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Au beau milieu de la France, il existe un village espagnol : le saviez-vous ?

Située dans la partie orientale des Pyrénées françaises, la petite ville de Llívia est une exception.

Au cœur des Pyrénées-Orientales, un petit village de 1 700 habitants fait figure d’exception. Llívia est une petite ville située à quelques kilomètres de la frontière espagnole, elle n’appartient pas à la France mais bien à l’Espagne.

Cette situation remonte au XVIIe siècle lorsque le traité des Pyrénées a divisé la Cerdagne en deux – mais a épargné cette commune considérée comme une “ville”. Depuis, Llívia défend son statut d’enclave espagnole reliée à la Catalogne (elle appartient à la province espagnole de Gérone) par une route internationale.

La cerdagne, un territoire disputé

L’histoire de Llívia est intimement liée à celle de la Cerdagne, un territoire montagneux qui s’étend des deux côtés des Pyrénées entre la France et l’Espagne. Longtemps disputée entre les deux couronnes, la Cerdagne a finalement été partagée en 1659 par le traité des Pyrénées qui mettait fin à la guerre de Trente ans. Ce traité, négocié sur l’île des Faisans, prévoyait la cession de 33 villages à la France en échange du mariage entre Louis XIV et l’Infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche.

Llivia Ville
La petite enclave espagnole en France © Google Maps

Mais les Espagnols ont réussi à sauver Llívia en invoquant le fait que cette commune était considérée comme une ville depuis le règne de Charles Quint et qu’elle ne pouvait donc pas être cédée à la France dans le cadre de cet accord. Un argument qui a finalement été accepté par les Français qui ont signé le 22 novembre 1660 un traité spécifique pour Llívia reconnaissant son statut d’enclave espagnole.

Au rythme de l’Espagne

Depuis lors, Llívia vit au rythme de l’Espagne malgré son isolement géographique. La commune est reliée à la Catalogne par une route dite “internationale” longue de quatre kilomètres qui traverse le territoire français. Cette route, qui n’est pas soumise aux lois françaises, est le seul lien entre Llívia et l’Espagne. Le traité de Llívia stipule que la présence militaire sur cette route et dans l’enclave doit être limitée au strict minimum et que la libre circulation doit être garantie.

Cette situation singulière n’est pas sans poser des problèmes : au fil des années, les autorités de Llívia ont dû faire face à des tentatives d’ingérence de la part de la France ou de l’Espagne qui ont parfois violé le traité de Llívia. Par exemple, dans les années 1970, les élus de Llívia se sont opposés à l’installation de panneaux “Stop” sur la route arguant que cela entravait la libre circulation. En 2013, ils ont protesté contre la construction d’un rond-point pour les mêmes raisons.

De même, les autorités espagnoles ont parfois abusé de leur présence dans l’enclave – comme en 2019 – lorsque la Guardia Civil a patrouillé dans le village, mitraillette à la main à l’occasion des élections générales. Une violation manifeste du traité de Llívia, qui n’autorise que quatre hommes armés sur son territoire.

Une identité forte et assumée

Malgré ces difficultés, les habitants de Llívia sont fiers de leur appartenance à l’Espagne et plus particulièrement à la Catalogne. Ils revendiquent leur culture, leur langue et leurs traditions qui les distinguent de leurs voisins français. Ils célèbrent notamment la fête nationale de la Catalogne qui se tient le 11 septembre et ils participent aux manifestations en faveur de l’indépendance de la région.

Llívia est aussi un village riche en patrimoine qui attire de nombreux touristes. On peut y visiter la plus ancienne pharmacie d’Europe (devenue un musée) fondée au XVème siècle qui conserve des pots en céramique, des livres anciens et des instruments médicaux. On peut aussi admirer l’église de la Trinité, qui date du XVIIIème siècle, ou le musée municipal, qui retrace l’histoire de la commune.

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