Samsung n’aura pas pu résister à la tentation de couper l’herbe sous le pied d’Apple. Personne (ou presque) n’est passé à côté des rumeurs de lancement d’un iPhone 17 Air plus fin que jamais pour la rentrée de septembre. Pas question pour Samsung de laisser la primeur à son rival : en mai, le Coréen dégainait le Galaxy S25 Edge, le smartphone (non-pliant) le plus fin au monde. Et toc !
Avec ses 5,8 mm d’épaisseur et (surtout) ses 163 grammes sur la balance, le Galaxy S25 Edge est une merveille. Nous avions d’ailleurs été impressionnés par les prouesses réalisées par l’équipe design de Samsung lors de notre première prise en main. Mais passé l’effet « whaou », que vaut ce smartphone ultra-fin vendu la bagatelle de 1 249 euros ? D’ailleurs, à quoi sert un smartphone ultra-fin ? Qu’apporte-t-il au quotidien ? Pour le savoir, nous l’avons utilisé pendant un mois.
Notre test du Galaxy S25 Edge en vidéo !
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Un petit bijou

En attendant de savoir ce que nous ont préparé les designers Apple, nous ne pouvons que nous extasier devant le travail de Samsung : le Galaxy S25 Edge est sublime. Ce charme fou repose évidemment sur sa grande finesse de 5,8 mm d’épaisseur pour 163 grammes : on avait presque oublié qu’un smartphone pouvait être aussi léger.
Nous pourrions nous étaler sur une description de nos impressions une fois le téléphone en main, mais il est de ces appareils qu’il faut toucher pour en apprécier tout le sel. Plus que sa finesse – finalement peu confortable à cause d’arêtes trop anguleuses – c’est sa grande légèreté qui nous transporte. Le Galaxy S25 Edge est bien un smartphone d’exception.

Samsung aurait-il trouvé le format parfait ? Pas vraiment. La miniaturisation des optiques photo ne permet pas encore de les loger dans un châssis aussi fin. Résultat, le module photo dépasse allègrement et porte l’épaisseur à près d’un centimètre. Surtout, sa position dans le coin supérieur gauche ne permet pas de manipuler le téléphone lorsqu’il est posé sur une table. Cette protubérance rend aussi difficile l’insertion du téléphone dans une poche de pantalon un peu serré : le module accroche systématiquement la bordure.
Parmi les autres imperfections, on note le port USB-C pas tout à fait au centre ainsi que les arêtes anguleuses qui rendent l’utilisation à une main périlleuse et inconfortable. Des petits défauts qui n’entachent pas vraiment l’excellent travail des équipes design de Samsung mais qui illustrent tout de même les limites de ce format si singulier.
Quid de la solidité

Lors de notre première prise en main du Galaxy S25 Edge, nous avions quelques doutes quant à la fragilité supposée d’un smartphone aussi fin. Après un mois de test, toutes nos craintes sont dissipées.
Samsung a pris toutes les précautions nécessaires afin d’éviter une catastrophe industrielle digne du « bendgate » (à la sortie de l’iPhone 6, certains modèles se cassaient en deux dans les poches des utilisateurs). D’abord, la coque est recouverte de titane, un matériau aux propriétés intéressantes pour ce type d’appareil. Plus léger que l’aluminium et le verre, il est aussi bien plus solide. Bien joué : nous avons glissé le S25 Edge principalement dans des pantalons ajustés durant notre mois de test et il est resté dans un état impeccable.
Le Galaxy S25 Edge est aussi certifié IP68, ce qui lui assure une résistance à l’eau et à la poussière. Jusqu’ici tout va bien.
Beaucoup (trop) de compromis

Chez Presse-citron, nous avons la chance de rencontrer régulièrement les équipes d’ingénieurs de toutes marques. Tous s’accordent sur un point : créer des produits technologiques, c’est répondre à des contraintes d’espace.
En se lançant dans un projet de smartphone ultra-fin, Samsung a donc imposé des limitations très importantes à ses ingénieurs. Dans ce jeu d’équilibre, la question est donc de savoir quels éléments ont été sacrifiés.

Rassurez-vous, l’écran a été épargné. Samsung équipe le S25 Edge de la même dalle que celle du S25+. De technologie AMOLED, l’écran de 6,7’’ affiche les contenus en QHD avec un taux de rafraîchissement adaptatif de 120 Hz. Il est aussi compatible HDR10+. Rien à redire donc sur la qualité de cet écran très lumineux, aux excellents contrastes.
Tout juste pouvons nous lui reprocher une calibration en sortie d’usine peu fidèle malgré une bonne maîtrise de la température. Rien de très méchant à l’usage sauf pour les photographes qui souhaiteraient retoucher leurs photos directement sur le smartphone. Un petit tour dans les réglages permet de corriger partiellement le problème.
Voilà pour les technologies sur lesquelles Samsung ne fait aucun compromis. C’est tout ? Oui, c’est tout.
Compromis sur les performances

Samsung a beau avoir équipé le S25 Edge de la dernière puce Snapdragon 8 Elite, les performances laissent parfois à désirer. En théorie, ce SoC promet une puissance phénoménale. C’est bien le cas, à condition de limiter le temps d’utilisation.
Malgré l’intégration d’un système de refroidissement plus performant, le S25 Edge a bien du mal à dissiper la chaleur lorsqu’on le sollicite un peu trop. Par « un peu trop », comprenez quelques minutes de jeu, de shooting/retouche photo ou de dialogue avec l’IA.
Les benchmarks réalisés par le 01Lab confirment nos impressions : les graphiques affichent une importante baisse de puissance après quelques minutes. Samsung a poussé très fort sur le curseur du throttling, procédé consistant à réduire les performances afin d’éviter la surchauffe.
Résultat : la puissance du Snapdragon 8 Elite n’est jamais exploitée à son plein potentiel.
Compromis sur l’autonomie

Nous nous en doutions à la lecture de la fiche technique, nous le confirmons après un mois de test : l’autonomie du Galaxy S25 Edge n’est pas à la hauteur d’un smartphone de cette gamme. Pour une raison qui nous échappe, Samsung n’a pas intégré de batterie silicium-carbone, nouvelle technologie permettant d’augmenter la capacité de batterie dans un volume restreint. Une batterie lithium-ion classique de 3 900 mAh alimente donc la bête : insuffisant pour répondre aux besoins des utilisateurs actuels.
Nous n’avons jamais dépassé la journée d’utilisation, même en usant des fonctionnalités d’économie d’énergie. Au mieux, nous le rechargions à 21h pour une journée démarrée à 7h. En déplacement (1h de partage de connexion, quelques photos, productivité, vidéos Youtube) le S25 Edge a tenu la cadence de 7h à 18h. Quelle déception !
Samsung aurait pu nous consoler avec une charge ultra-rapide mais il a encore joué la sécurité (la charge rapide fait chauffer les batteries très vite). Avec une puissance maximale de 25 W, il faut environ 1h30 au Galaxy S25 Edge pour retrouver tout son énergie. Pour un smartphone à ce prix, c’est la douche froide.
Compromis sur la photo

Le module photo du Galaxy S25 Edge n’intègre que deux optiques : un grand-angle avec capteur de 200 MP (le même que celui du Galaxy S25 Ultra) ainsi qu’un ultra grand-angle avec capteur de 12 MP. Pas de téléobjectif pour des raisons évidentes de place.
En choisissant un capteur de 200 MP, Samsung compense partiellement l’absence de téléobjectif par un zoom numérique excellent jusqu’à un zoom 2x, efficace jusqu’à un zoom 4x, inexploitable au-delà.
D’aucuns diront que cet équipement suffit à la plupart des utilisateurs. Peut-être. Il n’en demeure pas moins que l’on en attend davantage d’un smartphone vendu près de 1 300 euros.
Le S25 Edge ne démérite pas pour autant : il excelle dans l’exercice du portrait, réalise des photos de nuit de bonne facture (à condition de ne pas zoomer) et l’intelligence artificielle permet toujours de s’amuser un peu.
Reste que le Galaxy S25+, vendu 80 euros de moins à sa sortie, se montre bien plus complet en photographie. Et il chauffe moins, lui. « Oui mais il n’est pas aussi fin non plus » rétorqueront les fanboys Samsung. C’est exact, mais qui a décidé que nous avions besoin de smartphones ultra-fins ?
Qui a demandé un smartphone ultra-fin ?

Pour répondre à cette question, nous avons épluché quelques études statistiques sur les critères de choix des consommateurs avant d’acheter un smartphone. Selon les chiffres IDC, Canalys et Counterpoint Research sur les préférences des utilisateurs au niveau mondial, le design ne figure même pas dans le top 10. En revanche, l’autonomie est le premier critère de choix, devant le logiciel, la taille/qualité de l’écran, la qualité photo et les performances.
En France, les chiffres de l’INSEE révèlent un classement légèrement différent. Le prix est le premier critère d’achat, devant l’autonomie (encore elle), le stockage, la qualité photo et le logiciel. Viennent ensuite la qualité de l’écran puis les performances. Le design ne figure pas non plus dans le top 10.
Ces chiffres de l’INSEE, Samsung nous les présentait lui aussi au moment de la sortie des Galaxy A afin de mettre en avant les évolutions de la nouvelle génération. Pourtant, le S25 Edge ne répond à aucun des ces critères. Au nom du design, Samsung a donc sacrifié tout ce qui pouvait motiver les consommateurs à changer de smartphone. Mais pourquoi ?

Première hypothèse, déjà évoquée en introduction : devancer Apple et faire figure de pionnier. Seconde hypothèse : relancer une industrie qui s’essouffle. D’après Canalys et Conterpoint Research, après un rebond en 2024 grâce au renouvellement des modèles haut de gamme (principalement Apple), le marché des smartphones devrait à nouveau baisser en 2025, y compris sur le segment premium.
Cette perte de vitesse s’explique à la fois par la situation économique mondiale inquiétante ainsi que l’absence d’innovation majeure dans cette industrie. Le smartphone étant arrivé à maturité, les constructeurs se distinguent désormais sur la partie logicielle avec l’intégration de l’IA. Insuffisant selon les analystes pour donner un nouvel élan au marché, d’autant que les constructeurs ont allongé leur durée de mises à jour (jusqu’à 7 ans chez Samsung ou Google par exemple).
En lançant un smartphone ultra-fin, Samsung et Apple chercheraient donc à créer un effet « whaou » suffisamment puissant pour écourter le cycle de renouvellement, passé de tous les deux ans à tous les trois ans. En définitive, le smartphone ultra-fin ressemble surtout à un bel argument marketing visant à relancer l’industrie alors que les smartphones pliants n’ont pas réussi à trouver leur public. Car en termes d’usage, le smartphone ultra-fin n’est pas bien convaincant.
Notre avis sur le Galaxy S25 Edge après un mois de test
Sublime, le S25 Edge n’est ni assez performant, ni assez endurant ni assez bon en photo pour justifier son prix stratosphérique. La miniaturisation des composants n’a visiblement pas atteint le niveau requis pour proposer un smartphone ultra-fin, bien équipé, répondant aux attentes des consommateurs.
Le Galaxy S25 Edge fait partie de ces smartphones que nous aurions aimé adorer. Hélas, les compromis techniques sont trop nombreux pour débourser la somme de 1 249 euros.
Ce tarif est d’autant plus étonnant qu’aucune étude de marché n’indique que les consommateurs souhaitent manipuler un smartphone plus fin au détriment du reste. Certes, il faut savoir faire des sacrifices, mais pas trop quand même.
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