Ce jeudi matin, Carrefour a marqué un tournant en inaugurant son premier Atacadao français à Aulnay-sous-Bois, dans le centre commercial O’Parinor. Ce nouveau concept qui est inspiré du Brésil remplace un ancien hypermarché Carrefour représente une véritable innovation pour le groupe de distribution dirigé par Alexandre Bompard.
“Carrefour est un groupe qui prend des risques. Nous avons décidé de lancer cette expérience lorsque l’hyperinflation a touché le marché de l’alimentaire” a-t-il déclaré lors de l’ouverture.
Un concept inédit en France
Atacadao est accessible aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels et mélange les caractéristiques d’un cash-and-carry de type Metro ou Promocash et d’un hypermarché. Carrefour, qui a racheté l’enseigne brésilienne en 2007 et en a fait un succès avec 366 magasins au Brésil introduit ce format entrepôt où les stocks sont rangés en hauteur et les produits sont souvent présentés dans leur emballage d’origine.
Pour accueillir ce nouveau concept, l’ancien hypermarché a subi des modifications majeures. Les fondations ont été renforcées et l’espace de vente réduit de 15 000 à 9 000m2 pour augmenter les réserves avec un investissement total de 10 millions d’euros. Le directeur exécutif du projet Atacadao en France (ex-, Directeur Exécutif Amérique Latine pour Carrefour), Noël Prioux, a souligné l’importance des stocks dans ce type de magasin pour vendre de gros volumes aux professionnels.
Que valent les prix Atacadao ? Réponse avec mon repas de ce soir 😋 pic.twitter.com/nqefHSFqbp
— Olivier Dauvers (@Dauvers70) June 20, 2024
14 000 références seulement
Atacadao propose aujourd’hui “seulement” 14 000 références dans ses rayons ce qui est bien moins que les 40 000 d’un hypermarché traditionnel. On y retrouve toutefois une gamme relativement diversifiée comprenant des marques propres Carrefour, des grandes marques et des produits de PME. Nos confrères des Echos ajoutent aussi qu’on y trouvera de nombreuses références à des produits “asiatiques (chinois, japonais, coréens), orientaux, africains, etc. Les marques présentes ne se retrouvent pas dans les supermarchés traditionnels”.
« Les couleurs sont chatoyantes. Les prix sont bas parce que nous ferons peu de promotions et pas de publicité. Nous comptons sur le bouche à oreille pour attirer depuis bien au-delà de notre zone de chalandise naturelle. Ce n’est pas un magasin paupérisé. C’est un magasin qui fait envie et au Brésil nous constatons que les classes aisées y viennent beaucoup. L’idée est de donner du plaisir » résumé Noël Prioux auprès de nos confrères.
Au niveau des tarifs, Carrefour souhaite être très compétitif pour cette nouvelle marque : les penne rigate Barilla coûtent 0,98 euro quand un Carrefour City le vend 1,55 euro. Plus vous achèterez en volume, plus les prix baissent : l’eau pétillante est vendue 0,39 euro / litre mais quand vous mettez un pack de 6 dans votre chariot, le tarif tombe à 0,29 euro/litre.
Pour réussir à proposer des tarifs imbattables, Carrefour limite toutes ses dépenses et mise sur le bouche-à-oreilles. Comme expliqué dans Capital, les produits sont livrés par les fournisseurs dans le magasin pour éviter de passer par un entrepôt et des traders sont dans les starting-block pour trouver les produits aux meilleurs prix sur les marchés mondiaux.
Si certains acteurs locaux y voient “un gain pour le pouvoir d’achat” des locaux, d’autres critiquent (forcément) le déclassement de la population.
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