Un reportage réalisé par nos confrères de France 3 Grand Est part à la rencontre d’agriculteurs vosgiens qui se mettent à cultiver la silphie. Cette plante aux fleurs jaunes dorées, qui peut mesurer jusqu’à 3 mètres de haut, fait des envieux à bien des égards : elle ne consomme que très peu d’eau, est riche en protéines, peut produire du biogaz et permet aussi de réduire l’usage de produits phytosanitaires.
Une plante qui résiste à la chaleur
Peu gourmande en eau, la silphie est connue pour résister très bien aux périodes de sécheresse – comme c’est le cas en ce moment. Pour autant, elle est aussi capable de tenir deux mois et demi avec les pieds dans l’eau, en cas de fortes intempéries. La Chambre d’Agriculture d’Alsace précise “la silphie résiste bien au sec en été et supporte l’excès d’eau en sortie d’hiver, ainsi que les températures négatives (jusqu’à –30° C) et les petites gelées printanières”. C’est donc une plante qui sait s’adapter à tous les climats et qui est surtout très riche en protéine.
Fort de ce bienfait, elle est capable de se transformer en nourriture pour animaux, ce qui permet de réduire la dépendance envers les tourteaux de soja par exemple. Aussi, la silphie peut être utilisée pour générer de l’électricité verte avec un rendement convaincant, de l’ordre de 4000 à 5000 m3 de biogaz par hectare cultivé.
L'élevage de dromadaires s'installe en France, dans le Larzac, ça y est, enfin ! La silphie, plante qui bat tous les records de résistance au chaud, au froid, qui produit du miel et du fourrage en abondance s'installe également. Heureusement que des paysans malins innovent! pic.twitter.com/pGIKJraYRa
— Alexandre Page (auteur) (@page_alexandre) August 3, 2022
En Allemagne, la silphie est populaire (6 000 hectares sont cultivés) mais le prix reste un frein à son développement outre-Rhin. En effet, il faut compter 1 800 euros par hectare en sachant qu’elle ne commence à pousser que la deuxième année. A plus long terme, le calcul est toutefois très avantageux : elle n’a ensuite plus que le coût de récolte puisqu’elle ne se ressème pas.
Un rendement à long terme
Nos confrères précisent aussi qu’elle ne doit pas être labourée, ce qui assure aussi de précieuses économies. Même un méthaniseur saura la rembourser en 4 ans. En conclusion de son rapport sorti en 2019, la Chambre agricole alsacienne ajoute simplement “il ne faut pas avoir peur d’investir la première année (préparation du sol, désherbage…). Il faut veiller à ce que tout se passe bien : cela déterminera le potentiel des prochaines années”.
La silphie sait aussi attirer les abeilles qui aiment butiner les fleurs jaunes. En revanche, sa forte densité fait fuir les sangliers, ce qui lui assure aussi plus de sécurité que le maïs. Avec toutes ces vertus, plusieurs chambres d’agriculture françaises ont décidé de financer des essais pour prouver les performances annoncées.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.