paris, avec un peu moins de mille kilomètres au compteur. Neuve mais pas trop. Idéal pour un premier run.

(photo : Harley-Davidson)

Prise en main : facile mais virile

La prise en main est d’une simplicité enfantine puisque, fidèle à l’esprit du sporster et de la marque, le XR1200X est une machine sans fioriture : une clé de contact et un antivol de direction à l’ancienne tous les deux situés à droite sur le cadre sous le réservoir, des instruments de bord réduits à leur plus simple expression, à savoir un tachymètre (numérique quand même) et un gros compte-tour… et c’est tout. Une légère pression sur le bouton du démarreur (pas de kick, quand même) et la magie commence. A noter quand même : la XR1200X est dotée d’origine d’une système électronique antivol avec alarme.

Le feulement rauque mais feutré du gros v-twin 1200cc Evolution remplit l’espace sans ostentation, mais on comprend bien le message : on va pouvoir compter sur lui et ça sent le gros couple à tous les régimes. Une première accélération entre deux ronds-points confirme l’impression : ça tracte sévère ! Le couple à bas régime est impressionnant et quand on n’a pas piloté un gros cube comme c’était mon cas depuis plusieurs années, il ne faut pas oublier se s’accrocher au guidon car la moindre accélération aurait tendance à vous arracher tranquillement les bras. Une moto musclée et virile, assurément. Impression renforcée par la position de conduite, assez verticale, un peu comme sur un trail, et l’absence totale de protection, tant il est vrai que l’on ne pourrait imaginer une seconde la faute de goût que représenterait l’installation d’un saute-vent sur ce pur-sang.

Une maniabilité jubilatoire pour une moto du quotidien

Côté pilotage, les amortisseurs de mon modèle étaient réglés en position sport. La maniabilité est excellente, et après quelques kilomètres sur périphérique puis en ville, je me suis senti parfaitement à l’aise, comme si je n’avais jamais cessé la moto, et surtout comme si j’utilisais cet engin depuis longtemps. Le freinage est très puissant et bien équilibré, et même si tout le monde ne partage apparemment pas cet avis, je trouve que le mordant du frein arrière est excellent. Mais je laisse aux spécialiste le soin d’apprécier ceci mieux que moi car je n’ai aucun point de comparaison avec d’autres motos actuelles, mon dernier baroud en moto remontant à plus de dix ans à l’occasion d’un trip dans l’ouest américain à bord d’une Suzuki Intruder louée sur place. Sachez cependant que le XR1200X ne possède pas d’ABS.

La météo étant de notre côté en cette semaine de mi-octobre, pile pendant le prêt de la moto, avec des journées d’été indien à vingt-cinq degrés, j’ai laissé ma voiture au garage et j’ai effectué tous mes déplacements, y compris le soir, y compris les rendez-vous extérieurs (ça tombe bien j’en avais beaucoup cette semaine-là) avec la Harley, qui est devenu mon véhicule quotidien de façon extrêmement naturelle. Ce qui m’a permis de retrouver, outre la joie que procure le pilotage d’une grosse machine dans ses déplacements quotidiens, y compris en milieu urbain, le plaisir de diviser les temps de trajet par deux, trois ou quatre, et de ne jamais avoir à chercher une place pour se garer. Le plaisir aussi de laisser sur place tout ce qui roule sur quatre roues.

Le week-end arrivant, j’en ai profité pour faire une petite escapade sur les routes des monts du lyonnais avec mon frangin et sa BMW 1200 GS, poussant même jusqu’en terrain hostile puisque nous avons gaillardement franchi la dangereuse frontière entre Rhône et Loire pour poursuivre notre petit périple au soleil couchant jusqu’aux contreforts de la verte Auvergne. Ce qui a permis de confirmer les premières impressions. La XR1200X est faite pour ça : le cruising sur routes sinueuses, ponctué de quelques bonnes montées en régime (et en adrénaline) entre deux virolets, où la bête se transforme en vraie machine de musculation pour les biceps et les épaules.

Ferme et confortable

La position de conduite est bonne, confortable, même si à mon goût les jambes sont peut-être un peu trop fléchies en raison d’une selle finalement assez basse. Il sera en revanche difficile d’envisager un long trajet sans pause, pour les raisons déjà évoquées : pas de pare-brise, aucune protection et une grosse prise au vent rendant une longue étape autoroutière à moyenne élevée hautement improbable. J’ai fait une petite pointe de vitesse pour tester sur autoroute pendant quelques minutes et ça tirait très fort, trop fort sur les bras. Autre limitation : le réservoir lilliputien qui autorise une autonomie très limitée que j’évalue à moins de trois-cent kilomètres car il n’y a pas de jauge de niveau de carburant mais juste une diode d’alerte visuelle vous indiquant qu’il est temps de passer à la pompe.

Les commandes sont fidèles également à ce que l’on connait chez Harley : précises mais fermes. On n’évite pas – même sur ce modèle sportif – le claquement familier de la boîte de vitesse au changement de rapport, et le passage entre première et seconde est parfois un peu lent. Le sélecteur est également très dur, et je conseille des vraies bottes renforcées en cas de long trajet avec changements fréquents de rapports si vous ne voulez pas avoir le cou de pied et vos espadrilles en compote à la fin de la journée.

Ayant terminé notre excursion à la nuit noire, j’ai pu constater une autre limite de ce modèle : l’éclairage n’est pas son fort, et le retour sur routes sinueuses et sous les étoiles, quoique merveilleux, fut un peu rock’n’roll en raison de la faiblesse du halo fourni par le phare avant.

En conclusion

J’ai découvert un style de moto que je ne connaissais que sur les magazines, une moto de balade, ni super-sportive ni engin au long cours, un vrai truc d’esthète, un peu décalé et finalement assez unique dans son genre puisqu’il y a peu de chances qu’elle attire les fans hardcore de Harley, ni les amateurs de grand tourisme à la japonaise. Je crois en fait que le XR1200X plaira à la même clientèle que celle qui roule aujourd’hui en Triumph, en Buell, ou éventuellement en BMW ou Ducati, ou aux amoureux de la marque qui souhaitent changer un peu du custom Harley traditionnel. Une vraie moto de plaisir et de sensations brutes, sans chichis.

J’aime bien ça

  • le look (la version noir mat est vraiment superbe)
  • la prise en main facile et la maniabilité
  • le couple du v-twin à bas régime
  • la position de conduite
  • le freinage mordant
  • l’exclusivité du concept
  • les clignotants qui s’arrêtent automatiquement selon l’angle, la vitesse et la durée
  • c’est une Harley !

J’aime pas trop beaucoup ça

  • moto exclusive, transport d’un passager presque impossible ou très inconfortable en simple dépannage
  • tableau de bord incomplet, manque d’informations (jauge, température extérieure…)
  • boîte de vitesses un peu dure
  • autonomie un peu juste
  • contact et antivol de direction pas très pratiques
  • le moteur chauffe un peu à l’arrêt en ville

Les caractéristiques complètes de la Harley-Davidson XR1200X sont ici.
Prix : à partir de 12.390,00 euros
Le site Harley-Davidson France : http://www.harley-davidson.com/fr

J’en profite pour remercier au passage les collaborateurs du concessionnaire Harley de Dardilly, aussi cool que la marque, qui m’ont donné les clés de la bécane en toute confiance.

(les photos de cet article ont été faites avec mon iPhone 4, sauf celles marqués Harley-Davidson)


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30 commentaires

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  4. Hmm, j’en parlais ce week-end que je voulais m’acheter une harley. Faudra que j’en teste l’année prochaine
    Mais vraiment sympa l’article l

  5. Sur TechCrunch un auteur d’article a eu droit à une Ford Edge Sport pendant une semaine…
    A quand le compte-rendu de la cafetière Moulinex pendant une semaine, ou du cirage x… pendant 1 mois ?
    Critique gratuite ? Peut-être ; mais j’accepte le prêt pendant une semaine d’une friteuse S……… ou d’une montre R…. en échange de ce commentaire.
    Cordialement
    Manu

  6. Ca c’est un essai détaillé, bien plus humain et intéressant que les avis trop techniques des magazines.
    Maintenant ils pourraient faire gagner une semaine d’essai à un de tes lecteurs 🙂

  7. Pas mal ton essai, juste deux choses…

    Pour la température extérieure, on s’en fout, si c’est blanc, c’est qu’il gèle et qu’on va morfler (testé la semaine dernière pour aller bosser malgré la grève des trains ininterrompue sur ma ligne depuis 2 semaines maintenant) 🙂

    Et surtout le café racer est un concept anglais, pas américain

  8. Alors quelle surprise !! il parait que ce site n’existe plus,dixit google.
    Le mal est à présent réparé…ravi de faire votre connaissance,Je trouve cette moto quelque peu masculine et difficile du point de vue esthétique,pourrais je avoir le point de vue d’une femme,y en a t-il une ??

  9. Faire le buzz sur le net,c’est aussi utile que de balayer le plafond…Et ensuite,on presse le citron !!

  10. je ne m’y connais pas trop en moto mais elle est belle cette Harley…cependant je fais partie des gens a vélo..question eco et fitness a la fois(-:

  11. J’ai adoré ce test… je suis sur le point d’acheter ma première Harley et j’ai un énorme doute entre la FatBoy et cette magnifique XR1200X.Vous me direz rien à voir…c’est justement la le problème les 2 styles me plaisent énormément mais bon la balance commence a pencher vers cette belle bête toute de noire vêtue.

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