Passer au contenu

“Ça pue le touriste” : c’est quoi cet autocollant du raz-le-bol des Espagnols ?

Mieux réglementer le tourisme, une obligation pour de nombreux Espagnols.

Dani Romero est originaire de Malaga en Andalousie, à quelques kilomètres de Marbella. C’est lui qui est à l’origine d’un mouvement dénonçant la flambée des prix de l’immobilier exacerbée par les locations touristiques, qui a été repris par nos confrères du Figaro.

Il a décidé de monter au créneau lorsque l’appartement qu’il louait depuis 10 ans allait finalement être transformé en logement touristique. Il s’est ainsi mis à créer des autocollants à slogans virulents contre les touristes comme “C’était ma maison”, “Une famille vivait ici”, “Rentre chez toi” et “Ça pue le touriste”. La tendance s’est vite propagée à d’autres villes comme Madrid ou Barcelone où la pression immobilière est forte en raison des locations saisonnières.

Les loyers très (trop ?) chers

Le mouvement de Dani Romero a pris de l’ampleur et de nombreux habitants se sont joints à la protestation contre le surtourisme et ses conséquences sur le marché immobilier. Un récent sondage à Malaga révélait par ailleurs que 60 % des habitants considéraient leur loyers comme “très chers”, bien que 80 % reconnaissent l’impact positif du tourisme sur leurs revenus.

Romero possède un bar bénéficiant de la clientèle touristique et insiste sur la nécessité de réglementer le secteur. “Je n’ai rien contre le tourisme, mais nous devons le réglementer – moi et la moitié de la ville ne pouvons pas continuer ainsi”, a-t-il déclaré à The Guardian. Il précise aussi : “il n’y a aucune organisation ou parti politique derrière cela. Ce sont les habitants qui en ont marre parce que c’est un sujet qui nous concerne absolument tous”.

200 euros pour visiter un appartement

Romero a aussi partagé des anecdotes sur les exigences exorbitantes des propriétaires en mentionnait par exemple des cautions de 40 000 euros et des chèques de 200 euros simplement pour… visiter des appartements. Malgré ces préoccupations, la ville de Malaga a récemment rejeté une législation qui aurait permis d’instaurer des plafonds de loyer en classant le marché locatif comme étant “sous pression”.

Cette problématique – trouver le bon équilibre entre les bénéfices économiques du tourisme et la protection des droits des habitants locaux – est l’un des grands défis des dernières décennies en Espagne. Après une forte période de construction du littoral dans les années 1990 et 2000, l’éclatement de la bulle immobilière de 2008 a plongé le pays dans une grave crise bancaire et financière qui l’a suivi pendant quasiment 10 ans. Aujourd’hui, le pays semble avoir tourné la page avec un marché immobilier qui continue de s’envoler.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech